Grive à dos olive – photo: J. Poitras
Grive à dos olive – photo: J. Poitras

(Swainson’s Thrush)      (Catharus ustulatus)

La grisaille humide de cet automne était, c’est peu dire, pas très favorable à de longues randonnées sylvestres,* le visage vissé à ses jumelles et l’esprit en extase devant notre faune ailée.

Malgré tout, les migrations automnales amènent jusque dans nos cours des spécimens que l’on ne voit qu’occasionnellement dans notre environnement urbanisé. Ce fut le cas en mi-octobre lorsque je dus interrompre, nature ailée oblige, mon repas du midi. Perchée sur une branche basse de l’érable argenté, il y avait une Grive à dos olive qui prenait une pause… et la pose pour le photographe! Le temps de saisir jumelles et caméra et de lui dire merci pour sa visite, qu’elle s’envolait pour la suite de son périple.

Description 

Une taille de 18 cm, et une posture typique permettent de classer notre oiseau dans le groupe des Turdidés sylvestres. Le dos est de coloration uniforme tirant sur l’olivâtre, d’où sa dénomination. Les taches sombres sur sa poitrine blanc grisâtre et les flancs brunâtres s’ajoutent aux critères d’identification sans être déterminants.

Plus caractéristiques, par contre, sont le cercle oculaire et la ligne qui joint le bec à l’œil, toutes deux de couleur chamois. Ce sont là des indices certains que nous avons affaire à une Grive à dos olive. On note aussi cette même couleur sur la gorge. La face et les joues de cette grive sont presque aussi uniformes en coloration que le dos. Un bec effilé avec une extrémité noire complète le tout.

Habitat et nidification

Grive à dos olive – photo: J. Poitras

La Grive à dos olive préfère les boisés de conifères ou boisés mixtes composés d’arbres matures. Elle s’installe parfois près des sites humides entourés de ces mêmes forêts. Cette propension fait qu’elle niche peu fréquemment dans la région montréalaise étant donné la prédominance des surfaces cultivées, donc peu boisées, qu’on y retrouve.

Le nid est composé d’herbe, de brindilles et de petites branches et est souvent placé dans un petit conifère, sapin ou épinette, ou autre arbuste, et ce à hauteur variable du sol sans préférence marquée.

C’est la femelle qui s’occupe de la construction du nid et qui assure la douzaine de jours que dure  l’incubation. Après l’éclosion, les deux parents se relaient pour nourrir les oisillons avec des petits insectes, des larves et des chenilles.

Comportement et alimentation

Durant la nidification, le mâle défend son territoire contre les autres membres de son espèce. Plutôt discrète, cette grive n’est pas facile à repérer en saison estivale, sinon que par son chant. Ce dernier, une agréable spirale flûtée et ascendante, est surtout entendu à l’aube ou en soirée, et parfois au début de la nuit.

Comme mentionné plus haut, la Grive à dos olive se nourrit d’insectes qu’elle trouve principalement au sol. Sautillant d’une branche basse à l’autre, elle scrute les environs et lorsqu’elle repère une proie, elle saute dessus. On la voit aussi remuer des feuilles mortes pour y débusquer sa pitance. Elle s’alimente aussi au haut des arbres de son territoire, ce qui en fait une alliée utile dans la lutte contre la tordeuse des bourgeons d’épinette. En période migratoire ou dans son aire de résidence hivernale, elle ajoute de petits fruits et des graines à ce régime.

Territoire et migration

C’est un oiseau essentiellement nord-américain en période estivale, bien qu’il soit occasionnellement observé en Europe.

Son aire de nidification couvre l’ensemble des provinces canadiennes d’une ligne au nord partant du Labrador, passant par le sud de la Baie-James et s’incurvant vers le nord pour se terminer au sud de l’Alaska. La limite sud part du nord de la Nouvelle-Angleterre, longe approximativement la frontière Canada-États-Unis jusqu’aux Rocheuses et, de là, s’enfonce vers le sud jusqu’au Nouveau-Mexique et en Californie. Au Canada, elle est absente des Prairie et du sud des provinces centrales, par manque d’habitat approprié.

Elle nous arrive vers la fin d’avril ou au début de mai et entreprend presque aussitôt sa nidification qui est terminée à la fin juin. Son départ s’échelonne du début de septembre jusqu’en octobre ou parfois un peu plus tard si la température y est propice. Elle migre par étapes vers l’Amérique Centrale ou le nord de l’Amérique du Sud.

Dans notre arrondissement, la majorité des observations ont lieu en période migratoire printanière ou automnale. La fréquentation des parcs-nature est à privilégier pour augmenter nos chances de l’apercevoir, bien que, comme mentionné au début, nos cours arrière et jardins peuvent nous réserver des surprises.

(*Relatif à la forêt)

 

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