La Grande Aigrette (Great Egret) (Ardea alba) – photo: J. Poitras

La grande dame blanche des milieux humides est facile à identifier. Son plumage est entièrement blanc, ses pattes sont très foncées, et son bec est jaune parfois tirant sur l’orangé. En période nuptiale, une tache verte est visible entre l’œil et la base du bec. Elle fait un mètre de hauteur, soit les quatre cinquièmes de la hauteur du Grand Héron bleu.

Habitat et territoire

Tout comme ses cousins les Hérons, la Grande Aigrette fréquente les milieux humides; étangs, bords de lacs ou de rivières, et canaux de drainage. Elle niche en petites colonies, dans des arbres non loin de ces milieux humides assez souvent avec d’autres espèces de hérons.

Son aire de nidification couvre les côtes est et ouest, ainsi que la zone forestière du centre-est de l’Amérique du Nord. Au Canada, on la retrouve au Lac Winnipeg et dans le sud du Québec et de l’Ontario. Sa présence au Québec est assez récente; le Premier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional ne signale que trois sites de nidification probables ou confirmés dans les années 1980. Le Deuxième Atlas publié en 2018, en note une quinzaine le long du Saint-Laurent méridional et deux en Outaouais. La colonie de l’Île aux Hérons dans les rapides de Lachine compterait une trentaine d’individus.

Détail du bec montrant la tache verte – photo: J. Poitras

Nidification et comportement

Le nid construit de branchailles se trouve en général vers le haut des arbres ou de grands arbustes. Le mâle a tendance à se réapproprier le site occupé l’année précédente. Il le répare ou l’agrandit et prend une posture dressée, le bec pointant au ciel et les aigrettes et autres grandes plumes bien étalées pour attirer une femelle. Vivant en colonies, ce dernier est peu territorial si ce n’est que pour défendre les environs immédiats du nid.

Une fois le couple formé, la femelle y pond de trois à cinq œufs qui seront couvés alternativement par les deux parents. Ceux-ci s’occuperont aussi de nourrir les oisillons pendant les quelques vingt jours qu’ils passeront au nid et les deux à trois semaines après leur départ du nid.

Grande Aigrette à l’affût – photo: J. Poitras

L‘alimentation de la Grande Aigrette consiste de poissons, batraciens et de gros insectes qu’elle capture en arpentant les eaux peu profondes des milieux humides. Comme pour les autres hérons, elle peut demeurer quasi immobile jusqu’à ce qu’une proie arrive à sa portée; elle détend son long cou d’un geste vif et s’empare de cette proie avec son grand bec pointu.

Son cri est un « kraa – kraa » guttural surtout émis en vol ou lorsqu’elle est perturbée.

Migration et tendances

Les mâles arrivent généralement en avril pour réclamer leur site de nidification ou s’en approprier un nouveau. Les femelles suivent peu de temps après. La période de couvaison et d’alimentation des oisillons au nid dure environ de cinq à six semaines. Les parents s’occupent des jeunes jusqu’à l’automne.

Les Grandes Aigrettes nous quittent à la fin de l’automne pour aller au sud des États-Unis et en Amérique Centrale. Elles sont des résidantes permanentes en Amérique du Sud.

Ce bel oiseau a bien failli disparaître au début du XXe siècle victime de la convoitise pour ses grandes plumes qui ornaient les chapeaux des coquettes dames de l’époque. C’est grâce aux actions de la Audubon Society et de l’adoption en 1917 de la Convention sur les oiseaux migrateurs que les populations ont pu se rétablir.

Comme mentionné plus haut, sa présence au Québec est récente. L’accroissement du nombre d’individus en Nouvelle-Angleterre a naturellement poussé certains d’entre eux à chercher un territoire plus au nord.

La destruction des milieux humides lui est par contre préjudiciable et c’est pourquoi on doit appuyer tous les efforts pour leur conservation ou leur restauration.

Comme la Grande Aigrette peut aller s’alimenter à plusieurs kilomètres de son site de nidification, on peut l’observer dans notre arrondissent bordé qu’il est par la rivière des Prairies. D’ailleurs, sa présence y est régulièrement signalée. Si vous la voyez passer, saluez-la, elle le mérite!

 

 

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Mendes
Mendes
1 Année

Une belle surprise d’apprendre que ce bel oiseau se trouve dans notre environnement.

Caroline
Caroline
1 Année

Je viens d’en voir une sur la rivière Richelieu à Henryville

Johnny Dion
Johnny Dion
9 Mois

Possiblement un couple de ces aigrettes dans les Marais du nord, au nord du Lac-Charles faisant parti de la ville de Québec…

Guillemette Yvan
Guillemette Yvan
9 Mois

Bonsoir,
Je viens d’en voir 12 perchées dans un arbre au abord de la rivière des milles îles.

Carol Fortier
Carol Fortier
9 Mois

Présente en Beauce sur la rivière Chaudière niveau St-Georges et
nouvellement observé sur la rivière aux Bleuets secteur Lambton.

Pelletier, Sylvie
Pelletier, Sylvie
8 Mois

Je viens de voir 6 qui étaient perché à sur le bord de la rivière aux brochets derrière chez moi! Magnifique oiseaux!

André Nolin
André Nolin
8 Mois

J’en ai observé deux hier le long de la piste cyclable de la rivière Tomifobia, entre Ayer’s Cliff et Stanstead. J’en ai pris une en photo. Magnifique.

Isabelle Koiran
Isabelle Koiran
8 Mois

Nous venons d’en voir une sur la rivière des Mille Îles. Entre Laval et le vieux Terrebonne. Splendide!

Tilmon Sonier
Tilmon Sonier
8 Mois

Plusieurs gens de la Pointe a Bouleau (Péninsule Acadienne)au N-B,ont rapportés en voir une sur la nature de la Rivière Tracadie ces derners jours.

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