Pluvier kildir (1)
Le Pluvier kildir (Photo : Jean Poitras, JDV)
Le Pluvier kildir – photo: J.Poitras

(Kildeer)              (Charadrius vociferus)

Vous déambulez paisiblement en savourant une belle journée de printemps, quand soudain un fort cri perçant vient interrompre vos pensées. « Killdîîîî-kildîîî-killdîîî! ». Voilà, le Pluvier kildir vient de s’inviter dans votre quiétude. On ne l’a pas nommé « vociferus » en latin sans raison!

Description

C’est le plus gros de nos Pluviers qui ont une bande noire sur la poitrine; en fait c’est le seul qui en a deux. Son dos est brun tout comme ses ailes, mais l’extrémité de celles-ci est de teinte plus foncée presque noire. Il a le dessus de la tête d’un brun similaire au dos, un front barré d’une bande blanche surmontée d’une bande noire. Un cercle blanc qui se prolonge en sourcil encadre son œil brun-rouge.

La gorge, la poitrine et le ventre sont blancs, et, comme mentionné plus haut, deux larges bandes noires lui rayent le pectoral, la première remontant jusqu’à la nuque. En vol, ou lorsqu’il étale la queue, on remarque de plus une coloration rousse prononcée sur le croupion.

Le Pluvier kildir peut se confondre dans son environnement – photo: J. Poitras

Nidification et comportement

Il est commun dans les espaces ouverts comme les champs, prairies, pelouses et même dans la partie gazonnée des aéroports. Il niche à même le sol généralement  dans un endroit graveleux et dégarni de végétation haute. Le nid est une légère dépression, le Pluvier kildir se contentant de déplacer quelques cailloux ou mottes de terre pour dégager le site. Les deux adultes le tapissent d’herbe, de copeaux ou autre matériaux qu’ils trouvent dans l’environnement immédiat. La femelle y pond de trois à cinq œufs tachetés qui se confondent aux matériaux du nid, et en assure le camouflage. En fait, vous pourriez passer à côté du nid sans le remarquer.

Par contre, si un prédateur ou un humain s’approche du nid, le Pluvier kildir fait son grand cinéma.

Il feint d’avoir l’aile ou la patte brisée et s’éloigne du nid en sautillant et piaulant, attirant ainsi le prédateur au loin et il ne s’envole que lorsqu’il est sur le point de se faire rattraper. Tous ceux qui ont déjà observé ce comportement, savent comment il excelle à ce jeu.

Peu de temps après l’éclosion, les oisillons quittent le nid sous la bonne garde des parents. Il semble que les parents ne nourrissent pas ou très peu leurs oisillons. Ils se contentent de les amener dans des endroits où la nourriture est abondante. Celle-ci se compose essentiellement d’insectes, de larves et de vers.

Territoire et migration

Au Canada, le Pluvier kildir niche au sud d’une ligne qui part de la Haute Côte-Nord au Québec, passe sous la Baie d’Hudson et longe les frontières nord de l’Ontario, des provinces des prairies et de l’ouest. Aux États-Unis, il est présent dans tous les états continentaux, bien que, pour l’Alaska, ce ne soit que sur la bande côtière jouxtant la Colombie-Britannique et le Yukon. On le retrouve aussi au Mexique.

Les mâles arrivent les premiers, en avril, ou en fin du mois de mars si la température le permet. Aussitôt, ils  cherchent à s’accaparer d’un territoire de nidification et en chasse tout autre congénère, parfois même des femelles. Si une de ces dernières se montre persistante, il l’acceptera comme partenaire et les deux chasseront les intrus avec force vociférations, vous vous en doutez bien. La nidification commence assez tôt en avril et il est fréquent qu’il y ait deux couvées par saison.

Les oisillons sont prêts à voler une trentaine de jours après l’éclosion et tout ce beau monde nous quitte en septembre ou début octobre quand les insectes se font plus rares.

Les Pluviers kildir passent l’hiver dans les états du sud des États-Unis, en Amérique Centrale et jusqu’en Amérique du Sud. Lors de la migration, ils se déplacent en petits groupes, parfois en compagnie d’autres espèces de limicoles.

Au Québec, on le retrouve en plus grand nombre dans les vallées du Saint-Laurent, de l’Outaouais et du Saguenay, là où les activités humaines ont créé des habitats propices à sa nidification. La région de Montréal et donc notre arrondissement en font partie, et il y est observé à tous les ans. L’auteur de ces lignes en a déjà vu un couple qui nichait dans les plates-bandes de pensées du Jardin Botanique de Montréal; voilà qui aurait certainement fait plaisir au grand naturaliste qu’était le Frère Marie-Victorin!

 

 

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