Un dindon sauvage dans Ahuntsic (Photo: Claude Villemure) La photo de la une est de Danielle Daigneault.

Voilà un autre cas où l’actualité impose ses choix. En 2018, le JDV a publié une première capsule ornithologique sur le dindon sauvage, lequel avait commencé à faire son apparition en ville, dont ici à Ahuntsic-Cartierville. Depuis, notre média a reçu plusieurs photos de dindons sauvages prises par des résidants du territoire, alors que les volatiles en question squattaient leur rue ou leur terrain, ou croisaient leur chemin quelque part dans l’arrondissement. Nous vous présentons quelques unes de ces photos aujourd’hui alors que nous publions de nouveau cette capsule écrite par notre expert ornithologue, Jean Poitras. (La rédaction)

(Photo: Marianne Rouette)

Plusieurs observations ont été récemment rapportées sur l’Île de Montréal. Les plaisantins vous diront que les coyotes ont apporté leur nourriture avec eux, mais le fait demeure que ces deux animaux sont en expansion sous nos latitudes.

Le dindon sauvage est l’ancêtre des dindes domestiques, ayant été rapporté d’Amérique par les jésuites espagnols qui, ayant vu les indigènes du Mexique s’en délecter ont cru, avec raison, que cet oiseau ferait une bonne addition à ceux de la basse-cour européenne.

Son nom dérive de poule d’Inde ou coq d’Inde, car Christophe Colomb croyait avoir abouti en Inde. (De même le maïs est appelé blé d’Inde). Son nom anglais est un diminutif de Turkey Hen ayant été confondu avec le Faisan de Colchide originaire de l’Asie Mineure qui, incidemment, fait partie de la même famille animale, les phasianidés.

La deuxième partie du nom latin fait référence aux gallinacés (poules) gallo, et au paon pavo, puisque les mâles de ces deux espèces font la roue avec leur queue pour séduire les femelles.

Photo: Élaine Bissonnette

Trêve d’étymologie, voyons à quoi ressemble ce dindon sauvage.

Description

Impossible de le confondre, c’est le plus gros des oiseaux sauvages de sa famille.

Le mâle mesure 1,15 m, a une tête déplumée rouge avec une excroissance de peau sous le menton et une autre à la base de la mandibule supérieure. Le corps trapu nous montre un plumage iridescent aux teintes vertes et cuivrées. Les ailes sont rayées de blanc et la queue est roussâtre. De plus, surtout en période nuptiale, il possède une grande plume qui lui pend de la poitrine. Les pattes sont osseuses comme ceux des poulets.

La femelle est plus petite (1 m) et sa tête plutôt grise. Elle n’a pas les appendices rouges de son congénère. La grande plume poitrinaire du mâle ne se retrouve pas chez la femelle.

Comportement

Photo: JDV Philippe Rachiele.

Le dindon sauvage passe le plus clair du temps au sol, à picorer ici et là les graines, petits fruits, noix, glands et insectes. Il préfère les milieux semi-forestiers, les pâturages et les champs de maïs (!) où il peut trouver pitance. Le soir, il se perche dans un arbre mature, surtout un gros conifère en hiver.

Bien que d’allure pataude, il a un vol puissant, mais plutôt bref. Le cri du mâle, un « glou-glou-glou » caractéristique et puissant, peut s’entendre à plus d’un kilomètre de distance.

La femelle construit son nid au sol, souvent dans un endroit abrité, sous un tronc d’arbre renversé ou dans un buisson et généralement près d’une éclaircie dans le couvert boisé. Ce nid est une dépression tapissée de feuilles où elle pond et couve une douzaine d’œufs. (Non, les petits malins, ils ne sont pas emballés dans un contenant en carton!).

Les dindonneaux quittent le nid peu de temps après l’éclosion et ont une croissance rapide. Après à peine trois semaines, ils dorment dans les arbres comme leurs parents.

Répartition

Chassé intensivement en Nouvelle-Angleterre depuis le début de la colonisation, tradition de la dinde à la Thanksgiving (Action de grâce) oblige, il avait presque disparu de ces régions. Le défrichement et la déforestation ont aussi été des facteurs de déclin. Il y fut réintroduit et a établi des populations viables et en expansion.

Presque absent du territoire québécois avant les années 1970, les premières mentions datent de 1976, le dindon sauvage est depuis ce temps en croissance rapide dans le sud de la province, surtout en Montérégie, en Outaouais, et en Chaudière-Appalaches.

Et il lui arrive de faire un tour en ville, tel que rapporté ces dernières années par des observateurs étonnés.

En Amérique du Nord, on le retrouve maintenant dans la majorité des états américains, sauf ceux des Rocheuses, comme le Colorado.

Au Canada, outre le sud du Québec, on peut l’observer dans le sud de l’Ontario et du Manitoba.

Cette capsule ornithologique a été publiée pour la première fois dans notre mag papier de l’été 2018, sous le titre «Le dindon sauvage arrive en ville!»

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Claudette
Claudette
1 Mois

Coyotes, dindons sauvages, on s’est installé sur leur territoire alors çà serait plutôt à eux à vouloir qu’on déguerpisse. L’étalement urbain, cancer de l’environnement.

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