Roberto López, musicien ahuntsicois d’origine colombienne, en spectacle à Babel musiques le 13 avril à la Maison de la culture Ahuntsic. (Photo: courtoisie Felix Renaud)

«La Maison de la culture Ahuntsic est en train de devenir un lieu de ralliement pour la scène artistique», exprime Roberto López, un des musiciens participant à Babel musiques cette semaine.

Le festival Babel musiques revient pour sa 15e édition à la Maison de la culture Ahuntsic, du 11 au 15 avril. Au programme: huit événements gratuits qui invitent à un voyage musical autour du monde, des Balkans à l’Ukraine en passant par les rythmes tziganes italiens, la Chine, ou encore l’Inde.

Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, jeudi 13 avril à 19 h 30, Roberto López offre un concert original au croisement entre les rythmes de sa Colombie natale et une modernité électrique. Pour l’occasion, l’artiste ahuntsicois, récompensé par de nombreux prix prestigieux, a accepté de répondre aux questions du Journal des voisins (JDV). 

Comment décririez-vous votre univers musical à ceux qui ne vous connaissent pas encore?

Je suis quelqu’un de très curieux, qui aime beaucoup explorer les différentes influences musicales en partant de mes racines colombiennes. C’est une exploration à partir de ces rythmes traditionnels colombiens, auxquels j’aime beaucoup insérer des musiques différentes comme le jazz, la musique électronique, le funk… avec au final l’Afrique comme racine commune à tous ces styles musicaux. J’aime trouver les accents de ces musiques et les mixer ensemble.

Justement, n’est-ce pas difficile de mixer autant de styles musicaux sans pour autant les dénaturer?

Je le fais toujours avec un style prédominant qui donne une unité, et j’ajoute ensuite des éléments pour que cela forme un tout nouveau. Si on regarde l’histoire de la musique, c’est exactement la même chose: les musiciens partent de quelque chose d’existant et y apportent leur touche. On est un peu des alchimistes du rythme. Mon but est toujours de former quelque chose de différent, de frais, mais qui sonne naturel dès la première écoute.

Comment avez-vous rencontré la musique?

C’est une passion qui a toujours été en moi. À 6 ans, j’ai demandé des cours de guitare à ma mère, puis à 10 ans des cours de piano. J’étais très attiré par la musique, et ça a été tout un processus. À 15 ans, j’étais dans un groupe qui faisait des cover [NDLR: faire des reprises de chansons existantes]; on faisait ça dans le garage avec les moyens du bord. Au début, on faisait ça à l’oreille, on n’avait même pas d’ampli, mais on avait envie de faire de la musique, d’essayer des choses. À 16 ans, je participais à mes premiers concours de band à l’école et depuis, je n’ai jamais arrêté…

Pourquoi avoir choisi la guitare comme instrument de prédilection?

Je suis tombé en amour avec le rock! C’était complètement à contre-courant de la musique folklorique colombienne; c’était plus underground et j’étais très intrigué par la guitare électrique. C’est un instrument qui me fascine.

Roberto López, musicien ahuntsicois d’origine colombienne, en spectacle à Babel musiques le 13 avril à la Maison de la culture Ahuntsic. (Photo: courtoisie Felix Renaud)

En tant qu’Ahuntsicois qui produit ses albums ici même, quel regard portez-vous sur la vie artistique de ce quartier parfois laissé pour compte?

Avec l’exode des artistes du Plateau [NDLR: Plateau–Mont-Royal], ils se sont un peu éparpillés dans la ville. Le problème est qu’Ahuntsic-Cartierville est un quartier très vaste, donc il n’y a pas de vrai lien entre les artistes qui y habitent. Je pense que la Maison de la culture est en train de devenir un lieu de ralliement pour la scène artistique; c’est très important et il s’y passe de belles choses comme ce festival Babel musiques. Il y a un mouvement en cours avec plusieurs artistes qui se sont installés, et des ateliers qui ont été créés dans le quartier, mais ça prend du temps. C’est très lent, mais ça se dessine.

Et vous, n’avez-vous jamais pensé à quitter le quartier?

Je me suis installé ici il y a 15 ans lorsque j’ai quitté le Plateau et j’enregistre chez moi dans mon studio. Je me sens bien ici et je suis bien ancré, donc je ne me vois pas partir ailleurs.

Votre dernier opus est sorti en 2022…

Oui, Ritual est mon 6e album! Il résume ma carrière artistique au long de toutes ces années. C’est une exploration musicale autour de la guitare et un retour vers la voix qui vient jouer avec la mélodie de la guitare pour presque devenir un autre instrument. À la différence des albums précédents, je me libère des rythmes traditionnels pour aller vers une forme de modernité. Cet été, je vais faire une tournée dans l’île de Montréal avec cet album, ça va être pas mal le fun! 

Découvrez le programme complet du festival Babel Musiques du 11 au 15 avril 2023.


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