La STM tient à offrir les mêmes services à ses usagers malgré les demandes de l’ARTM. (Photo : Éloi Fournier – jdv)

La semaine dernière, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a donné ses directives aux diverses sociétés de transport de la région de Montréal. Le plan implique des compressions de près de 400 M$, dont 114 M$ pour la Société de transport de Montréal (STM). Or, celle-ci refuse de diminuer son offre de services. Le cas échéant, les résidants d’Ahuntsic-Cartierville seront-ils affectés?

La COVID-19 a mis à mal les finances de plusieurs sociétés de transport. Au début de la pandémie, les autobus et le métro étaient très peu utilisés. Même actuellement, beaucoup de résidants d’Ahuntsic-Cartierville continuent de travailler à domicile (ndlr: voir dans notre mag papier de septembre, en page 5, «Ahuntsic-Cartierville, toujours en télétravail?»). 

Selon les données fournies par la STM, le taux d’achalandage dans les autobus et le métro montréalais a diminué de 55 % par rapport à l’automne dernier, et ce, malgré le fait que « le niveau de service offert cet automne représente 95 % de l’offre de l’automne dernier », selon Philippe Déry, de l’équipe des relations publiques de la STM. 

Assurer le maintien du service

La société de transport est toujours en négociation avec les divers paliers de gouvernement ainsi qu’avec l’ARTM afin d’assurer le maintien du service comme à l’habitude, que ce soit pour les autobus ou pour le métro. 

« Nous ne souhaitons pas devoir effectuer des coupures de service, qui n’auraient pas de bénéfices financiers de toute façon puisque les emplois concernés sont des postes syndiqués et que les conventions collectives prévoient des clauses de non mise à pied, » explique M. Déry. 

La STM souhaiterait utiliser les surplus mis de côté dans les années antérieures pour les immobilisations afin de couvrir une partie de la somme exigée par l’ARTM, mais cette dernière a refusé la proposition malgré le fait que la Ville de Montréal et le gouvernement provincial aient donné leur accord.

L’ARTM veut éviter de repousser le problème du financement à plus tard en utilisant les surplus. Pour l’Autorité, « recourir aux surplus en évitant de réduire les dépenses courantes mènerait à un choc financier majeur en 2023 », ce qui ne réglerait pas la situation pour autant. 

« Nous allons poursuivre la réflexion, de concert avec la Ville, le gouvernement provincial et l’ARTM, soutient Philippe Déry. Nous sommes néanmoins engagés à protéger le plus possible la qualité du service offert à nos clients. »

L’Autorité régionale, bien qu’elle soit prête à ce que les services de transport en commun soient légèrement diminués dans la métropole, soutient que l’impact sera minime sur les usagers : 

« L’ARTM demande que les services aux usagers demeurent comparables à ceux qui étaient en vigueur en 2019. Les écarts éventuels seront pratiquement imperceptibles pour la clientèle, puisque, à toutes fins utiles, les améliorations prévues pour 2020 n’ont pas été implantées. Pour 2020 et 2021, l’ARTM anticipe un achalandage inférieur de respectivement 45 % et 25 % à celui de 2019. » 

Tout le monde s’entend donc sur le fait que les clients ne doivent pas être les victimes du manque à gagner des sociétés de transport dans la région de Montréal. En raison de la COVID-19, le manque à gagner prévu par l’ARTM est de 870 M$. 

Comment l’ARTM récupérera-t-elle donc cette somme sans toucher aux services aux usagers? Selon l’Autorité, « les compressions peuvent prendre la forme d’annulations ou de reports de projets ou d’achats, de gels d’embauche, de programmes de départs volontaires ou de retraite anticipée, de diminutions de l’offre de service. »

Pas de hausse de prix particulière à prévoir

Carte des zones projetées dans le cadre de la refonte tarifaire (Crédit : ARTM)

Du côté de l’ARTM, on insiste également sur le fait que les possibles compressions budgétaires n’auront pas d’impact sur les tarifs payés par la clientèle utilisant le transport en commun. Il y aura une hausse des tarifs du transport en commun le 1er octobre prochain, mais cette hausse annuelle de 2 % est plutôt en lien avec l’inflation. 

Si la STM tente d’offrir les mêmes services à sa clientèle malgré la COVID-19, l’ARTM planche sur d’autres idées, dont un projet de refonte tarifaire qui est présentement en consultation publique. 

« Dans notre proposition, il n’y aurait plus de titres STM comme on les connaît », explique Simon Charbonneau, conseiller aux affaires publiques et relations médias pour l’ARTM. « Ce serait plutôt un titre Tous modes, qui inclurait le train, le métro, le bus et le REM. L’île de Montréal serait une seule zone et le prix serait 90 $ mensuellement. »

Présentement, il en coûte 86,50 $ aux Montréalais payant le tarif régulier mensuel sur leur carte Opus. Le tarif passera à 88 $ le 1er octobre prochain. 

« Le coût des titres pour le “tous modes” serait effectivement comparable à celui du titre STM au 1er octobre 2020, soutient M. Charbonneau. Il ajouterait des accès au train et au REM et s’appliquerait à l’agglomération de Montréal (qui compte aujourd’hui trois zones). » 

Bien que les banlieues fassent toujours partie de différentes zones selon la nouvelle grille tarifaire de l’ARTM, il serait possible de se procurer un titre Bus partout pour 110 $ par mois afin de circuler librement en autobus sur l’intégralité du territoire de l’ARTM. 

Les consultations publiques à propos du projet de nouvelle grille tarifaire se poursuivent jusqu’à la mi-octobre. Vous pouvez y participer à partir du site Web Repensons la mobilité.

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