Le Centre François-Michelle, une école pas comme les autres

Les élèves ont participé au défi sportif Altergo. Photo : Courtoisie CFM

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Le Centre François-Michelle (CFM) a été créé dans un sous-sol d’église, il y a plus de 60 ans, par des mères dont les enfants vivaient avec une déficience intellectuelle occasionnant des besoins particuliers. Il a pris de l’expansion jusqu’à devenir une école privée spécialisée reconnue en 1968.

À l’époque de sa création, il n’y avait pas de services scolaires à l’intention de ces enfants, indique Denis Ménard, directeur général du centre. « Les religieuses prenaient les enfants en charge, dit-il en entrevue avec le Journal des voisins(JDV), mais, la plupart du temps, il s’agissait de soutien alimentaire et de soins de base. La scolarisation n’était pas une priorité. »

Les enfants apprennent à se débrouiller en cuisine. Phot : Courtoisie CFM

La seule au Québec

Le centre est conçu pour accueillir les enfants de 4 à 21 ans avec une déficience intellectuelle légère et des troubles associés, comme la trisomie 21 ou le spectre de l’autisme. Environ 350 élèves, venant de partout autour de Montréal, ont droit à la formation offerte par la seule école privée du genre au Québec.

Certains élèves font tout leur parcours scolaire au centre, tandis que d’autres y arrivent après avoir tenté une intégration qui n’a pas fonctionné dans une classe ordinaire. « Lorsqu’ils sont réunis tous ensemble, il n’y a plus de différence. Ce qui est beau à voir, c’est que, pour certains, c’est la première fois de leur vie qu’ils peuvent faire partie d’une équipe sportive ou assister à une fête d’enfants », souligne le directeur.

Les services

Grâce à une entente avec les centres de services scolaires, 95 % des élèves sont recommandés, et il n’est pas plus cher pour un parent d’envoyer son enfant au CFM que dans une école publique. Les enfants du cycle primaire sont logés sur la rue Meunier, et ceux du niveau secondaire, sur la rue Clark.

Le regroupement des services d’ergothérapie, de psychologie et d’orthophonie, ainsi que des techniciens en éducation spécialisée permet à l’ensemble des intervenants de suivre l’enfant tout au long de son cheminement, ce qui est un avantage certain.

L’enseignement donné au centre est celui du programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), mais adapté selon les capacités des élèves. « Un enfant qui termine son parcours chez nous a l’équivalent d’une 6e année au maximum », explique M. Ménard.

La formation sur un plateau de travail. Photo : Courtoisie CFM

Après le secondaire 2, les étudiants passent au niveau suivant, qui consiste en une formation préparatoire au travail. Pendant cinq ans, ils sont accompagnés dans des stages internes sur les plateaux de formation de l’école. Ils apprennent entre autres le travail en cuisine et le service en salle. Ils confectionnent les repas le matin pour les élèves qui vont venir manger le midi, et les lunchs pour les élèves du primaire. Il y a plusieurs autres formations offertes, notamment en reprographie, en manutention et en emballage de jeux de société pour le compte d’entreprises. C’est un premier apprentissage du monde du travail.

Plus les étudiants avancent, plus ils font des stages externes supervisés dans les entreprises partenaires. La dernière année, ils sont seulement une journée par semaine au centre, et quatre jours en entreprise.

L’objectif est de les rendre autonomes, pour qu’ils puissent faire des choix. « On les accompagne dans le but de leur offrir une vie sociale active et pour qu’ils aient une vie autonome en appartement. On met d’ailleurs sur pied un appartement d’apprentissage », souligne avec enthousiasme le directeur. Des activités avec le milieu et avec les écoles de quartier font aussi partie des choses qui sont faites pour faciliter l’adaptation des enfants, en plus de favoriser la compréhension des enfants neurotypiques par rapport aux enfants différents.

Ménard ajoute que, tout bientôt, une formation aux employeurs sera offerte afin d’accueillir ces jeunes dans leur entreprise et de simplifier leur intégration. « Nous avons une préoccupation plus grande que juste l’école ; nous voulons les outiller pour l’après. Il ne faut pas attendre 21 ans pour les intégrer à la société; cela se fait petit à petit », conclut le directeur.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’août 2026.

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