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Inscription dans une école d'Ahuntsic-Cartierville...

De l’argent pour louer votre adresse ?

Publié le 07/02/2018
par Stéphanie Dupuis

Les inscriptions à l’école ont lieu ces jours-ci… Alors qu’il marchait dans la rue, un résidant d’Ahuntsic-Cartierville s’est fait proposer de l’argent d’un citoyen de Laval (donc, hors territoire CSDM) pour emprunter son adresse, située dans le secteur de l’école Saint-André-Apôtre.

Certains empruntent l’adresse d’un ami. D’autres, de leurs grands-parents. Si ces deux moyens ne s’appliquent pas, pourquoi ne pas aborder un résidant dans la rue ? Tous les moyens sont bons (ou pas) pour parvenir à inscrire son enfant à l’école convoitée.

C’est ce qui est arrivé à ce citoyen d’Ahuntsic-Cartierville qui s’est récemment fait proposer une somme d’argent -50$ par mois–, qui serait administrée mensuellement, afin de louer son adresse postale. C’est pratique connue, notamment dans le secteur de l’école Saint-André-Apôtre, dont la réputation dépasse –à tort ou à raison– celle des autres écoles de l’arrondissement.

Une pratique loin d’être méconnue

Alain Perron, responsable des relations médias de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), connait ce type de pratique. Il semblait toutefois étonné au téléphone qu’elles s’étendent maintenant à même la rue.

« Les parents sont au courant qu’on ne peut pas faire ça, mais il y en a toujours qui s’essaient », estime-t-il.

Une pratique fâcheuse, certes, mais vérifiable.

« Il y a toujours moyen de savoir si ce sont de vraies adresses ou de fausses adresses ».

À savoir comment procèdent l’école ou la CSDM, il répond :

« Nous ne dévoilerons pas nos façons de fonctionner. […] Mais parfois, c’est une évidence », pointe-t-il, se montrant rassurant.

Des écoles plus populaires que d’autres

Le recours à la location d’adresse soulève des questionnements.

« Avant, il y avait ce qu’on appelle le libre choix, à l’époque où les écoles n’étaient pas à pleine capacité. Maintenant, la priorité va aux enfants qui habitent le quartier », raconte Alain Perron.

Le libre choix existe toujours, mais n’est pas sans condition. Sur le site Web de la CSDM, on peut lire:

« Selon la capacité d’accueil de l’école, et après avoir accueilli en priorité les élèves du territoire, la CSDM pourrait accorder aux parents qui en font la demande la possibilité de choisir une école ordinaire en libre choix, c’est-à-dire une école située dans un autre quartier que le vôtre. »

Cela exclut les écoles à vocations particulières, justement ce qui motive les citoyens à louer des adresses, selon M. Perron.

« Il y a certaines écoles qui offrent des programmes pédagogiques qui ne sont pas offerts dans les écoles des quartiers où [les parents] habitent », dévoile-t-il.

De plus, ceux qui ont recours au libre choix ne peuvent bénéficier du service de transport scolaire. Ça devient la responsabilité des parents, qui ne reçoivent pas non plus d’indemnité pour le transport de ville. Aussi, l’admission de l’étudiant doit être revalidée tous les ans et l’élève ne peut se rétracter une fois l’année scolaire entamée.

Ces contraintes pourraient décourager plusieurs parents à vouloir inscrire leurs enfants à l’école de leur choix, tout en étant en règle.

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