Le candidat du Bloc québécois dans Ahuntsic-Cartierville en 2019, André Parizeau, a enjoint sa communauté Facebook de « ne plus donner un sou au Bloc ». Le JDV a discuté avec lui afin d’éclaircir la question…Â
Tout d’abord, le neveu de Jacques Parizeau tient à rappeler qu’il est toujours membre du Bloc québécois aujourd’hui. Cependant, il en a contre la formation politique dirigée par Yves-François Blanchet puisque le Bloc québécois a décidé de ne pas tenir d’investitures en vue de l’élection qui aura lieu le 20 septembre prochain.Â
Ainsi, la nouvelle candidate du Bloc dans Ahuntsic-Cartierville, Anna Simonyan, a simplement été désignée par le parti.Â
« Ça fait huit mois qu’on demande une investiture! On avait réaffirmé le tout en mai, et on a communiqué avec le bureau national par la suite, sans jamais avoir de retour de la part de la direction du parti », explique M. Parizeau.Â
Par la suite, André Parizeau et plusieurs autres anciens candidats du Bloc québécois ont appris qu’ils allaient être remplacés sans investiture au début du mois d’août.Â
Une élection « précipitée »
Parmi les candidats du Bloc québécois qui ne pourront porter les couleurs du parti cette année, on retrouve le député sortant de la circonscription de Terrebonne, Michel Boudrias, et l’ex-candidat dans la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, Claude André.Â
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est défendu dans les dernières semaines. Lorsque questionné par La Presse canadienne, M. Blanchet a souligné que l’élection du 20 septembre arrivait de manière trop soudaine.Â
« Si le gouvernement ou si Justin Trudeau n’imposait pas des élections précipitées, on n’aurait pas à se poser cette question-là . Mais dans la mesure où on ne pourra probablement pas tenir des assemblées d’investiture, le Bureau national doit faire des choix », a soutenu Yves-François Blanchet.Â
Dans le cas d’Ahuntsic-Cartierville, la décision a été prise le 3 août, d’après les informations fournies par André Parizeau. L’ex-candidat a reçu un courriel de l’exécutif du parti l’avisant que « dans la perspective d’un déclenchement précipité d’élections générales le ou avant le 23 août 2021, le Bureau national ne tiendra pas d’Assemblées générales d’investitures conformément au point 2.6.6 et 2.6.9 des Statuts et règlements du Bloc Québécois adoptés au Congrès de 2019. »
Or, ce n’est rien pour convaincre celui qui avait été forcé de renier son passé communiste par Yves-François Blanchet lors de la campagne électorale en 2019.Â
« C’est plate à dire, mais il y a une façon de faire qui s’est imposée au sein du Bloc depuis l’arrivée de M. Blanchet, et elle ne va pas du tout dans le sens de la vie démocratique interne du parti. M. Blanchet a toujours eu une vision très centralisatrice », croit André Parizeau.Â
L’ancien candidat souligne qu’il a joué un rôle fondamental dans le sauvetage du Bloc québécois il y a quelques années, notamment par sa participation à la Coalition pour l’unité indépendantiste, qui avait contribué à remettre le parti sur les rails. Le Bloc n’avait récolté que quatre sièges sur 75 au Québec en 2011, puis 10 sur 78 en 2015.Â
Lors de la dernière élection fédérale, le parti fondé en 1991 avait réussi à amasser 32 sièges, tandis que dans Ahuntsic-Cartierville, André Parizeau avait terminé deuxième au scrutin derrière Mélanie Joly. La circonscription est libérale depuis la refonte de la carte électorale par le fédéral, en 2015 – auparavant, les habitants d’Ahuntsic et de Cartierville ne votaient pas dans la même circonscription.










