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Voyant, commun...et tôt en saison

Le Carouge à épaulettes

Publié le 02/09/2017
par Jean Poitras

(Red Wing Blackbird)     (Ageiaius phoeniceus) Mâle – photo: J. Poitras

Très commun, voyant et assez vocal, cet oiseau est familier à quiconque se promène près d’une étendue d’eau ou un marais.

Le mâle avec son plumage noir lustré et ses épaulettes rouge-orangées bordées de jaune se perche ostensiblement sur un arbuste, un jonc ou une branche d’arbre pour pousser des « Kour-kou-lîîî » typiques et ainsi marquer son territoire. Parmi les autres cris, on note un « Tîiouu » et un « Tcheck ». Les épaulettes sont surtout proéminentes lors de la pariade et de la nidification. En d’autre temps, on discerne à peine une ligne jaune avec un peu de rouge.

La femelle, plus discrète, est d’un brun foncé sur le dos et fortement rayée sur la poitrine et le ventre. On note un sourcil plus pâle au-dessus de l’œil et parfois des taches marron sur le front, la gorge et les ailes.

Le mâle nous arrive très tôt au printemps, début mars la plupart des années, pour s’accaparer des meilleurs sites de nidification. La femelle l’y rejoint en avril ou mai.

Femelle – photo: J. Poitras

Pas difficile…

Le nid placé à faible hauteur est fait de brindilles ou de feuilles de jonc camouflées dans les roseaux ou un arbuste, toujours dans un milieu humide. À défaut d’un marais ou un étang à quenouilles, un fossé d’irrigation bordant un champ peut faire l’affaire.

Une fois le territoire choisi et la nidification en cours, le mâle défend agressivement celui-ci contre tout intrus, qu’il soit de sa propre espèce, ou d’une autre espèce potentiellement dangereuse comme les corneilles ou les oiseaux de proie. Il s’envole immédiatement pour houspiller l’intrus et plonger en piqué dans le but de le chasser hors de son fief. Ratons, renards et mêmes les humains peuvent goûter à cette médecine.

Mâles prolifiques

En couvaison – photo: J. Poitras

Un mâle peut parfois avoir plusieurs nids avec autant de femelles sur son territoire. Seules les femelles couvent les œufs et s’occupent des oisillons bien que certains mâles aident à la becquée.

Leur régime alimentaire est surtout composé d’insectes qu’ils dénichent dans la végétation ambiante grâce à leur bec effilé. Tôt au printemps ou à l’automne, les graines et baies sont un substitut de choix.

Les oisillons quittent le nid vers le milieu de l’été et les carouges se font alors plus discrets. Vers la fin de l’été et au début de l’automne, ils se regroupent souvent avec d’autres espèces « d’oiseaux noirs » comme les quiscales, les étourneaux  et les vachers et parcourent les champs de graminées pour s’y nourrir. On peut parfois y compter quelques centaines d’individus.

Le carouge à épaulettes niche d’est en ouest du sud de l’Alaska jusqu’à Terre-Neuve et jusqu’en Amérique Centrale au sud. En hiver, il quitte le Canada vers les états plus cléments des États-Unis.