Depuis quelques semaines, des équipes de la Patrouille bleue sillonnent les rues de l’arrondissement, dépliants en main, pour sensibiliser la population à l’usage écoresponsable de l’eau.

Selon la ville de Montréal, 65 % de la consommation d’eau sur son territoire proviennent des ménages. Chaque individu consomme environ 306 litres d’eau par jour, ce qui dépasse la moyenne provinciale de 245 litres par jour et la moyenne canadienne de 220 litres.
Les vagues de chaleur et les travaux sur l’aqueduc sous l’avenue Atwater accentuent la pression sur la consommation de l’eau.
Une sensibilisation tous azimuts
La Patrouille bleue ne se contente pas de distribuer des dépliants. Pour toucher un public plus large, elle organise diverses activités. Elle adapte ses sorties aux moments où les résidents ont plus de chances d’être chez eux, comme en soirée et durant la fin de semaine.
En effet, les interventions peuvent prendre plusieurs formes, comme les porte-à-porte, les kiosques dans les bibliothèques, la présence dans les parcs et l’organisation d’activités ludiques pour les enfants.
« On essaie de toucher le plus de personnes possible, de tous les âges », souligne Audrey Lasou, chargée de projet en environnement au Regroupement des écoquartiers.
Des gestes simples et efficaces
Ses agents prennent le temps de mener la conversation pour notamment rappeler les règles sur l’arrosage, les piscines et le lavage des surfaces extérieures, tout en prodiguant des conseils pour la maison. Un ensemble de gestes simples qui, adopté par tous, contribuera à l’effort collectif contre le gaspillage de l’eau.
Réduire la durée de la douche, privilégier la douche au bain, fermer le robinet lorsqu’on se brosse les dents, attendre que le lave-vaisselle soit plein avant de le faire fonctionner, à l’intérieur des domiciles.
En ce qui concerne l’arrosage extérieur, la ville a établi des règlements stricts. Tout d’abord, tout système d’arrosage automatisé doit être équipé d’une sonde d’humidité. Les arroseurs amovibles ou automatisés doivent respecter des plages horaires précises : l’arroseur fixe doit fonctionner uniquement entre 20 h et 23 h, tandis que le système automatique peut être activé la nuit, entre 3 h et 6 h, s’il ne pleut pas. L’arrosage manuel est autorisé à tout moment, à condition qu’il ne pleuve pas. Toutefois, le boyau doit être équipé d’un pistolet d’arrosage qui se ferme automatiquement lorsqu’on le relâche.

Des citoyens réceptifs
Une équipe de six agents s’attellent à la tâche. Pour éviter les répétitions, elle note les adresses visitées. Ainsi, une adresse ayant déjà été sensibilisée n’aura pas besoin d’être sollicitée une seconde fois.
Selon Jean-Helena Mantouba, agente de sensibilisation, la clé de cette sensibilisation réside dans les interactions humaines.
« Nous les informons qu’il y a des efforts collectifs à faire en réduisant leur consommation. Dans l’ensemble, tout se passe bien : les gens sont très réceptifs et accueillants », affirme-t-elle.
Des résidents, bienveillants, ont déploré l’usage excessif et souvent inapproprié de l’eau.
« Il y a encore des gens qui arrosent leur gazon [tout le temps] et le trottoir dans Ahuntsic-Cartierville », déplore Isabelle, une résidente de Cartierville.
Lorsqu’il n’y a personne à une adresse donnée, les agents déposent dans la boîte aux lettres le dépliant de la ville intitulé « Ensemble, protégeons notre eau ».
La Patrouille bleue est une initiative environnementale de sensibilisation à la gestion durable et à la préservation de l’eau au Québec, lancée en 2010. Cette année, elle a commencé sa campagne de sensibilisation contre le gaspillage de l’eau le 29 juin à travers dans la ville de Montréal et les villes liées.










