De gauche à droite : Giovanni Rapanà, conseiller de la ville du district de Rivière-des-Prairies, Effie Giannou, conseillère de la ville du district de Bordeaux-Cartierville,  et Chantal Rossi, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’aînés. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Fort d’appuis politiques, notamment de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, le Club de Bocce l’Acadie tente de garder le local qui l’abrite en faisant appel à la mairesse de Montréal. L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a décidé de ne plus payer le loyer. Les pratiquants de ce sport doivent se trouver un autre emplacement d’ici juillet prochain.

C’est au nom des 450 membres du club que Cecilia Fazzioli a pris la parole en premier lors d’une conférence de presse tenue le 17 novembre au Club de Bocce l’Acadie.

« Ce sont 450 membres que la mairesse [d’Ahuntsic-Cartierville, Emilie Thuillier] met à la porte », a-t-elle déclaré.

Alessandro et Biajna Deinitto, deux habitués du Club de Bocce l’Acadie. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Elle était appuyée par Chantal Rossi, conseillère de la ville du district d’Ovide-Clermont, dans Montréal-Nord. Celle-ci va déposer une motion mardi prochain au conseil municipal et demander à la Ville d’assurer au club l’usage d’installations pour le bocce disponibles toute l’année, pour cinq ans au moins.

La motion souligne que « sans local permanent et adapté à la pratique du bocce, les 450 membres du Club de Bocce l’Acadie seront privés d’une activité contribuant à leur bien-être physique et mental ».

Sur la scène, l’opposition officielle à l’hôtel de Ville était également représentée par Effie Giannou, conseillère de la ville de Bordeaux-Cartierville et Giovanni Rapanà, conseiller de la ville du district de Rivière-des-Prairies.

« Je fréquente le club depuis 20 ans et nous avons réalisé beaucoup de choses. Aujourd’hui, je me sens touché par la décision de l’administration de fermer ce centre qui représente la vie pour nous autres. Quand on parle de 450 membres, on parle de 450 personnes inscrites et leur famille. Car ce club, cette enceinte est un lieu de rencontre, d’amitié et d’échanges […] et quand on arrive à un certain âge, la solitude est l’ennemi numéro un », a déclaré M. Rapanà, ému aux larmes.

Giovanni Rapanà, conseiller de la ville du district de Rivière-des-Prairies, ému aux larmes lorsqu’il parle de l’importance d’un lieu de socialisation pour les aînés. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

La démarche du Club de Bocce est également soutenue par le Congrès national des Italo-Canadiens et le Comité des Italiens à l’étranger.

Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères, mais aussi députée fédérale de la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville, a également adressé une lettre de soutien au club.

« Fermer les portes du Centre l’Acadie et du Club de Bocce l’Acadie est tout simplement impensable. Il est primordial de préserver les outils mis en place afin d’aider ceux qui ont bâti le Canada d’aujourd’hui », lit-on dans sa missive envoyée depuis Singapour où elle est en mission.

Politique

Le truchement de l’opposition et la mobilisation de la communauté italienne ne semblent pas pour autant influer sur la décision de l’arrondissement.

« Notre position ne change pas malgré les démarches de l’opposition officielle en ce moment parce que notre démarche n’est pas politique. Elle est basée sur des faits et sur des concepts », a déclaré Emilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, en entrevue avec journaldesvoisins.com.

Pour rappel, l’arrondissement avait décidé en septembre de ne pas renouveler le bail de location du local qui abrite le Club de Bocce l’Acadie – qui existe depuis plus de 20 ans – et situé au 10526, boulevard de l’Acadie.

Il invoquait la facture de plus de 200 000 $ par an, les difficultés de négociations avec le propriétaire et le fait que le local ne sert qu’à une seule pratique de loisir.

Le bail actuel court jusqu’au 31 décembre. L’arrondissement avait par la suite annoncé qu’il louerait le local pour sept mois de plus, jusqu’en juillet prochain.

Ce que la mairesse Thuillier défend le plus c’est ce qu’elle appelle l’équité. L’arrondissement veut se concentrer sur les locaux qui lui appartiennent et ceux qu’il loue pour divers organismes.

« Pour les locations qu’on fait, c’est là où on peut avoir plusieurs organismes qui font plusieurs activités », souligne-t-elle.

La vision de l’arrondissement est d’abord d’utiliser les infrastructures pour développer les activités de sports et de loisirs ouvertes aux plus grands nombres de personnes.

« On voit assez clairement d’ailleurs que dès le départ, le bocce n’est pas vraiment de la compétence d’arrondissement », a relevé Mme Thuillier.

Quant aux autres activités pour les aînés qui ont lieu au Club de Bocce, l’arrondissement offrira gratuitement des salles pour les jeux de cartes, une au 1405, boul. Henri-Bourassa Ouest et une au sous-sol de l’église Saint-Simon.

Pour ce qui est du financement, elle rappelle les principes de gouvernance de la Ville. Les arrondissements paient pour les loisirs et les activités sportives pour les enfants. La Ville de Montréal paie pour la pratique élite, ou compétitive.

« Je peux comprendre pour des citoyens qui ne connaissent pas cette gouvernance-là […]. J’ose espérer, que mes collègues, que Madame Rossi, qui est élue depuis plus longtemps que moi connaît cette gouvernance », a indiqué l’élue.

Alors que la députée fédérale Mélanie Joly appuie le Club de Bocce et demande de ne pas le fermer, Mme Thuillier appelle à un geste plus concret.

« Si la députée fédérale a 200 000 $ à donner à l’organisme, moi, je l’invite à le faire parce que le club justement après va pouvoir payer son loyer. »

En collaboration avec notre journaliste photographe François Robert-Durand.

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Dupont, Christiane
Dupont, Christiane
16 Jours

J’ai une très bonne idée pour régler le problème: que les arrondissements de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairie se commettent et en trouvent un local, et en payent le coût du loyer mensuel! Après tout, leurs conseillers sont intervenus à la conférence de presse, non ? Une conférence de presse pour un dossier semblable!!! Qui a fait les manchettes du 15-18 de Radio-Canada et du Téléjournal; on ne rit plus! Pendant ce temps-là, il y a bien des gens âgés qui ne réussiront pas à payer leur épicerie du mois. Sait-on combien il y a de citoyens d’Ahuntsic-Cartierville parmi les ”450 membres” de ce club dont l’arrondissement a payé le loyer depuis un bon moment? Et le loyer est-il payable chaque mois de l’année, ou bien ces bonnes gens peuvent-ils jouer dehors durant la belle saison?

Troy Caval
Troy Caval
14 Jours

Qui est le proprio du bâtiment? Et pourquoi ne faut-il pas partie de la solution?

Rédaction
Editeur
12 Jours
Répondre à  Troy Caval

Bonjour,
Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez au journaldesvoisins.com.
Nous vous invitons à lire l’article suivant pour répondre à votre question.
Bientôt la fin pour le club de bocce l’Acadie?
La Rédaction

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