Les grands parcs-nature de l’Île-de-la-Visitation, du Bois-de-Liesse et du Bois-de-Saraguay sont des endroits privilégiés pour observer la Paruline à calotte noire durant sa migration d’automne. (Photo : Jean Poitras, JDV)
Les grands parcs-nature de l’Île-de-la-Visitation, du Bois-de-Liesse et du Bois-de-Saraguay sont des endroits privilégiés pour observer la Paruline à calotte noire durant sa migration d’automne à Ahuntsic-Cartierville. (Photo: Jean Poitras, JDV)

Une ornithologue ontarienne m’a décrit cette paruline comme «un oiseau jaune qui a reçu une goutte de peinture noire sur la tête». Grosso modo, c’est vrai, mais la véritable description est un peu plus nuancée.

Ce texte de la chronique ornithologique a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier d’octobre-novembre 2023, à la page 17

Commençons par la tête; le dessus est effectivement une calotte d’un noir profond. S’ensuivent une bande jaune de la base du bec jusqu’à la nuque, puis des joues verdâtres, et enfin une gorge jaune vif. Notons aussi chez le mâle, en plumage nuptial, un mince cercle périoculaire. Le bec est court, effilé et de couleur sombre. La femelle est similaire, mais n’a qu’une petite tache noire diffuse sur l’occiput.

Le dos, les ailes et la queue sont d’un vert olive. La poitrine est jaune avec de pâles rayures noires et les pattes sont d’un orange terne. Avec ses 12 cm de longueur, c’est la plus petite paruline présente au Québec.

La Paruline à calotte noire (Wilson’s Warbler ou Cardellina pusilla) ne change pas de couleur à l’automne, bien que son plumage nous y paraisse plus terne ou un peu délavé.

Comportement et habitat

La Paruline à calotte noire préfère les habitats humides ouverts, les clairières, les tourbières et les marais, bordés de buissons ou de petits arbres à feuilles caduques tels que les aulnes et les saules. Cet habitat est très souvent à proximité d’un plan d’eau. La forêt boréale avec ses pessières à lichens lui convient bien.

Les plus âgés des mâles arrivent en premier, suivis des plus jeunes mâles et des femelles.

La Paruline à calotte noire hoche sporadiquement sa queue, lorsqu’elle est perchée sur une branche basse. Le mâle chante avec vigueur pour marquer son territoire et pourchasse parfois les intrus qui n’auraient pas compris l’avertissement sonore.

Son chant est un « tchî-tchî-tchî-tchî » vigoureux.

La Paruline à calotte noire hoche sporadiquement sa queue, lorsqu’elle est perchée sur une branche basse. (Photo : Jean Poitras, JDV)
La Paruline à calotte noire hoche sporadiquement sa queue, lorsqu’elle est perchée sur une branche basse. (Photo: Jean Poitras, JDV)

Nidification et alimentation

Cette paruline niche au ras du sol ou parfois sur une branche basse d’un petit arbre ou arbuste. Le plus souvent, son nid se trouve dans une touffe d’herbe ou de mousse, ou sous une branche d’un petit arbre. On peut en voir aussi sur un monticule ou un tertre bien entouré de végétation.

Ce nid, plutôt volumineux par rapport à la taille de l’oiseau, est construit en quelques jours par la femelle. Elle utilise pour cela les matériaux disponibles aux alentours : mousse, lichen, herbes.

La femelle pond de quatre à six œufs qu’elle couve seule pendant une douzaine de jours. Après l’éclosion, les deux parents nourrissent les oisillons. Le régime de la Paruline à calotte noire est essentiellement insectivore. Elle s’alimente dans le sous-bois jusqu’à un maximum d’environ trois mètres du sol. Elle glane coléoptères, larves et chenilles dans les buissons et arbres bas. On la voit parfois poursuivre une proie en vol. Des baies et autres petits fruits complètent le menu.

Les oisillons quittent le nid au bout d’une dizaine de jours. Ils continueront à être nourris par leurs parents pendant encore 25 ou 30 jours. Dès qu’ils sont autonomes, ils se dispersent et quittent le territoire de nidification.

Territoire et migration

La Paruline à calotte noire niche dans la forêt boréale de la limite nord des arbres jusqu’au sud du Canada, ainsi que dans le nord de la Nouvelle-Angleterre. Sur la partie ouest du continent, on la retrouve en Alaska, dans les Rocheuses et sur la côte Ouest jusqu’au nord de la Californie. Elle est plus abondante dans l’ouest que dans l’est, mais est absente des grandes prairies du centre, l’habitat ne lui convenant pas.

Au Québec, elle couvre l’ensemble du territoire sauf dans la plaine du Saint-Laurent, celle de l’Outaouais, et les Basses-Laurentides, où l’urbanisation s’est faite au détriment des habitats favorables.

Cet oiseau arrive en mai; il niche en juin et au début de juillet, puis élève ses petits en juillet et au début d’août. Il commence à nous quitter en octobre lorsque les insectes se font plus rares.Il hiverne en Amérique centrale, au nord de la Colombie, et certains individus se retrouvent autour du golfe du Mexique.

Dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, comme partout sur l’île de Montréal, on voit la Paruline à calotte noire seulement aux migrations du printemps et de l’automne. Les grands parcs-nature de l’Île-de-la-Visitation, du Bois-de-Liesse et du Bois-de-Saraguay sont des endroits privilégiés pour l’observer.

Tendances

La deuxième édition de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional décrit la Paruline à calotte noire comme un nicheur migrateur peu commun avec une possible contraction de son aire, et des effectifs en possible diminution. Il faut dire que la plupart des individus de cette espèce nichent au nord du territoire couvert par cet atlas, et ce, dans des endroits peu accessibles; de ce fait, les données pertinentes sont assurément incomplètes.



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