Le conseiller du district du Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, s’apprête à couper le ruban, officialisant ainsi l’ouverture de la rue ludique sur Sacré-Cœur. (Photo : Olivier Paiement, JDV)

Sur le thème du cirque, plusieurs dizaines de personnes étaient présentes pour l’inauguration de la rue ludique, sur l’avenue du Sacré-Cœur, entre les boulevards Gouin et Henri-Bourassa, le 7 juillet dernier.

Qu’est-ce qu’une rue ludique, au juste? C’est un projet qui a pour but de favoriser l’activité et d’encourager le jeu chez les enfants.

Pendant une année complète, beau temps, mauvais temps, été comme hiver, ce tronçon sera fermé à la circulation automobile les jeudis de 16 h 30 à 18 h 30 et les dimanches de 15 h à 17 h. Les enfants pourront ainsi jouer librement sans que les parents n’aient à craindre pour leur sécurité.

Cette idée née du programme « Changer les Règles du jeu » a lieu en partenariat avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal et l’École de santé publique de l’Université de Montréal. La première édition s’est tenue l’an dernier, dans la rue Birnam du quartier Parc-Extension, et c’est un peu par hasard qu’Ahuntsic-Cartierville y a eu droit :

« Ça n’a pas fonctionné pour l’arrondissement qui était censé l’avoir en 2022. J’ai su ça et j’ai sauté sur l’idée », explique Jérôme Normand, conseiller dans le district du Sault-au-Récollet.

Par ailleurs, une rue-école aura aussi lieu dès la rentrée scolaire à l’automne. Ce concept très similaire permet aux rues à proximité d’une école d’être fermées lors de l’arrivée des élèves le matin et de la sortie en après-midi. C’est l’école primaire Saint-Benoît et l’avenue Mont-Cassin qui sont les heureuses élues.

Un choix facile

Ce n’est pas un hasard que l’avenue du Sacré-Cœur ait été choisie à cet endroit spécifique. Les résidants de cette rue sont reconnus pour leur grande implication. Ils militaient depuis des années pour des mesures d’apaisement de ce tronçon qui est fréquemment utilisé comme transit afin d’éviter de prendre l’avenue Christophe-Colomb. Chaque année, ils avaient aussi l’habitude de fermer la rue pour organiser une fête de voisins.

Lorsque M. Normand leur a proposé l’idée, ils étaient très emballés : « On a organisé une soirée virtuelle et toutes les maisons participaient à la soirée. L’intérêt était unanime », ajoute-t-il.

Une mère de famille a décrit la signification de ce projet pour eux :

« Plus d’une douzaine de jeunes d’âge primaire et préscolaire habitent dans ce petit pâté de maisons. Nous n’avons pas de ruelle, donc chez nous, l’action se passe en avant. C’est important de laisser les enfants se réapproprier la rue. »

Signalisation indiquant la fermeture de la rue ludique. (Photo : Olivier Paiement, JDV)

Une vocation scientifique

Mais la rue ludique n’est pas seulement réservée aux résidants de l’avenue Sacré-Cœur. Tout le monde y est invité, peu importe le lieu de résidence. Un des objectifs est justement de créer un esprit de communauté.

Sur place, des chercheuses de l’Université de Montréal ont expliqué que le lieu a été choisi en raison de la diversité économique et sociale du quartier :

« Avec les plus grandes propriétés des rues nord-sud, mais aussi les blocs appartements situés sur Henri-Bourassa, ça offre une belle mixité sociale pour notre étude. Ça va aussi offrir une comparaison intéressante avec le projet qui avait lieu dans Parc-Extension, un quartier plus défavorisé. »

Par ailleurs, des questionnaires seront distribués à des parents à différents moments du projet afin d’évaluer l’impact de la rue ludique, donc le fait de jouer dehors, sur les enfants. Bien que le programme n’ait qu’une durée de vie d’un an, il pourrait être maintenu par les résidants par la suite.

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