Bernache au parc Ahuntsic (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Depuis quelques années, des groupes de Bernaches sont de plus en plus nombreux dans les parcs de l’arrondissement. Leurs excréments représentent un gros problème.

Bernaches sur le terrain de l’école Sophie-Barat (Photo: jdv P. Rachiele)

L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville est situé au cœur de la zone de reproduction de la Bernache du Canada, tout comme de nombreuses municipalités québécoises, surtout celles situées près des cours d’eau ou des lacs. Les Bernaches prolifèrent de plus en plus en milieu urbain, où elles n’ont pas de prédateur et où la chasse est interdite, comme c’est le cas à Montréal. Les pelouses bien entretenues des parcs publics sont de vrais garde-manger pour elles.

Journaldesvoisins.com a déjà abordé la question en 2016. La prolifération des Bernaches s’est spectaculairement intensifiée depuis.

Déjections de Bernaches au parc Stanley (Photo: jdv P. Rachiele)

En milieu urbain, le phénomène, relativement récent, crée des problèmes, car une Bernache adulte produit jusqu’à un kilo de déjections par jour. Des citoyens se plaignent de pelouses complètement couvertes.

« Toute la surface gazonnée et les sentiers sont couverts d’excréments. Certains parcs vont devenir insalubres ou délaissés par leurs utilisateurs », constate Sylvain Bruneau dans un courriel au journaldesvoisins.com datant de la mi-août.

Les parcs les plus touchés sont Notre-Dame-de-la-Merci, l’Île-de-la-Visitation, Nicolas-Viel, Raimbault, Saint-Paul-de-la-Croix et Ahuntsic, où il y a un étang. Ce sont donc des parcs très fréquentés.

Bar ouvert

« On a beaucoup de végétation dans nos parcs, dont elles raffolent, affirme Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Les Bernaches prolifèrent de plus en plus ces dernières années et, en plus, elles deviennent agressives. Surtout quand les gens refusent de les nourrir. Or, beaucoup de citoyens nourrissent encore les animaux sauvages, dont les Bernaches, alors qu’on apprend dès l’école élémentaire qu’il faut éviter de le faire. »

Devrait-on installer des pancartes incitant les gens à ne pas nourrir les bernaches? Mme Thuillier y songe, mais considère cette solution plus ou moins efficace. Car certains citoyens s’entêtent à nourrir les animaux sauvages.

D’autre part, elle explique que les coyotes ne sont apparemment pas des prédateurs pour la Bernache :

« Je vous le dis parce qu’un citoyen m’a suggéré d’en relâcher quelques-uns sur notre territoire, dit-elle. Ça ne marchera pas. »

Par contre, la mairesse fait un lien entre les Bernaches et les coyotes, dont la prolifération récente dans le nord de la métropole a tourné en crise pendant quelques années, jusqu’en 2019.

« Montréal n’a pas de service de la faune, mais la métropole a des employés dans ce domaine, dit-elle. Je suis d’ailleurs responsable du dossier des coyotes pour Montréal et j’aimerais l’être pour les Bernaches. En fait, j’ai fait plusieurs démarches auprès de la Ville-centre pour contrôler leur prolifération. »

Il existe plusieurs techniques dans le domaine, mais leur efficacité est variable. L’effarouchement, en lâchant des chiens entraînés à les poursuivre sans les tuer, ne fonctionnerait pas en ville, où on ne fait que déplacer le problème. Évidemment, la pyrotechnie, largement utilisée en milieu agricole, est hors de question en milieu urbain.

« Un moyen plus efficace de limiter leur reproduction est d’enduire leurs œufs d’huile naturelle, pendant l’été et à l’automne, ce qui empêche leur éclosion », explique Marie-Ève Castonguay, propriétaire du Groupe Fortin-Prévost, une entreprise spécialisée dans la gestion de la faune, qui travaille avec plusieurs municipalités pour contrôler les Bernaches. Lorsque les œufs n’éclosent pas, les parents se dispersent, dit-elle. Mais, pour procéder de la sorte, il faut convaincre le Service canadien de la faune, qui délivre un permis en conséquence. Un fait demeure, quand les Bernaches sont installées à un endroit, c’est pratiquement impossible de toutes les déloger. »

Les agents fédéraux sont donc les seuls à donner leur accord, mais Ottawa ne bouge pas rapidement dans ce dossier, reprend Émilie Thuillier, qui va demander l’intervention prochaine de la députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly.

Priée de commenter le dossier, Mme Joly n’a jamais retourné nos multiples appels.

Un oiseau emblématique

La Bernache du Canada, qu’on appelle aussi Outarde, est un oiseau migrateur apparenté à l’Oie. On la reconnaît pour son fameux vol en V.

C’est un animal social : elle vit et se déplace en groupe. Elle mesure entre 127 et 185 centimètres d’envergure et pèse entre 2,6 et 6,5 kilogrammes. C’est le plus gros oiseau de son espèce.

Elle passe l’hiver dans le sud des États-Unis et sa zone de reproduction, en été, s’étend des États du nord des États-Unis jusqu’au Grand nord du Canada. Plusieurs groupes de Bernaches ne passeront que quelques mois au sud, au plus fort de l’hiver, et reviennent chez nous. La saison de nidification s’est ainsi grandement étirée avec les années. Beaucoup de Bernaches américaines se mêlent aux canadiennes et s’installent également chez nous pour l’été.

La Bernache construit son nid près de l’eau et passe autant de temps sinon plus sur la terre ferme à nourrir ses oisillons. Elle consomme des plantes poussant près du rivage et, surtout, des graminées, comme du gazon. Elles adorent les pelouses bien entretenues…

Un couple de Bernaches a en moyenne six oisillons par année. Elles doivent se fixer dans un territoire hospitalier durant plusieurs semaines au moment de leur mue annuelle (elles remplacent leurs plumes), accompagnés de leurs jeunes oisillons… ce qui augmente les problèmes de cohabitation avec les humains.

Les Bernaches du Canada ont été réintroduites au Canada au milieu des années 1970, pour mousser la chasse et orner les parcs. De 2005 à 2018, le nombre de couples de Bernaches est passé de 6000 à 15 000 dans le sud du Québec. Aujourd’hui, c’est une espèce protégée.

Bernaches en vol (Photo: jdv P. Rachiele)

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6 commentaires
  1. Je ne trouve pas que les bernaches sont un problème pour l’homme , mais l’homme lui-même est le gros problème en voulant tout contrôler e la nature jusqu’à chasser ces animaux qui ont leurs places à juste titre dans les parcs et au bord de l’eau. Laissons-les nicher et se promener. Et si les excréments rebutent les gens, avez-vous penser à toutes les ordures que l’humain fait en quantité gigantesque au prix de la détruire notre nature. Et que je ne vois pas des chiens entraînés à détruire leur passage ou des gens couvrir les oeufs de substance pour les détruire car je considère que c’est l’emprisonnement et les grosses amendes que ces gens mériteraient. Quant au fait de les nourrir, on devrait réellement empêcher les gens de le faire et en plus avec du pain comme j’ai vu souvent, cela les rend malade et leur donne des diarrhées, d’où les excréments en plus grande abondance. Les animaux comme les humains ont tous leur place sur cette terre., les bernaches aussi

    1. Ce sont de très beaux oiseaux, et je les salue quand je passe près d’eux en veillant à leur montrer que je n’ai aucune animosité à leur égard! Nous, les humains, polluons bien plus la nature qu’elles ne peuvent le faire. Bravo pour votre commentaire.

  2. Franchement, combien de kilo de déjections on en produit par jour, hein? On cause assez de trouble à l’environnement çà fait qu’on fiche donc la paix aux bernaches!

  3. J’appuie à 100% les commentaires précédents. Entre contourner des déjections d’oiseaux ou contourner des déchets polluants ( masques, bouteilles, canettes, styromousse, plastique etc..), je préfère la première option.
    Occupons nous de nos déchets. La nature, elle s’occupe très bien du reste.

  4. Oui, certainement, ce sont de très beaux oiseaux, majestueux, gracieux et nous aimons les observer. Mais, je trouve que les bernaches posent un problème au Parc St-Paul-de-la-Croix et ce, surtout aujourd’hui, lundi, le 5 octobre 2020. Elles étaient des centaines à picorer le terrain près de la rue Sauriol, ce matin. Le hic, c’est que devant ce parc, il y a l’école Louis-Colin où les élèves doivent prendre
    la récréation par classes-bulles parce que nous sommes trop nombreux (plus de 600 élèves) et surtout pour respecter la distanciation sociale. Juste pour se rendre au parc, c’était jonché de multiples excréments. Ceux-ci contiennent des bactéries et peuvent aussi véhiculer des virus… La solution trouvée, c’est que les enfants n’iront plus au parc et devront faire une récréation sur deux, en classe, l’autre récréation se fera dans la cour en alternance avec un autre degré. En ce moment, les bernaches sont un vrai fléau, car elles empêchent les enfants de prendre l’air et de jouer au parc. Ici, les oiseaux prennent le dessus sur les enfants et les enseignant(e)s… Nos efforts sont immenses pour respecter les règles de la santé publique. Mais là, ça dépasse les limites. Nous ne voudrions pas que les élèves soient contaminés et deviennent malades. Il va sans dire que les bernaches sont une véritable nuisance. Elles sont bien belles, mais la santé des enfants est prioritaire. C’est une question de bon sens!

    1. Pauvres enfants, ils font bien pitié mais on est, ou on sera TOUS contaminés par la Covid à plus ou moins brève échéance, et c’est très probablement à cause de l’incurie des humains alors, s.v.p., ne commencez pas à vouloir massacrer des animaux innocents parce qu’ils n’ont pas à payer pour notre imbécilité.

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