Parmi les lecteurs de cette chronique, plusieurs sont familiers avec cet oiseau de nos bois. Sa propension à descendre les arbres tête première fait vite remarquer la Sitelle à poitrine blanche.
Avec ses 15 cm de longueur, la Sitelle à poitrine blanche (White-breasted Nuthatch / Sitta carolensis) est la plus grande des quatre espèces de la famille des sittidés en Amérique du Nord.

La reconnaître
La Sitelle à poitrine blanche a un dos gris-bleu, des ailes de même couleur, mais dont les plumes sont bordées de blanc, et une queue avec une zone gris-bleu au centre suivie d’une ligne noire et d’une bordure blanche. Comme son nom l’indique, sa poitrine est d’un blanc pur ; le bas de son ventre est roussâtre.
La tête est blanche avec un léger ombrage gris près de l’œil ; on note un dessus de tête et une nuque noirs pour le mâle et d’un gris plus ou moins foncé pour la femelle. C’est la seule caractéristique qui permet de différencier les sexes chez cet oiseau, comme on peut le voir sur les photos ci-jointes, prises en avril dernier au Bois-de-Saraguay. Comme ces deux oiseaux se suivaient dans leurs déplacements, j’en ai déduit qu’il s’agissait d’un couple formé pour une nidification prochaine.
Habitat et comportement
La Sitelle à poitrine blanche habite généralement une forêt dominée par des feuillus, bien qu’on l’ait observée dans des forêts mixtes ou de conifères. Dans nos quartiers urbanisés, il est commun de la voir dans les cours et jardins qui comportent de grands arbres.
Comme mentionné plus haut, cet oiseau arpente les arbres le plus souvent la tête en bas, à la recherche de larves et d’insectes qui composent l’essentiel de son menu en saison estivale.
Son cri le plus commun est un « hank-hank-hank », mais on peut aussi entendre un « tsii-tsii » sifflé surtout en période de nidification.
Nidification
Il semblerait que le couple, une fois formé, dure plusieurs années et même toute la vie des partenaires.
Une cavité dans un tronc ou une grosse branche sert de lieu de nidification. La Sitelle à poitrine blanche ne creuse pas cette cavité ; tout au plus, elle peut l’agrandir selon son besoin. Cette cavité peut parfois être un ancien nid de pic, et elle est souvent utilisée pendant plusieurs années.
Le nid est tapissé d’herbes sèches, d’écorces et de brindilles. Des poils d’animaux font aussi l’affaire. C’est surtout la femelle qui apporte les matériaux. Elle y pond de cinq à huit œufs et en assure seule la couvaison pendant une douzaine de jours. Pendant ce temps, elle est nourrie d’insectes, de larves et d’autres petites bestioles par le mâle, qui assurera aussi l’alimentation des oisillons une fois les œufs éclos.
Les oisillons quittent le nid après deux semaines, et les parents continuent de les nourrir pour les deux ou trois semaines suivantes.
En hiver, la Sitelle à poitrine blanche passe à un régime de graines et de petits fruits. C’est pourquoi sa présence aux mangeoires est fréquente durant la saison froide. On la voit s’emparer d’une graine de tournesol, de courge ou de citrouille, s’envoler vers un arbre où elle coincera avec une patte cette graine contre le tronc, et en fendre l’écale à coups de bec pour se délecter de l’amande.
Territoire
On trouve la Sitelle à poitrine blanche de la côte est de l’Amérique du Nord jusqu’au Pacifique, inclusion faite des provinces maritimes, du sud du Québec et de l’Ontario, et du centre des provinces de l’Ouest jusqu’en Colombie-Britannique. Elle est absente de Terre-Neuve–Labrador, du sommet des Rocheuses et du sud des États-Unis, bien qu’on la retrouve dans les régions montagneuses du Mexique.
Cet oiseau ne migre pas ; il peut toutefois se déplacer sur son territoire en hiver selon la disponibilité de la nourriture. Au Québec, il est surtout abondant dans les basses Laurentides, en Montérégie, dans la plaine sud-ouest du Saint-Laurent et en Outaouais. Cela inclut évidemment la région de Montréal, et les parcs et boisés de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville sont de bons endroits pour l’observer.
La Sitelle à poitrine blanche est considérée comme ayant une aire stable dans le sud du Québec, et ses effectifs seraient en augmentation.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois de juin 2026.











