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Investitures du PQ dans Maurice-Richard et L’Acadie: pas d’opposition

Publié le 08/06/2018
par Alain Martineau

Le fondateur et l’ex-président de la Ligue d’action civique, Frédéric Lapointe, portera les couleurs du PQ dans Maurice-Richard à l’élection d’octobre prochain (Photo: Anatole Parent) – À la une: Frédéric Lapointe, Jean-François Lisée, chef du Parti Québécois; Farida Sam, candidate du PQ dans L’Acadie (Photo: Marie-Jade Martineau)

Devant une centaine de militants, le Parti Québécois (PQ) a officialisé dimanche 3 juin les candidatures de Frédéric Lapointe (fondateur et ex-président de la Ligue d’action civique), dans la nouvelle circonscription de Maurice-Richard (autrefois Crémazie), et de Farida Sam, dans l’Acadie, élus sans opposition, dans les deux cas.

Les assemblées d’investitures conjointes, à la salle l’Ami-temps, sur la Promenade Fleury, ont été rehaussées par la visite du chef péquiste, Jean-François Lisée, qui a donné, dans un discours d’une trentaine de minutes, un avant-goût des thèmes qu’il développera en campagne électorale, écorchant le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ) sortant et la Coalition avenir Québec (CAQ), formation en tête dans les derniers sondages.

D’entrée de jeu, M. Lisée a rappelé la dynamique de son parti : 80 000 membres,«plus que toutes les autres formations réunies», a-t-il précisé, dont 15 000 ayant œuvré, de près ou de loin, dans les différentes instances de la formation, à l’élaboration de la plateforme électorale, sans compter la tenue de congrès d’investiture dans les circonscriptions (contrairement à la CAQ).

« Le PQ, a ajouté M. Lisée, est tellement attractif que même le président de la campagne des libéraux Alexandre Taillefer a pris sa carte de membre », a-t-il ironisé.

Au lendemain d’un conseil général des adversaires libéraux, M. Lisée n’a pas raté l’occasion de ridiculiser ceux qui, au PLQ, ont eu l’idée de faire revenir Jean Charest dans l’actualité en reprenant son slogan de la campagne de 2008 « les des deux mains sur le volant ».

Le chef de l’Opposition officielle a déclaré qu’à la suite de la victoire libérale il y a près de dix ans, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait affiché une dégelée de 40 milliards $ en termes d’actifs et que les scandales liés à la corruption ont débouché sur la création de la Commission Charbonneau.

Thème-immigration

Si l’on se fie aux interventions de M. Lisée et des deux candidats officiels sur le territoire, le PQ n’hésitera pas à aborder la question de l’immigration.

Le chef péquiste a relevé le fait que 30% des immigrants ont quitté le Québec sous le règne libéral, accusant l’administration sortante «de ne pas avoir donné les outils à ceux et celles qui avaient choisi le Québec».

Il a insisté pour dire que le Québec devrait suivre l’exemple du Royaume-Uni et de l’Allemagne qui prêchent pour l’apprentissage de la «langue naturelle» du pays-hôte dans le pays de ceux qui veulent émigrer.

« Le soudeur de Buenos Aires pourrait suivre des cours de français dans son pays pendant quatre à six mois (…) et quand il obtiendra la note de passage, avoir son billet d’avion pour le Québec et aller travailler en région », a-t-il indiqué.

Sur le même sujet, M. Lisée en a profité pour dénoncer le plan match de la CAQ qui promet selon lui de faire pire que les libéraux.

« Avec leurs tests ‘’d’exclusion’’, ils veulent mettre en probation les nouveaux immigrants », a-t-il analysé.

Les deux candidats des circonscriptions du nord de Montréal ont aussi fait allusion à l’immigration dans leur discours.

La candidate du PQ dans L’Acadie (où plus d’un électeur sur deux est issu de l’immigration) compte aborder ce thème sans gêne.

« Nous allons nous occuper des immigrants, contrairement aux libéraux qui les ont transformés en chômeurs, a indiqué Mme Sam. Nous allons faire plus que le gouvernement libéral afin de les intégrer à la société d’accueil»,  a-t-elle dit, n’oubliant pas au passage de dénoncer la politique du multiculturalisme du gouvernement Trudeau.

Pour sa part, Frédéric Lapointe s’est engagé à tisser des liens serrés avec les membres des diverses communautés culturelles, du territoire, et ailleurs dans l’île.

Il compte aussi insister sur les «ratés» du gouvernement en ce qui a trait aux offres de services de santé.

« Il y a un problème majeur, quand on regarde du côté des CLSC (la perte de services à celui d’Ahuntsic) ou des CHSLD où les libéraux favorisent le secteur privé, alors que les conditions de travail y sont inférieures. Les libéraux ont fait des compressions dommageables et peu a été fait pour les soins à domicile. Mais on a (le PQ) un parti pour soutenir les services à la population, un gouvernement pour défendre un état fort », a-t-il conclu.

Le PQ, à l’échelle nationale, obtient environ 21% des intentions de vote, mais on rappelle que le taux d’insatisfaction générale envers le gouvernement sortant, est de 75% et que les Québécois souhaitent du changement à l’Assemblée nationale.

A la dernière élection du 7 avril 2014, dans Crémazie, la péquiste Diane De Coucy, avait perdu par un peu plus de 2500 voix, contre la libérale Marie Montpetit. Frédéric Lapointe se lance donc dans la course «en visant la coupe».

Mais dans l’Acadie (à l’ouest du boulevard Saint-Laurent), on ne se fait pas d’illusion, alors que l’ex-journaliste Christine St-Pierre l’avait emporté par plus de 20 000 voix pour le Parti libéral à la dernière élection.

L’ex-candidate du PQ dans L’Acadie, Évelyn Abitbol, (maintenant conseillère spéciale du chef péquiste pour la diversité) était présente dimanche pour encourager les deux nouveaux candidats officiels du PQ.

Le candidat péquiste dans Saint-Laurent, Elias Dib Nicolas, était aussi présent, de même que Jean Campeau, l’ex-ministre des Finances sous le gouvernement de Jacques Parizeau.