
Les étudiants en francisation du collège de Bois-de-Boulogne ont déclamé, le 10 avril, des poèmes, en français, sur la scène de l’espace Hubert Reeves dans le cadre d’une journée de la poésie.
Cette journée de la poésie est la seconde du genre qu’organise le programme de la francisation du collège. Elle représente une occasion pour les étudiants de montrer au public l’étape franchie dans leur apprentissage de la langue française. À cet effet, ils ont fait danser les mots et évoquer leurs maux, entre autres. Sans filtre, à découvert, mais heureux de partager un instant des histoires de leurs parcours migratoires.
Acte courageux
Braver les paires d’yeux. Braver l’appréhension de la diction. Braver tout simplement l’inconnu. Ces étudiants, allophones, proviennent des quatre coins de la planète avec des rêves dans la valise, comme l’ont souligné certains.
Ils étaient en tout 31 étudiants — de deux classes de francisation — devenus une famille au fil de leur apprentissage à monter sur scène. Tour à tour, ils ont « foncé » fiers de montrer qu’ils ont appris leur « grammaire » et l’ensemble des subtilités de « leur nouvelle réalité ». Un acte de courage qui a transcendé la distorsion phonétique qui transforme le « t » en un « d » pour évoquer l’automne. Ou encore, celle qui le change en « b » pour souligner que, « petit à petit », ils brisent la glace. Pendant une heure, les vers s’échappaient comme s’ils étaient chantés, par moment. Et comme le mentionne Laura dans son poème, chaque syllabe roule comme un souvenir.
« C’est extraordinaire de voir des personnes qui ne maîtrisent pas le français à leur arrivée au Québec composer des poèmes intimes et le lire devant un public », souligne Pascale Sirard, directrice générale du collège.
Que de chemin

Ils ont osé sortir de leurs zones de confort pour amener le public vers une odyssée phonétique et stylistique riche de couleur. Par le canal des histoires de leurs parcours migratoires, ils ont exprimé leur vulnérabilité, touché du doigt l’effroi de leur passé. Mais ils ont aussi mis en lumière le réservoir sans fin d’opportunités qui s’offrent à eux. Un nouvel espoir qui met le voile sur les guerres, l’oppression, les crises de toutes sortes. Ces poésies ont raisonné comme « une femme indépendante ». Ils ont apaisé les cœurs inquiets. Chacun évoquait la dualité entre deux mondes.
Ces étudiants en francisation ont quitté leurs pays pour diverses raisons. Ils ont trouvé le courage d’apprendre une nouvelle langue, de se laisser apprivoiser par celle-ci et de l’apprivoiser afin de grandir et de poursuivre la rédaction de leurs histoires.
« Je suis très heureuse de faire partir de ce groupe d’étudiants et fière de faire la francisation », confie Khadija Zerqaoui, qui a composé un poème sur la condition de la femme.
Grâce à l’apprentissage du français, ils ont la clef pour communiquer et « goûter le sucré de cette [nouvelle] vie ».










