Comment parler de patrimoine aux personnes qui n’ont aucune notion, principalement aux enfants ? C’est le pari qu’a pris Marie-Dina Salvione en écrivant son livre « La ville nous parle : petite initiation au patrimoine ».

Cette œuvre illustrée, initialement destinée aux enfants âgés de 6 à 11 ans, a reçu une mention spéciale dans la catégorie « Faire connaître » lors des Grands Prix de l’Opération patrimoine Montréal. Son auteure la considère également comme un livre pour toute la famille.
Titulaire d’un doctorat en architecture et sciences de la ville obtenu à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPLF), Marie-Dina Salvione se passionne depuis plus de 20 ans pour la vulgarisation du patrimoine moderne.
Changer la perception
Experte en patrimoine bâti moderne, Marie-Dina Salvione s’intéresse à la médiation entre les citoyens et les spécialistes. Selon elle, le patrimoine moderne est moins bien connu et moins apprécié que le patrimoine plus ancien. Cependant, son œuvre ne met pas uniquement l’accent sur son domaine d’expertise, mais couvre l’ensemble du patrimoine. Nous les habitons et les apercevons au quotidien sans vraiment les regarder. Avec cet album, elle veut amener la population à savoir regarder.
« Quand on se promène dans un quartier, il faut lever les yeux, regarder au-delà des vitrines de magasins, par exemple. Il y a de magnifiques façades [qu’on ne remarque pas] quand on fait une marche sur une rue qu’on fréquente tous les jours. En faisant cet exercice, on découvrira toujours de nouvelles choses, même sur des bâtiments qu’on pensait identiques » a priori.
Transmettre sans simplifier
Pour la professeure Salvione, le patrimoine ne doit pas être l’apanage de spécialistes. Quand elle décide d’écrire cette œuvre, elle est habitée par le désir de sortir du sentier des spécialistes et de l’amener au niveau des enfants, « car les enfants sont aussi des citoyens à part entière ».
De ce fait, elle collabore avec Laurent Pinabel pour les illustrations. Un exercice qui comprenait un certain défi : choisir les sujets dans « la boîte de pandore » du patrimoine, mettre les mots justes sur des notions qui sont relativement techniques pour faciliter leur compréhension aux enfants et aux familles qui n’ont aucune notion en architecture. « Il fallait dire dans un langage simple et clair, sans être simpliste », souligne-t-elle.
« La ville nous parle »
L’œuvre se veut accessible et ludique. Il s’articule autour de l’architecture de manière interactive entre une grande personne et un enfant, respectivement appelés G (Grand) et P (Petit). Ce dernier nourrit sa curiosité patrimoniale avec des questions que G prend le plaisir de lui expliquer.
« Le livre chemine à travers le dialogue de ces deux personnages pour expliquer ce qu’est le patrimoine »
Qu’il soit matériel ou immatériel, le patrimoine rime avec « un paquet de contraintes ». Or, il ne devrait pas en être ainsi, analyse Marie-Dina Salvione, qui siège au conseil du patrimoine de Montréal à titre de membre suppléante. Elle considère son œuvre comme une porte d’entrée pour expliquer le patrimoine et changer cette connotation.
« Le patrimoine est une richesse collective à laquelle il faut s’intéresser et qu’il faut protéger », conclut-elle.










