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Ahuntsic accueille les fabeurs du monde en 2020

Connaissez-vous les FabLabs?

Publié le 19/07/2019
par Joran Collet

Les Fab-Lab, c’est la contraction anglophone des mots laboratoire et [de] fabrication. Si ce lieu ne vous dit rien, on y retrouve pourtant un univers en perpétuelle ébullition où partage et idéation se mélangent pour créer une communauté axée vers la démocratisation de l’accès à la technologie. Un de ces FabLabs vient d’ailleurs de faire son nid dans le District central.

Les Fablabs ne sont pas une nouveauté. L’idée émane dès la fin des années 90, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et plus précisément de Neil Gershenfeld, Physicien et informaticien qui présente un cours intitulé «How to make (almost) anything» [comment réaliser (presque) n’importe quoi]. L’idée donnera naissance au principe des Fablabs.

À Montréal, cela fait 10 ans que Communautique, un OBNL de formation continue dans le domaine des technologies, a ouvert Échofab, le premier Fablab au Canada.

Récemment, Échofab, après avoir déménagé à plusieurs reprises, a posé ses valises,  début avril, au sein de l’arrondissement et plus précisément au sein du District Central, dans un discret local de la rue Louvain Ouest. En une décennie, plusieurs Fablabs se sont établis dans la Métropole, notamment au Collège Ahuntsic.

Qu’est-ce que c’est?

Les Fablabs sont des lieux au sein desquels une multitude d’outils, machines et connaissances sont mis à la disposition du public. Chaque Fablab doit respecter une charte définissant la mission et le fonctionnement des locaux.

Pour Monique Chartrand directrice générale de Communautique, les Fablabs représentent une forme de démocratisation de l’accès aux technologies et aux connaissances, la base d’une micro-révolution industrielle.

«Grâce aux Fablabs, ça devient possible [pour tous] d’avoir accès à des équipements professionnels et à des connaissances professionnelles», précise Monique Chartrand.

Les projets qui y sont développés sont nombreux. Que ce soit des cartes de villes en 3D, des costumes de comicon, ou bien simplement des impressions sur T-shirt, la confection de casse-tête jusqu’à la conception de pièces complexes: les réalisations possibles dans ce local semblent infinies et en constante progression. Les matériaux sont aussi nombreux, du plastique au métal en passant par le textile, chacun y trouve son compte.

Débutant et accomplis

«On a des gens de 7 à 107 ans qui viennent», souligne Mme Chartrand.

Depuis les startups jusqu’ aux ingénieurs en passant par les simples curieux, ils seraient plus de mille de tous horizons à franchir la porte d’ÉchoFab chaque année.

Si les Fablabs fonctionnent sur un principe de «membership», des plages horaires sont offertes au public.

Tous les jeudis, Échofab est ouvert gratuitement aux non-membres. Seul le coût des matériaux utilisés est à défrayer. Il est possible de venir manipuler l’ensemble des machines qui s’y trouvent. Et les erreurs sont permises. C’est d’ailleurs l’avantage du Fablab, les faibles coûts de son utilisation permettent d’échouer, de recommencer et d’améliorer son produit sans se ruiner.

Il n’est pas nécessaire d’avoir de l’expérience en design, en impression 3D ou en découpe laser. Que vous soyez débutant ou initié, le concept des Fablabs permet à quiconque de venir créer et innover, tout en apprenant à chacune des étapes.

ÉchoFab accueille aussi les jeunes pour des séances d’initiation aux différentes technologies numériques. On retrouverait même des Fablabs à l’école primaire.

Aider et s’entraider

Le Fablab, ce n’est pas seulement l’accès aux machines, c’est aussi le partage et l’entraide.

«Les Fablabs, c’est avant tout une communauté de gens qui les fréquentent et qui partagent», souligne Monique Chartrand.

Selon Mme Chartrand, ce concept permet d’aller plus loin que le simple stade de l’idée et de réaliser un prototype concret grâce aux échanges entre les membres et à la documentation offerte en ligne.

Un peu comme«Wikipédia», les Fablabs fonctionnent sur un principe de partage constant d’informations. C’est l’un des principes de sa charte: «Contribuer à la documentation et aux connaissances des autres».

S’ils restent maîtres de leurs inventions, les «fabeurs» peuvent partager leur design, leur méthode, mais aussi leur temps.

«Une personne sur quatre vient pour aider», affirme Mme Chartrand.

Les projets peuvent être réalisés seuls ou collectivement. Les pairs s’aident bien souvent.

Mme Chartrand note notamment un exemple remarquable. Un utilisateur de l’ÉchoFab, non voyant, souhaitait imprimer les sentiers du Mont-Royal en 3D.

«On a fait appel à la communauté», souligne Mme Chartrand qui précise que plusieurs se sont joints à lui pour aider, réaliser, mais aussi pour apprendre tout à la fois.

L’utilisation des machines et de leur fonctionnement est aussi finement décrite en ligne, permettant aux débutants de se lancer dans leur projet en toute quiétude. Une plateforme «Wiki» rassemble des tonnes d’informations pour les utilisateurs.

Chaque FabLab est connecté aux autres Fablabs du monde entier, qui sont d’ailleurs présents sur tous les continents, ce qui permet l’échange de conseils et de connaissances sur l’ensemble de la planète.

Mme Chartrand y voit un nouveau moyen de se réaliser à travers la création.

«C’est la capacité de faire, alors que tu n’avais aucune compétence. [Dès que tu sais comment faire] tu ne vas plus chez Ikea», s’amuse Mme Chartrand.

Fab16, les fabeurs du monde à Ahuntsic-Cartierville

ÉchoFab aura d’ailleurs du pain sur la planche en 2020.

«Il y a trois ans, on a décidé de déposer la candidature de Montréal pour avoir la rencontre internationale des Fablabs à Montréal», affirme Monique Chartrand.

C’est sous le thème du développement durable que Montréal a été sélectionnée.

Montréal sera donc le lieu de rassemblement de tout les fabeurs du monde à l’occasion de la conférence mondiale des Fablabs.

Selon Mme Chartrand 1200 «fabeurs» feront le voyage pour l’occasion.

En marge du Fab16, Montréal accueillera aussi le sommet mondial des Fabcity. Un concept large qui vise à développer des villes autosuffisantes dans tout ce que l’on consomme ou que l’on produit d’ici 2054.