Notez l’éperon de la patte au centre de la photo. (Photo: J. Poitras)

 

Plectrophane des neiges – photo: J. Poitras

(Snow Bunting)                               (Plectrophanus nivalis)

Les Plectrophanes tirent leur nom du grec plektron qui signifie pointe ou éperon. Ce nom leur a été donné au XIXe siècle à cause de l’ongle allongé en éperon, sur leur pouce, c’est-à-dire le doigt qui se trouve à l’arrière des autres.

L’espèce Plectrophane des neiges porte comme deuxième nom une indication de la saison où l’on peut l’observer chez nous. Car c’est un autre visiteur hivernal qui nous vient du nord où il niche et passe ses étés.

Description

C’est un oiseau de 15 à 18 cm de long, donc un peu plus gros que le Moineau domestique. Le plumage du Plectrophane des neiges varie beaucoup selon la saison. En période nuptiale, le mâle est blanc avec le dos, le bout des ailes et la queue noirs. La femelle possède un plumage similaire, mais les zones foncées sont striées de blanc, ce qui leur donne une apparence grise. Leur tête est plutôt grisâtre que blanche.

En hiver, donc quand nous pouvons les observer sans prendre l’avion pour l’Arctique, c’est beaucoup plus varié. On y voit des zones de brun roux sur la tête, la nuque, le bas du dos et les flancs. Et encore, la coloration est différente s’il s’agit d’un mâle adulte, d’un mâle de premier hiver, ou d’une femelle. Leur bec foncé en été devient orangé en hiver.

Habitat et nidification :

C’est un oiseau qui niche dans la toundra arctique, donc sur le sol, sur la paroi des escarpements ou sur des rives rocailleuses, parfois dans un buisson bas. Il préfère les anfractuosités rocheuses, profondes si possible, qui lui conféreront une protection contre les prédateurs, renards, harfangs, labbes ou goélands.

Le nid, confectionné par la femelle, est tapissé de mousses, de poils, et d’herbes. Elle y pond de quatre à sept œufs qu’elle couve seule pendant une douzaine de jours. Le mâle s’occupe de la nourrir pendant ce temps. Les oisillons demeureront au nid une quinzaine de jours après l’éclosion, après quoi ils seront en mesure de voler.

La nourriture du Plectrophane des neiges se compose d’insectes, de larves, de petits invertébrés et aussi de graines glanées ci et là.

Migration et territoire

C’est le plus nordique des oiseaux nicheurs du Québec. Son territoire de nidification s’étend de la Baie d’Ungava, en passant par les côtes du Groenland, les îles de l’Arctique canadien, (Ellesmere, Baffin, Devon, etc.), une partie du Nunavut et de l’Alaska.

Le mâle y arrive en avril pour pouvoir s’accaparer des meilleurs sites de nidification et chacun défendra son choix avec opiniâtreté. Il se met à chanter pour proclamer sa suzeraineté sur son fief et y attirer une femelle qui inspectera les lieux avant d’acquiescer aux demandes du prétendant. Le chant serait une sorte de « Tzwii – tzwii – chu – wee – tu – wii » rauque. Les femelles arrivent généralement en mai, plusieurs semaines après les mâles.

La nidification a lieu entre mai et septembre. Entre septembre et novembre, les Plectrophanes des neiges entreprennent leur périple vers le sud pour passer l’hiver dans une zone située entre une ligne partant de Terre-Neuve, et passant par le tiers sud du Québec, la moitié sud de l’Ontario, des provinces des Prairies, et de la Colombie-Britannique.

La frontière sud de ce territoire hivernal part de la Baie de Chesapeake et traverse l’Ohio, le Nebraska, et l’Idaho avant d’aboutir sur la côte du Pacifique au niveau de l’état de Washington.

Le Plectrophane des neiges est grégaire en périodes migratoire et hivernale. On en voit des bandes pouvant aller d’une douzaine  jusqu’à une centaine d’individus, parfois en compagnie de Plectrophanes lapons, une espèce cousine.

On le trouve surtout dans les champs, friches et autres terres agricoles ouvertes, sur le bord des routes et parfois près des habitations si celles-ci sont situées dans le type d’habitat décrit plus haut. Ils s’alimentent de graines  des plantes qui dépassent de la neige. On les voit parfois aux mangeoires.

C’est un oiseau résistant au froid et les températures de -30°C ~ -40°C ne lui font pas peur. Le soir venu, il s’enterre dans la neige pour s’isoler du froid et conserver un peu de chaleur à l’abri du vent.

De nombreuses observations ont été rapportées sur le territoire montréalais au cours des ans. On a peu de données sur l’état de sa population étant donné son territoire de nidification difficile d’accès et de l’imprécision des données fragmentaires fournies par les observations hivernales telles que les recensements de Noël.

(Photo: J. Poitras)

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