Entente aux jardins communautaires

Le jardin Ahuntsic. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

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Visés par une expulsion des jardins communautaires cet automne, les membres non résidents de l’arrondissement vivent dans l’incertitude depuis 3 ans.

Un compromis jugé satisfaisant, entre les membres des jardins communautaires d’Ahuntsic-Cartierville et l’arrondissement, a été conclu.

L’entente donne aux personnes non résidentes, membres d’un jardin depuis plus de trois ans, la possibilité de rester membres de ce jardin tant qu’une place ne leur a pas été offerte dans leur arrondissement.

Le jardin Ahuntsic. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

La genèse des revendications

En 2023, un règlement de l’administration précédente a mis le feu aux poudres. Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement à cette époque, a expliqué au Journal des voisins les raisons pour lesquelles la décision de réserver les parcelles de jardins exclusivement aux résidents de l’arrondissement a été prise. « Cette situation existe ailleurs, c’était le critère le plus facile pour accorder la chance à tous d’avoir un accès aux jardins. Nous avons donné trois ans aux jardiniers concernés pour s’inscrire sur une liste d’attente dans un jardin près de chez eux. »

Cette décision avait suscité une importante mobilisation des membres des jardins communautaires, qui se sont exprimés au moyen de pétitions, d’articles dans les médias locaux et de représentations devant le conseil d’arrondissement.

Selon Sylvain Bruneau, membre du comité jardin Ahuntsic, il s’agissait de la perte d’une activité essentielle à l’équilibre physique, psychologique et social de nombreuses personnes,  d’un réseau social et d’un milieu d’entraide en plus d’une expertise horticole précieuse.

« Ces membres ne sont pas de simples utilisateurs d’un service municipal. Plusieurs contribuent activement au fonctionnement du jardin par leur implication dans différents comités et activités d’entretien. L’un d’eux siège même au comité de gestion du jardin. Un autre agit comme bénévole à la popote roulante d’Ahuntsic malgré le fait qu’il réside à l’extérieur des limites de l’arrondissement.

Plusieurs de ces personnes jouent également un rôle de mentor auprès des nouveaux jardiniers et contribuent de façon significative à la transmission des connaissances horticoles, » souligne M. Bruneau.

Des solutions ont aussi été amenées par le comité du jardin Ahuntsic pour répondre à la demande croissante pour des parcelles, tels la subdivision de certaines parcelles en demi-parcelles et le développement de nouveaux espaces de jardinage sur des terrains municipaux disponibles.

La position de l’arrondissement

L’arrondissement a l’intention de maintenir ce règlement. Les jardiniers résidant à l’extérieur de l’arrondissement n’auront plus accès aux jardins pour la suite des choses. Il ne prévoit pas la création de nouveaux jardins communautaires, ses efforts étant davantage consacrés à la consolidation des installations existantes, dont les coûts estimés pour leur mise à niveau représentent un montant considérable.

« Nous demeurons conscients de l’engouement et de la demande pour des jardinets, et nous garderons en tête ce désir d’en augmenter le nombre. Il est à noter que l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville est l’un de ceux qui comptent le plus de jardins communautaires à Montréal. Presque exæquo avec Rosemont (huit jardins pour Ahuntsic et neuf pour Rosemont), » souligne Justine Lalande-Church, attachée politique de la mairie d’arrondissement.

La réaction du comité du jardin Ahuntsic

Un message adressé aux responsables de l’arrondissement statuait qu’il est certain que le comité du jardin communautaire croit toujours que la solution à la demande croissante et aux listes d’attente réside notamment dans l’agrandissement de l’offre.

« Notre objectif constant est également de maximiser l’occupation des jardins. C’est pourquoi nous entretenons une étroite collaboration avec Ville en vert afin d’identifier les jardinets abandonnés, de les remettre en état (désherbage et recouvrement) et de permettre leur réattribution rapidement à d’autres citoyens. Après consultation auprès de plusieurs membres du jardin communautaire et compte tenu de notre excellente relation avec l’organisme Ville en vert, nous croyons que votre nouvelle proposition est très respectueuse de nos membres et qu’elle constitue un bon accommodement raisonnable. »

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3 Responses

  1. En tant que jardinière qui risque d’etre expulsée du jardin communautaire St-Sulpice, je tiens à vous signaler que nous n’avons nullement été consultés au sujet de cette « entente » . On veut à tout prix nous jeter dehors alors qu’un nombre important de jardinets sont inutilisés ou abandonnés, qu’une surface de plusieurs parcelles est attribuée à des jardins « caritatifs » gérée par une seule personne plutôt que d’en faire profiter plusieurs familles. Il pourrait y avoir des solutions constructives qui mettraient à profit par exemple ,l’expertise de ces jardiniers en leur attribuant un rôle de conseiller horticole ou de soutien concernant des méthodes pour entretenir adéquatement un potager. Pourquoi ne voir que l’expulsion comme solution alors que la vraie question est comment agir ensemble pour utiliser au mieux un espace que nous avons tous le droit d’utiliser comme payeur de taxes municipales!!!!

  2. C’est le décision finale qui nous a été communiquée par l’arrondissement. Expulser un membre et lui trouver une autre place dans le jardin de son arrondissement ne va pas régler la problématique du manque de jardinets; ni des jardinets abandonnés. Nous avons clairement proposé des solutions beaucoup plus efficaces qui n’ont pas été retenues. Cependant, le fait de reconnaitre le droit de jardiner et éviter de priver un membre qui vit en dehors de l’arrondissement de son loisir et sa passion nous semble plus respectueux qu’une expulsion sans lendemain.

  3. Une ‘entente’? Quelle entente?
    Après une foule d’interventions auprès de l’arrondissement et de Ville en Vert, proposant des mesures correctives facilement réalisables pour réduire les listes d’attente supposément trop longues, l’arrondissement a tout balayé du revers de la main et maintient intact son VERDICT d’expulsion, sauf que les jardiniers expulsés seront maintenant talonnés de très près pour vérifier d’ici 3 semaines (et chaque année par la suite) que leur nom figure sur une liste d’attente jusqu’à ce qu’on leur offre n’importe quoi : soit un demi-jardinet (3m x 3m) situé trop longtemps à l’ombre et directement sur un grand boulevard, OU un jardinet situé à 5 ou à 6 kilomètres de ma résidence. Rien à voir avec mon jardinet de 3m x 6m à proximité de chez moi que je cultive avec passion depuis 16 ans, dans un espace où j’ai contribué à tous les niveaux. Donc, oui… c’est l’expulsion à tout prix dont le seul critère reste le code postal, et sans égard à aucun facteur humain, ni sur le plan collectif ou communautaire. Donc, il n’y aucune entente, et je continue de m’opposer fermement à cette décision contraire à toute logique.

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