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PRIMEUR - Pour les chirurgies de la hanche

Deux chercheurs de Sacré-Coeur font une découverte majeure

Publié le 03/10/2017
par Gabriel Bernier

Deux chercheurs de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ont réussi un tour de force en juillet dernier : ils ont mis sur pied, après 10 ans de travail, un implant destiné à réparer la fracture du grand trochanter, partie supérieure du fémur, fréquente à la suite de l’intervention chirurgicale visant le remplacement de la hanche.

(Source de l’illustration: Wikipédia). On aperçoit le Grand trochanter à gauche sur l’illustration.

Cette découverte scientifique est considérable, car les implants du genre présents sur le marché « présentent un taux d’échec extrêmement élevé sous cette intervention », lance Yvan Petit, chercheur à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et professeur au Département de génie mécanique de l’École de technologie supérieure (ÉTS).

Le Dr Georges-Yves Laflamme, chirurgien orthopédiste à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, a d’ailleurs fait part de cette observation cruciale au début des recherches aux côtés de M. Petit. Les deux hommes ont également reçu l’aide de Yan Bourgeois, alors étudiant à la maîtrise à l’ÉTS. Ainsi, les travaux ont autant été réalisés entre les murs de l’Hôpital du Sacré-Cœur qu’entre ceux de l’ÉTS.

L’implant Y3, comme son nom l’indique, est doté de deux branches disposées en forme de Y. Concrètement, il permet de stabiliser le grand trochanter, mais aussi de diminuer de manière importante les complications causées par cette fracture.

Besoin criant

M. Petit explique que la fracture de la partie supérieure du fémur est effectivement fréquente lors de l’opération du remplacement de la hanche, particulièrement chez les personnes âgées.

« Comme la chirurgie du remplacement de la hanche affaiblit cette partie de l’os, le risque de fracture devient plus élevé pour les personnes âgées, qui ont une moins bonne qualité osseuse », analyse le chercheur et professeur.

Dans ce contexte, l’invention de l’implant Y3 vient combler un besoin majeur, d’autant plus que les chercheurs ont réussi à démontrer la « preuve biomécanique de l’efficacité de cette approche », fait valoir Yvan Petit.

Le chercheur de l’Hôpital du Sacré-Cœur rappelle que ses collègues et lui ont fait paraître une somme importante de publications scientifiques tout au long de ces dix années de recherche et d’expérimentation.

Homologation et commercialisation

Approuvé par la U.S. Food and Drug Association (FDA) et Santé Canada, deux autorités sanitaires (l’une américaine et l’autre canadienne), l’implant créé par les chercheurs de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal se trouve actuellement dans sa première phase de production.

« Il pourra être commercialisé d’ici la fin de l’année », annonce avec optimisme M. Petit.

Autrement dit, au début de l’année 2018, l’implant pourra être utilisé auprès de patients aux prises avec les complications habituelles suivant la chirurgie visant le remplacement de la hanche. M. Petit mentionne d’ailleurs que le Dr Laflamme compte mesurer l’efficacité de l’implant Y3 auprès de ses propres patients.

« Le Dr Laflamme attend ce moment avec impatience », lance le chercheur de l’Hôpital du Sacré-Cœur, établissement affilié au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.