(Photo : JDV)

Dérangés depuis plusieurs années par le bruit des véhicules, des locataires des immeubles de Place L’Acadie participent à une étude menée par la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal en collaboration avec des chercheurs du Département de santé environnementale de l’Université de Montréal.

Il s’agit d’un projet étudiant codirigé par le docteur David Kaiser de la DSP et par la professeure Audrey Smargiassi du Département de santé environnementale de l’Université de Montréal. Des capteurs sonores ont été installés dans certains appartements afin de mesurer les impacts du bruit sur la santé des résidants des tours à logement.

Cette étude en plusieurs volets est menée tandis que la construction du mur antibruit Place L’Acadie qui a débuté en avril dernier est maintenant bien entamée.

Rencontrer les participants

Pour connaître leur niveau d’inconfort face au bruit, les chercheurs ont rencontré certains résidants des tours qui ont accepté de se prêter à l’exercice de répondre à des questions toutes simples.

C’est sans grande surprise que la plupart d’entre eux ont admis être fortement importunés par le bruit des véhicules qui circulent jour et nuit le long de l’autoroute 15.

« Nous avons distribué des questionnaires à des locataires de trente logements. On a récolté en tout une quarantaine de questionnaires. Nous demandions notamment s’il arrivait aux gens de fermer leur fenêtre pour bloquer le bruit venant de l’extérieur. La plupart ont répondu par l’affirmative, c’est-à-dire qu’ils fermaient leurs fenêtres tant la nuit que le jour en raison du bruit », explique Franck Jacquot, l’un des étudiants qui participent à l’étude.

Une étude avant et après

Le but de l’étude n’est pas seulement de mesurer l’intensité du bruit pendant la construction du mur. L’objectif est aussi de mesurer le niveau de nuisance sonore une fois terminée la construction de l’imposante structure. « L’année prochaine lorsque le mur sera définitivement achevé, nous allons refaire l’étude et nous allons pouvoir comparer l’intensité du bruit avant et après. L’objectif est de pouvoir mesurer le changement et les améliorations apportées », explique M Jacquot.

« Les capteurs de bruit utilisés sont de type 2 (Noise sentry). Ce sont les mêmes capteurs que ceux qui ont été utilisés pour produire la carte de bruit montréalaise », précise pour sa part Mme Smargiassi du Département de santé environnementale de l’Université de Montréal.

Pour mesurer l’intensité du bruit, les capteurs ont été installés à l’intérieur et à l’extérieur des logements pendant que les fenêtres étaient ouvertes. Le même procédé a ensuite été répété avec les fenêtres fermées. Les chercheurs pourront comparer l’intensité du bruit avant et après la construction de l’imposant mur au terme de l’étude qui sera achevée au cours de l’année prochaine.

Du bruit malgré tout

Pour certains, le mur antibruit place L’Acadie ne règle pas tout. En effet, le bruit qui bourdonne aux oreilles des locataires provient aussi du boulevard Henri-Bourassa qui croise l’autoroute 15.

« On en parle moins, mais le bruit provenant du boulevard Henri-Bourassa est constant. Les camions freinent constamment même si la pente n’est pas abrupte. C’est assez pour me réveiller durant la nuit vers 3 ou 4 heures du matin », affirme Pierre Tellier, locataire de Place L’Acadie qui vit devant le boulevard Henri-Bourassa et qui a un capteur sonore installé dans son logement.

L’aménagement d’une barrière d’arbres le long du boulevard pour diminuer l’intensité du bruit a déjà été proposé dans le passé. Malheureusement, l’idée n’a pas germé. Le mur antibruit qui est censé couper le son provenant de l’autoroute 15 semble déjà donner des résultats mitigés.

« Je me suis positionné entre le mur et l’immeuble et on ne voit plus les voitures. Par contre, on entend encore le bruit », s’étonne M Tellier.

Rappelons pourtant qu’un rapport de la Santé publique, publié il y a quelques années à propos du bruit Place L’Acadie, concluait sans équivoque les résultats suivants : « Les études acoustiques déposées par le promoteur démontrent très clairement que les niveaux de bruit qui seraient atteints à l’intérieur des logements dépasseraient les normes suggérées par la SCHL et l’OMS, surtout pour les logements sociaux », peut-on y lire.

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