La première pelletée de terre pour La maison du coin — Crémazie s’est tenue le 15 octobre. Cet immeuble de 42 studios est destiné aux personnes qui sortent de l’itinérance et sont en attente d’un logement définitif. Les promoteurs souhaitent inaugurer le bâtiment le 1er juillet 2027.
Le projet est situé à l’intersection des boulevards Crémazie et Chateaubriand, à Ahuntsic. Il est l’œuvre de l’initiateur Domicile Fixe et de l’organisme de lutte contre l’itinérance Mission bon Accueil.
Samuel Watts, le président et directeur général de Mission bon Accueil, a souligné l’importance d’avoir un toit sur sa tête.
« La dignité humaine, ce n’est pas négociable. C’est important de reconnaître que tout le monde a besoin de chez soi », a-t-il insisté avec force.
Il a rappelé qu’il devra trouver 15 millions de dollars pour pouvoir acheter La maison du Coin — Crémazie. Son organisme sera le gestionnaire et le propriétaire de cette ressource unique en son genre.
Le projet s’adresse à des adultes qui ont traversé une période d’itinérance et qui sont maintenant stabilisés. Les résidents y séjourneront en moyenne un an, accompagnés par les équipes de Mission bon Accueil présentes sur place 24 heures sur 24.
Une grande famille
« Une pelletée de terre, c’est un petit peu comme quand on annonce à notre famille qu’on a un bébé », a indiqué pour sa part Jean-François Tremblay. C’est le président et cofondateur de Domicile Fixe. Il s’est lancé ensuite dans un long propos sur l’importance de cette famille qui regroupe beaucoup de parents.
Il a précisé, à ce propos, l’indispensable engagement de l’autorité municipale pour permettre au projet de voir le jour.

« J’ai vu un Montréal qui s’est mobilisé pour lutter contre l’itinérance, pis ça, c’est du leadership », a-t-il souligné.
« C’est comme le beau gars que tu ramènes à la maison, pour terminer la métaphore des bébés. C’est assez facile à vendre à ta mère », a illustré pour sa part Maude Théroux-Séguin, mairesse de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.

Benoit Langevin, responsable du développement social et de la cohabitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, a rappelé que la ville-centre avait triplé le budget en itinérance.
« On parle de 30 millions de dollars que la Ville donne annuellement à des organismes communautaires pour justement réussir cette cohabitation-là, favoriser des interventions (…) dans le respect de la dignité », a-t-il spécifié.
L’édifice de trois étages comprendra des studios compacts d’environ 246 pi², des espaces communs, des bureaux pour les intervenants et une cour extérieure. Atelier L’Abri a conçu la bâtisse avec un design intérieur signé À Hauteur d’homme. Les initiateurs visent les certifications LEED et WELL et adoptent une approche architecturale sensible aux traumatismes.
Un effort sera fait aussi pour favoriser l’insertion du bâtiment dans son environnement, notamment par la mise en place d’un comité de bon voisinage, en lien avec les riverains.









