Un castor probablement «perdu» a dû, de force, quitter l’environnement où il s’était s’était réfugié, à la fin novembre, dans le giron du parc de la Merci (jouxtant le  CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci),  non sans avoir fait des dommages à des dizaines d’arbres.

Des citoyens vigilants ont alerté l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville et la conseillère d’Ahuntsic, Émilie Thuillier, afin qu’une intervention se fasse pour préserver les arbres.

Un trappeur accrédité a été dépêché dans le secteur (en face de la prison de Bordeaux) à la demande de l’arrondissement.

Le castor d’Ahuntsic a été capturé (et euthanasié) mais des  dizaines d’arbres ont malheureusement goûté à la médecine du gros rongeur qui vit près des cours d’eau.

Mais est-ce que le secteur, avec l’île Perry tout près, est  peuplé de castors? La réponse est négative

Les résidants s’en mêlent

Une résidante du secteur, Caroline Desmarais,  s’est inquiétée de la situation et a appelé le 311 tout en alertant la conseillère Émilie Thuillier. « Nous faisons un suivi pour vérifier s’il vivait avec un ou d’autres castors (par détection de nouveaux dommages), a indiqué la conseillère d’Ahuntsic dans sa réponse. Ce que la citoyenne a vu ce sont les dommages que nous avions nous-mêmes observés suite à des appels d’autres citoyens », a-t-elle précisé.

Madame Desmarais lui avait signalé qu’en prenant une marche dans le parc, en utilisant le sentier reliant la rue Norwood à l’île Perry, elle avait vu des traces d’écorchures sur des dizaines d’arbres.

« J’ai noté, a dit Mme Desmarais, qu’un ou des castors ont abattu et abîmé plus d’une douzaine d’arbres au bord de l’eau entre le CHSLD et le sentier donnant sur la rue Salaberry. Ces arbres sont de dimensions variées mais certains d’entre eux sont très âgés et prendront des années à être remplacés. Considérant que nos rues et nos parc sont décimés par l’agrile du frêne, j’ai voulu signaler le problème de protection des arbres du parc en appelant le 311 » a-t-elle relaté.

Les juridictions

Toutefois à son premier appel, la préposée au 311  l’a informée (après validation auprès de son supérieur, nous a mentionné Mme Desmarais) qu’elle devait plutôt contacter la Société protectrice des animaux (la SPCA) qui a le contrat de gestion de la faune urbaine pour l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.

Mais, a-t-elle ajouté, la SPCA lui a mentionné que le contrat avec l’arrondissement ne concerne que la gestion de la faune urbaine blessée qui a besoin d’être euthanasiée.  On lui a refilé les coordonnées du ministère des Forêts, de la faune et des parcs.

Mme Desmarais a fait savoir que son intervention visait à ce que les autorités agissent avec diligence pour protéger les arbres. Elle s’est interrogée à savoir quelle protection on pourrait donner aux arbres face aux castors et de qui relevait le dossier relatif au « contrôle » des castors…

« Dois-je moi-même contacter le ministère de la Faune?  Je m’attendrais à ce que mon arrondissement prenne cette responsabilité. Suis-je dans l’erreur?  Y a-t-il des cas semblables dans d’autres parcs de l’arrondissement et si oui, qu’est-ce qui a été fait ? »

Réponses des autorités

Interrogée par journaldesvoisins.com, la porte-parole de l’arrondissement, Michelle Blais, a d’entrée de jeu précisé  qu’il y avait eu une démarche impliquant divers intervenants. «En conformité avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, nous a dit Mme Blais, l’arrondissement a octroyé un contrat à un trappeur professionnel.

Il a attrapé le castor, dans la nuit du 26 au 27 novembre dernier.  Nous avons fait un suivi pour vérifier si ce castor vivait en solitaire ou en communauté. Comme nous n’avons pas répertorié d’autres dommages sur les arbres, on a conclu que l’animal était solitaire et que le problème a été réglé  », a-t-elle conclu.

Finalement, les experts de l’arrondissement ont répertorié une cinquantaine d’arbres qui ont été abîmés par le mammifère; la moitié sont des arbres de plus de 10 cm de diamètre. Ils sont toujours debout et on verra donc à  les conserver, au grand soulagement des amants de la nature.

« Lorsque les visiteurs du parc voient ces arbres endommagés, ils peuvent penser qu’il y a encore un castor actif présent,  mais ce n’est pas le cas », a rassuré l’arrondissement dont ce fut  la seule intervention à survenir ici en 2016.

Malheureusement, le castor vivant en solo a dû être euthanasié car l’on ne pouvait pas le déplacer.

« Si l’animal avait été trappé au printemps ou en été, de préciser Mme Blais, il aurait alors été possible de le relâcher dans un autre milieu. Mais, étant donné le moment de l’année où il a été capturé, soit à la fin novembre, il n’avait plus le temps de se préparer pour survivre à l’hiver et, conséquemment, survivre à son déplacement.

Le castor était justement à construire sa hutte et à amasser sa nourriture pour l’hiver.

Tout s’est fait dans le respect de la réglementation du ministère concerné.

Problèmes ailleurs…

Mais dans d’autres arrondissements, le castor pose problème et l’on tente de ménager la chèvre et le chou. Dans Verdun, les autorités locales ont mis en place un projet pilote visant à pondre éventuellement un plan de gestion durable pour l’espèce, excluant le piégeage du castor. « Ce projet explorera des solutions alternatives au trappage, tout en développant des actions de prévention des dommages causés au milieu boisé par ce rongeur. »

 

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