Réal Migneault devant une planche de kale
Réal Migneault devant une planche de kale dans sa Ferme de rue. (Photo: Amine Esseghir, JdV)

Après avoir été considérée comme un projet expérimental depuis quatre ans, la Ferme de Rue semble prendre sa vitesse de croisière. Réal Migneault, fondateur de cette micro-ferme urbaine au coeur d’Ahuntsic-Cartierville, a planté des kiwis, un arbuste qui ne donne des fruits que trois à sept ans après avoir été mis en terre.

Près de l’église, le terrain du sanctuaire Saint-Jude avenue d’Auteuil a pris des allures bucoliques.

« Nous avons de la chance, c’est un terrain qui n’était pas exploité depuis 50 ans et il n’y avait pas de station-service ou de garage dessus. Nous n’avons pas eu besoin de le décontaminer », observe Réal Migneault, instigateur du projet.

C’est là où la Ferme de rue tient sa principale exploitation depuis trois ans alors que l’idée s’était concrétisée une année auparavant sur le terrain devant la maison de Réal Migneault, rue Saint-Denis, toujours à Ahuntsic.

Deux variétés de kiwis, ces fruits originaires de Chine, sont bien adaptées au climat difficile du Québec, signe que cette exploitation d’agriculture urbaine est encore là pour quelques années.

« Il faut être patient avec les kiwis. Par contre une fois que c’est parti, c’est délicieux », assure M. Migneault.

En attendant ces « fruits exotiques » version ahuntsicoise, alors que la saison commence, la Ferme a déjà produit 30 kg de fleurs d’ail.

« Nous les livrons assez tendres et elles peuvent être mangées telles quelles. On peut en mettre dans les salades, mais elles peuvent entrer dans un tas de recettes, en bouillon, les faire revenir à la poêle, en faire du pesto… », énumère M. Migneault.

Les fleurs sont coupées pour donner de l’énergie aux bulbes qui seront prêts dans quelques semaines.

Aujourd’hui, sur le terrain du sanctuaire, on trouve des planches de kale, de salades, de choux, de piments, de haricots ou de tomates, mais aussi des cultures en pots, en bacs et dans deux serres Tempo pour des courges et des concombres.

« Nous avons déjà doublé, voire triplé, la capacité de production de la Ferme cette année », souligne M. Migneault.

Tous ces aliments sont cultivés au détour d’une rue en pleine ville, sans pesticides et avec des produits utilisés pour la culture biologique. En mai dernier, la Ferme de Rue a reçu un prix Novae, une récompense pour les projets qui ont des impacts sur des enjeux sociaux et environnementaux.

Où trouver les produits de la Ferme?

L’été passé, la Ferme de Rue avait créé l’événement dans le quartier en installant un kiosque pour vendre des légumes et des plantes dans une quincaillerie de quartier.

L’expérience ne sera pas renouvelée cette année. Toutefois, les gens pourront se rendre à la Ferme directement, sinon ils trouveront ses produits frais ou transformés à la boulangerie La Bête à pain et au restaurant Le St-Urbain, rue Fleury Ouest, enseignes d’Ahuntsic-Cartierville qui ne sont plus à présenter.

« Ils ont signé un partenariat avec nous et ont acheté à l’avance une part de la production. Cela nous a donné un coup de main extraordinaire. Cet argent frais que nous avons reçu en début de saison nous a permis de faire les implantations », confie M. Migneault.

Le public pourra aussi déguster sur place des produits transformés. Par ailleurs, d’autres idées ont germé dans l’esprit de Réal Migneault :

« Nous voulons organiser des soupers. Il y aura de belles surprises. Ce sera en partenariat avec La Bête à pain et Le St-Urbain. »

Pénurie de main-d’œuvre et de bénévoles

Cependant, ce développement ne se fait pas sans heurts. La Ferme est en recherche constante de bénévoles. Cette année deux étudiants en agriculture urbaine et en horticulture sont en stage à la Ferme.

Même si le projet de Réal Migneault semble avoir remporté le prix de la notoriété, la Ferme gagne quant à elle toujours à être connue.

« En donnant en permanence des ateliers sur l’agriculture urbaine dans des écoles, chez des groupes communautaires et dans des centres de formation professionnelle, nous avons reçu des demandes de stages et des demandes d’emploi », relève M. Migneault.

Une aubaine pour la Ferme, car les appels au bénévolat affichés dans les espaces publics ou sur les médias sociaux n’ont pas beaucoup de succès.

Apparemment, c’est à la rencontre des gens que la Ferme de Rue arrive à convaincre et à expliquer comment cela fonctionne et que les intérêts s’éveillent.

La Ferme de rue veut aussi recruter au moins deux employés permanents. Elle recherche des fonds pour cela.

« Quand les gens viennent à la Ferme, ils voient que c’est concret », note M. Migneault.

C’est de cette manière aussi que la Ferme assure sa mission d’éducation populaire.

 

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