Du bon air dans le métro depuis 60 ans?

Rame de train Azur au départ de la station de métro Henri-Bourassa (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

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Le Métro de Montréal fête ses 60 ans; on ne vous apprend rien! Toutefois, sachez que les travaux qui ont cours sur la rue Berri, angle Chabanel, se terminent bientôt. Que voilà une bonne nouvelle pour ceux et celles que ces travaux ont incommodés depuis 2022, notamment les voisins immédiats et les résidants de la rue Chabanel.

Rame de train Azur au départ de la station de métro Henri-Bourassa (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

Ces travaux commandés par la Société de Transport de Montréal (STM) auront coûté environ 32 millions de $. Ils ont consisté à installer des ventilateurs beaucoup plus puissants pour assainir encore mieux l’air que vous respirez dans les différentes stations du Métro. Ces travaux étaient-ils nécessaires pour améliorer une qualité de l’air déficiente ? Ou est-ce simplement une mise à jour des équipements ?

Photo prise durant la construction du poste de ventilation Chabanel sur la rue Berri. (Photo : Courtoisie Claire Themens)
Photo prise durant la construction du poste de ventilation Chabanel sur la rue Berri. (Photo : Courtoisie Claire Themens)

Journaldesvoisins.com a eu accès — non sans peine — à deux rapports trimestriels récents de la STM sur la qualité de l’air dans le métro, par la loi d’accès à l’information. De plus, comme les stations du Métro sont le lieu de travail de nombreux employés de la STM et qu’ils y respirent l’air quotidiennement et beaucoup plus longtemps que les usagers, Journaldesvoisins.com a également demandé à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) s’ils avaient déjà enquêté à ce sujet. Encore là, le JDV a dû utiliser la loi d’accès à l’information.

Pas de ventilation en 1966

« À l’origine, soit en 1966, il n’y avait pas de ventilation dans le réseau du métro », a mentionné Amélie Régis, conseillère corporative à la STM. Des ventilateurs ont été ajoutés par la suite pour pallier la chaleur émise par le métro. Il y aurait présentement 88 postes de ventilations situés le long des différentes lignes du trajet du métro. Ces postes de ventilation assurent trois fonctions : la ventilation de confort au bénéfice des usagers, la ventilation de nuit pour les employés d’entretien qui travaillent de nuit, et la ventilation d’urgence qui sert à évacuer la fumée, le cas échéant, précise Mme Régis.

Elle signale par ailleurs que les postes de ventilation mécanique rendus en fin de vie utile sont remplacés par des équipements beaucoup plus puissants et performants. C’est le cas du poste de ventilation de Chabanel/Berri. Elle précise que le métro est alimenté en air frais provenant de la surface. Cet air est toutefois sujet à la qualité de l’air extérieur.

Quatre vérifications annuelles

La STM procède à une vérification de la qualité de l’air dans le métro quatre fois par année en demandant à une firme externe indépendante, Les Services EXP inc.

Les tests sont effectués aux stations Berri-UQAM, Lionel-Groulx, Jean-Talon et Snowdon, stations choisies pour leur achalandage. Sont échantillonnés, la température, l’humidité relative, ainsi que les polluants suivants : monoxyde de carbone (CO), dioxyde de carbone (CO2), oxyde d’azote (NO), dioxyde d’azote (N02), et les concentrations de particules fines PM10 et PM2,5.

Extrait du rapport sur la qualité de l’air de la STM pour mars/avril 2026

Dans son rapport, la firme externe compare les résultats surtout aux normes de l’American Society of Heating, Refrigerating and Air‐Conditioning (ASHRAE). Les résultats de mars/avril 2026 semblent concluants et respecter ces normes.

Polluants plus faibles en juin

Cependant, en comparant les tests de mars/avril avec ceux de juin, on constate que la grande majorité des polluants sont encore plus faibles en juin.

« Cette observation s’expliquerait notamment par une utilisation accrue de la ventilation mécanique durant la saison estivale pour abaisser la température à l’intérieur du réseau de la STM », précise Danny Raymond, conseiller aux relations médias au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

M. Raymond fait valoir que des études internationales conduites depuis les années 2000 démontrent que parmi les nombreux polluants, ce sont les fines particules PM10 et surtout PM2,5 qui représentent le principal contaminant de l’air dans les réseaux de métros. Or, dans une étude menée par Santé Canada entre 2010 et 2013, on a observé que la présence de fer dans les fines particules PM2,5 était moindre à Montréal qu’à Toronto. Il est ici question de 5 % de fines particules à Montréal et 50 % à Toronto.

Comment expliquer cette différence importante ? Toujours selon M. Raymond, à Montréal, le métro roule sur des pneus avec des freins en bois, tandis que le métro de Toronto glisse sur des rails en fer, comme c’est le cas pour les trains. Soulignons que parmi les particules fines PM 2,5, le fer n’est qu’un des polluants parmi d’autres.

Interrogé sur les comparatifs possibles entre l’air du Métro et celui des structures souterraines ailleurs sur le territoire montréalais, Monsieur Raymond mentionne qu’il est difficile de faire une comparaison entre la qualité de l’air du métro avec d’autres environnements extérieurs ou intérieurs, comme celui des garages de condo ou des cages d’escalier des immeubles. « Les niveaux de contamination observés découlent de déterminants multiples et de sources d’émissions distinctes », dit-il.

Rapport de la CNESST

En septembre 2023, un inspecteur de la CNESST a fait une vérification auprès de la STM pour s’assurer que la qualité de l’air dans le Métro était conforme. Le rapport produit indique que la CNESST était satisfaite. « Comme l’employeur a mis en place des moyens pour mesurer la qualité de l’air dans le métro pour les travailleurs par des campagnes d’échantillonnage et qu’il n’y a pas de dépassement des valeurs limites d’exposition mesurées dans le métro de Montréal, aucune dérogation n’est constatée. » Rappelons que les travailleurs du Métro y passent beaucoup plus de temps chaque jour que les usagers.

Plusieurs autres raisons

Mme Régis explique que la bonne qualité peut être le fait de plusieurs raisons. Les trains du Métro de Montréal fonctionnent à l’électricité. Les véhicules utilisés par le personnel pour les travaux faits dans le Métro après les heures d’exploitation fonctionnent au diesel, mais leurs silencieux sont peu à peu remplacés par des modèles plus performants et les véhicules eux-mêmes sont également peu à peu remplacés par des véhicules électriques. Finalement, ajoute-t-elle, une bonne ventilation ne peut que s’améliorer avec le remplacement des postes de ventilation en fin de vie, comme celui de Chabanel qui sont trois fois plus puissants.

Coût des travaux

La mise à jour du poste de ventilation Chabanel sera à terme subventionnée à 85 % par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTD). Les 15 % restants seront financés par le service de dette de la STM, selon Kevin Bilodeau, également conseiller corporatif à la STM.

Finalement, retenons qu’à la suite de la mise en service du poste de ventilation Chabanel, la qualité de l’air dans le métro devrait encore s’améliorer, surtout entre les stations Sauvé et Crémazie. Ne retenez donc pas votre souffle!

 

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