Jacques Boulerice, écrivain, poète et humaniste

Jacques Boulerice signe un exemplaire de son livre à Antoine Boisclair, lui aussi écrivain du quartier. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

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À l’aube de son 81e anniversaire, Jacques Boulerice publie un ouvrage poétique dont les histoires se passent en partie à Ahuntsic-Cartierville, quartier qu’il habite. Fin observateur de l’être humain, il raconte simplement ce qu’il entrevoit au gré de ses rencontres et promenades.

Jacques Boulerice signe un exemplaire de son livre à Antoine Boisclair, lui aussi écrivain du quartier. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Son recueil de textes de longueurs variables se lit à petites doses. Portrait au hasard des rues rassemble des histoires qui reflètent des observations de ce qu’est la nature humaine dans son quotidien, et les réflexions qu’elles inspirent à l’auteur.

Michel Rabagliati a accepté d’illustrer la page couverture et la quatrième de couverture du livre parce qu’il estime que les personnages décrits par M. Boulerice ressemblent à ceux qu’ils dessinent.

Écrivain et professeur

Jacques Boulerice prend la plume depuis l’âge de 12 ans. Fils unique, il a voulu s’inventer une fratrie et des amis. C’est ainsi que sont nés ses premiers personnages.

Depuis, et à travers son métier d’enseignant, il a écrit de nombreux ouvrages pour lesquels il a reçu des distinctions, dont le Prix du mérite patrimonial pour son livre Reliquaire, le Prix hommage 2014 de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, le Prix du Québec pour Apparence, et la médaille Jean-Antoine Panet de l’Assemblée nationale du Québec.

Il a enseigné pendant 30 ans au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, et a mené une carrière prolifique d’écrivain en parallèle. L’enseignement a été une autre façon pour lui de se créer une famille. Très attaché à ses étudiants, il est resté en contact avec plusieurs d’entre eux. « Ils m’ont appris autant sinon plus que ce que je leur ai appris », confie-t-il au Journal des voisins.

Son credo d’enseignement, c’est de s’intéresser aux gens afin qu’ils se passionnent ensuite pour ce que l’on a à leur transmettre. C’est ainsi qu’il se rapprochait des intérêts de ses élèves pour mieux leur enseigner. Il raconte que lorsqu’il avait à donner un cours de poésie à un groupe en sports-études, il allait voir les matchs et, le lendemain, les étudiants étaient plus réceptifs à ses enseignements.

L’inspiration

La démarche de l’auteur passe par sa fascination pour l’être humain. Pour lui, chaque vie est à la fois un mystère, un appel à la découverte et une histoire insoupçonnée. L’écriture est pour lui une façon d’explorer, de scruter et de regarder les gens.

Il raconte une anecdote qui reflète son amour des humains, sa grande capacité d’écoute et une empathie sincère, une anecdote, nous dit-il, tout à fait dans l’esprit de son livre et de ce qu’il essaie de faire avec son écriture.

Il y a un mois environ, il passe par la station de métro Sherbrooke en route pour dîner avec un ami. Une jeune femme est assise par terre, appuyée au mur, et elle tend la main pour demander un peu d’argent. Elle a sans doute environ 35 ans, mais en parait 90. Comme il a un peu de temps, il s’arrête et s’adresse à elle : « La vie n’est pas facile ; est-ce que je peux vous aider ? » Elle répond qu’elle espère ramasser une vingtaine de dollars avant que les policiers l’obligent à sortir afin de pouvoir passer une partie de la nuit au chaud et prendre un café. Il lui remet un billet de 20 $. Elle s’appelle Émilie et pleure tout en s’excusant. M. Boulerice réplique que ça devrait être à lui de s’excuser, car la société l’a laissée tomber. De retour à la station après son rendez-vous, elle n’est plus là. S’y trouve en lieu et place un couple avec un chien vêtu d’un manteau qui vaut plusieurs nuits au chaud pour Émilie…

« Pour moi, l’écriture, c’est m’asseoir à côté des gens, parce qu’on fait partie de la même famille, insiste M. Boulerice. On est tous sur une ligne fragile, et la détresse est toujours près. J’espère que ma prochaine vie va être aussi belle que celle que j’ai maintenant. »

Portrait au hasard des rues dans la vitrine de la Librairie Fleury. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Un sculpteur de rue

On entend le carillon du rémouleur dont le camion quitte la Promenade Fleury pour s’engager sur une rue perpendiculaire où il offre régulièrement ses services d’aiguisage. Je le croise en me dirigeant vers le café Aroma pour y retrouver un sculpteur de rue.

Extrait de Portrait au hasard des rues

 

Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’août 2026.

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