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Un OBNL, maître-d'oeuvre du futur développement?

L’avenir du site Louvain réunit plus de 200 citoyens

Publié le 07/09/2017
par Philippe Rachiele

Plus de 200 personnes étaient présentes, à l’Église St-Isaac-Jogues, mercredi soir, pour l’assemblée citoyenne organisée par Solidarité Ahuntsic concernant le redéveloppement du site Louvain, cet immense terrain compris entre les rues St-Hubert et Christophe-Colomb qui appartient déjà à la Ville. Les principaux élus de l’arrondissement étaient présents ainsi que les candidats aux élections du 5 novembre prochain pour faire bonne mesure.

Carte du terrain Louvain à développer entre Christophe-Colomb et St-Hubert (Carte : Google Maps)

Un consensus semblait se dégager des personnes présentes à la rencontre sur le projet de développement du site Louvain. Le développement du site, situé entre les rues Christophe-Colomb et St-Hubert, qui appartient présentement à la Ville de Montréal, d’une superficie de huit terrains de football américain, devra se faire «par et pour» la communauté selon Solidarité Ahuntsic.

Le souhait de l’organisme phare dans Ahuntsic: qu’un OBNL soit créé qui devienne maître d’oeuvre d’un futur chantier pour y construire du logement résidentiel et abordable, des locaux pour les organismes communautaires, une bibliothèque et des locaux commerciaux. Le terrain du site serait tout de même acheté à sa valeur marchande, mais il serait conçu, aménagé et réalisé comme un quartier complet, avec une vision d’ensemble, et en collaboration avec la société civile.

Les citoyens présents à la rencontre du 6 septembre au sujet du site Louvain à l’église Saint-Isaac-Jogue. (Photo: courtoisie Solidarité Ahuntsic)

Carole Brousseau,  organisatrice communautaire à la Direction des services de première ligne du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal a donné le coup d’envoi. Par la suite, Hélène Blanchette, gestionnaire de développement de projets pour Solidarité Ahuntsic et qui travaille à ce dossier depuis des années, a fait un résumé historique du développement  des initiatives communautaires dans Saint-Sulpice depuis les années 50, mentionnant au passage les trois vagues de développement dans le secteur, et plus récemment la Charrette citoyenne de 2012 sur la question, mais qui à ce jour, n’a pas réussi à faire bouger la Ville sur le dossier. Elle y a mentionné, entre autres, le travail de la pionnière du développement coopératif dans Saint-Sulpice, Berthe Louard.

De la visite en provenance des «Shops Angus»

Une fois brossé ce portrait historique, la parole a été donnée à un représentant du développement des Terrains Angus, dans l’Est de Montréal, Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus (SDA) celui que l’on identifie comme le«chef d’orchestre» de ce projet de transformation d’un site industriel en site résidentiel de logements abordables et sociaux et en site commercial.

Tel qu’on peut le lire sur le site Web de la Société Angus:

«La Société de développement Angus (SDA) est une entreprise d’économie sociale fondée en 1995 à la suite de la fermeture des usines Angus dans le quartier Rosemont-La Petite-Patrie à Montréal. Lorsque  la compagnie de Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) ferme définitivement les ateliers Angus (NDLR: communément appelés les «shops Angus» par les ouvriers à l’époque) en 1992, elle met à pied un millier de travailleurs qui habitent dans le quartier Rosemont. Ce site est également usé par 90 ans d’opération industrielle. Il ne reste que quelques bâtiments et un terrain vague, sans aucune infrastructure municipale. Pour ramener l’emploi et la prospérité économique au sein du quartier, la Société de développement Angus, en collaboration avec la communauté locale, développe et met en œuvre un projet mobilisateur et audacieux : le Technopôle Angus. Depuis 2006, alors qu’elle entame actuellement la dernière moitié du développement du Technopôle, la SDA a élargi son territoire d’intervention de revitalisation urbaine durable à d’autres projets innovateurs et secteurs délaissés, toujours guidée par les mêmes motivations.»

M. Yaccarini a expliqué aux citoyens présents que son groupe a converti cinq millions de pieds carrés avec succès, alors que le terrain Louvain en compte un peu moins de un million.

«On s’est d’abord organisés, a-t-il dit, puis on est allés voir les élus.»

Les élus de Rosemont-La-Petite-Patrie étaient, dans l’ensemble, favorables au projet ce qui a, évidemment, donné le carburant nécessaire pour le faire avancer par la SDA.

Christian Yaccarini a mentionné que la SDA a dû négocier avec le CP pour acheter le terrain à un certain prix, mais le projet s’est réalisé par étapes.  Il a expliqué que, selon lui, il était important de garder la main-mise sur le projet, et que le site ne soit pas morcelé pour la vente. Leur groupe avait une vue d’ensemble même si c’était échelonné sur 10 ans. Ils ont aussi songé à en faire un pôle d’emploi, ce qui a également été réalisé. Pour ce qui est des logis, 80% a été consacré à du logement abordable et 20% à du logement social.

Questions de la salle

Différentes questions sont venues de la salle alors qu’un micro mobile était disponible.

Du côté des élus, le conseiller de Saint-Sulpice, Pierre Desrochers,  a déclaré que la Ville et Solidarité Ahuntsic avaient les mêmes objectifs, mais que les moyens pour y arriver pouvaient être différents. Il a signalé qu’il prenait sa retraite, mais qu’il y aurait une continuité en présentant le candidat qui allait se présenter dans le district de Saint-Sulpice. M. Desrochers a déjà laissé entendre que la Ville elle-même pourrait mener à terme ce projet.

À une question de la salle demandant que le terrain du site Louvain soit mis en réserve foncière, Émilie Thuillier, conseillère du district d’Ahuntsic et candidate à la mairie,  a répondu:

«On n’a pas besoin de réserve foncière ici, car le terrain appartient déjà à la Ville. »

Mme Thuillier a déclaré qu’elle s’engageait à parler du projet du site Louvain et du désir des citoyens d’en confier le leadership à un OBNL à la chef de Projet Montréal,Valérie Plante, et que les suites données par son parti, s’il n’en tient qu’à elle, iraient dans le même sens que les buts poursuivis par Solidarité Ahuntsic et le Chantier Habitation.

Appuis

Plusieurs représentants d’organismes communautaires d’Ahuntsic ont aussi dit appuyer la démarche, dont des représentants de Rêvanous, de l’Archipel de l’Avenir et des Habitations Nicolas-Viel.

La Caisse d’Ahuntsic, principal commanditaire de l’événement, était représentée par son directeur, Richard Georges. M. Georges est intervenu en réponse à une question de la salle sur les fonds nécessaires pour réaliser un tel projet qui, a-t-il précisé intéresse l’établissement, et pas seulement pour l’aspect du financement:

«C’est un projet hautement intéressant pour que la Caisse puisse utiliser des fonds qui sont déjà existants pour des projets structurants dans la communauté.»

Et les suites…

Profitant de la campagne électorale qui commencera le 22 septembre, mais qui comme chacun le constate, est déjà bien entamée, le maître d’oeuvre de Solidarité Ahuntsic Azzedine Achour, de son côté, a souligné que depuis que le projet du site Louvain est sur le métier, il y a un manque de continuité dans le travail fait avec les élus pour aboutir à quelque chose de concret, notamment parce que les élus changent d’une élection à l’autre.

«On a besoin d’un coup de main de la part des élus et des candidats en cette période électorale qui commence», a-il toutefois glissé.

Et pour conclure, l’économiste en lui a fait preuve d’un peu de lyrisme de bon aloi:

«Ce soir, l’histoire est en train de renaître! », a-t-il lancé, faisant sans doute allusion à Berthe Louard, qui, de son vivant, et en son temps, a bien mis la table communautaire dans Saint-Sulpice et a contribué à aider les citoyens du secteur à accéder à la propriété dans le Domaine, notamment.

 

Avec la collaboration de Christiane Dupont.