Centre communautaire Ahuntsic
Le Centre communautaire Ahuntsic, ancienne école Madame de la Peltrie. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

L’intention de vendre des écoles inutilisées oblige plus que jamais l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville à trouver une solution pour loger les organismes communautaires d’Ahuntsic à plus ou moins moyen terme.

Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) veut se départir de ce qu’il appelle ses bâtiments excédentaires. Lapresse.ca rapportait, le 21 novembre, que sept immeubles étaient visés dans la métropole pour une valeur totale de près de 28 M$.

Déjà, en juin, journaldesvoisins.com apprenait que le CSSDM avait l’intention d’aliéner – vendre dans un langage plus simple – le centre communautaire Ahuntsic.

Ce bâtiment qui abrite une douzaine d’organismes depuis 1999 est l’ancienne école Madame de la Peltrie, au 10780, rue Laverdure. C’est une sorte de guichet unique ouvert pour aider les personnes en difficulté, les immigrants ou les réfugiés.

Cette vente éventuelle vient accentuer la crise que vit le milieu communautaire depuis quelques années.

Pour rappel, le centre communautaire Ahuntsic est l’objet d’une négociation permanente entre les organismes et le CSSDM.

Actuellement, le propriétaire exige un loyer annuel de 500 000 $. En 2021, il réclamait déjà 320 728 $ de loyer impayé. Cette hausse de 200 % met les organismes sous pression.

La solution préconisée depuis quelques années pour assurer un abri pérenne aux organismes serait la conversion des anciens bureaux de la direction des approvisionnements de la Ville aujourd’hui vides et situés au 9515, rue Saint-Hubert, attenants à la cour de voirie rue Louvain Est.

Centre communautaire 9515 St-Hubert
Le 9515, rue Saint-Hubert, près du site Louvain Est. (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

Un audit a été effectué pour évaluer les travaux de mise aux normes nécessaires pour l’offrir au milieu communautaire.

« C’est vraiment l’objectif sur lequel l’arrondissement travaille. Mais il faut un montage financier. C’est ce qu’on est en train de voir », a indiqué Emilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville.

Le premier chiffre avancé il y a quelques temps pour ces travaux était de 28 M$. Cela représente une somme colossale que ni l’arrondissement ni la Ville – et encore moins le milieu communautaire – ne peut mobiliser.

En 2013, l’arrondissement avait été confronté à une situation tout autant problématique alors qu’une quinzaine d’organismes devaient sortir de l’école Victor-Doré à Cartierville, que la défunte Commission scolaire de Montréal avait décidé de récupérer.

L’arrondissement a dû délier les cordons de la bourse pour louer des espaces au 1405, boulevard Henri-Bourassa Ouest à partir de 2013 avant de pouvoir réaménager le Centre d’hébergement des Sœurs de la providence devenu le Centre culturel et communautaire de Cartierville.

Pourquoi vendre?

Il faut savoir que le CSSDM est financé pour sa mission, c’est-à-dire l’enseignement. Ses bâtiments, qui ne sont pas utilisés pour des écoles, génèrent de l’argent seulement par leurs locations.

Sinon, il faudrait financer l’entretien de ces édifices sur le budget destiné à l’éducation.

« Nous sommes bien évidemment très sensibles aux organismes communautaires locataires, des partenaires de proximité dont la mission est complémentaire à la nôtre, et conscients des enjeux auxquels ils doivent faire face. Cependant, cette collaboration ne doit pas se faire au détriment de notre mission première qu’est la réussite des élèves », indique Alain Perron, responsable des relations de presse au CSSDM, dans un échange de courriels.

Si un bâtiment inutilisé comme établissement scolaire peut servir la mission, le CSSDM peut aller chercher un financement, notamment pour sa requalification et son « retour à la vocation scolaire ».

Si après analyse et bilan de l’édifice il s’avère qu’il ne peut être repris, ou qu’il ne comble pas les besoins du CSSDM ou du ministère de l’Éducation, sa vente est envisagée.

Il est intéressant d’observer que selon les projections du CSSDM, la demande pour des places dans les écoles primaires est en baisse jusqu’en 2025 à Ahuntsic-Cartierville. Une légère hausse est observée pour la demande dans les écoles secondaires jusqu’en 2024, puis s’amorce aussi une diminution de la demande. Vendre ces bâtiments, souvent vétustes, perclus d’amiante ou de moisissures, apparaît comme la solution la plus adéquate.

Le CSSDM semble avancer résolument dans ce sens. Il a invité le 11 novembre des élus et des fonctionnaires municipaux, mais aussi des députés, pour présenter comment fonctionne le processus d’aliénation des bâtiments. La mairesse Emilie Thuillier était présente à cette réunion.

« Ce qu’on a compris, c’est que notamment les organismes communautaires, donc déjà présents dans les bâtiments, peuvent négocier de gré à gré avec le CSSDM », observe Mme Thuillier.

Offrir l’établissement au milieu communautaire n’est donc pas exclu.

« Par exemple, le CSSDM pourrait céder gratuitement un de ses bâtiments à des fins sociales et l’organisme en question sera ensuite responsable d’assumer les frais liés à l’entretien du bâtiment. Cependant, nous devons nous conformer aux processus administratifs et aux règles établies par le gouvernement », indique M. Perron dans un long courriel.

Processus de vente des bâtiments excédentaires Éducation
Schéma du processus de vente des bâtiments excédentaires. (Courtoisie : CSSDM)

Une décision politique

Cette éventualité est donc liée à des décisions qui dépassent le CSSDM, l’arrondissement ou la Ville.

Mme Thuillier plaide pour une vision plus large qui inclut l’élève dans son environnement pour appuyer cette démarche.

« On souhaite changer les données de base. On souhaite que le gouvernement regarde la réussite scolaire dans son entièreté », souligne-t-elle. Une résolution a été votée en ce sens au dernier conseil municipal.

Pour les élus municipaux, il est difficile de favoriser la réussite scolaire des enfants dans des familles vulnérables qui ne mangent pas à leur faim, ou vivant des problèmes sociaux. Nul besoin de rappeler que les organismes communautaires jouent un rôle de premier plan quand il faut faire face à ces situations difficiles.

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