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Le Viréo aux yeux rouges, un chanteur infatigable

Publié le 09/06/2019
par Jean Poitras

Viréo aux yeux rouges et son lunch – photo: J. Poitras

(Red-eyed Vireo)           (Vireo olivaceus)

Tous les ornithologues vous le diront; cet oiseau n’est pas facile à observer. Il a l’habitude de se tenir dans la partie supérieure des arbres où sa teinte verdâtre lui procure un bon camouflage dans les feuilles. Comme le mâle est un chanteur infatigable, on l’entend plus souvent qu’on ne le voit.

Description

Viréo aux yeux rouges – photo: J. Poitras

Le Viréo aux yeux rouges mesure environ 15 cm. Le dessus de sa tête est gris-bleu et est suivi d’une succession de lignes caractéristiques; une noire, une blanche et une autre noire qui traverse l’œil. Ce dernier est d’un rouge-brun ce qui donne son nom à l’oiseau. Le dos est vert-olive comme ses joues. La poitrine et le ventre sont blancs, légèrement teintés de vert.

La mandibule supérieure du bec, comme pour beaucoup d’espèces de Viréo, est incurvée. Le mâle et la femelle sont de plumage identique.

Habitat et comportement

Cet oiseau préfère les boisés, ainsi que les forêts peuplées de feuillus ou mixtes où les grands arbres culminent au-dessus de buissons etd’arbustes, bien qu’on en ait observé dans certains peuplements à majorité coniférien. Les érablières à caryer, à tilleul et à bouleau jaune que l’on retrouve dans le sud du Québec sont les habitats qui offrent la plus grande probabilité de le rencontrer.

Il ne dédaigne pas les grands parcs urbains ou les zones résidentielles si de grands arbres matures s’y trouvent en abondance.

Comme dit plus haut, le Viréo aux yeux rouges mâle chante continuellement tout au long de la journée et jusqu’à tard dans la saison estivale, alors que la plupart des autres espèces aviaires deviennent plus silencieuses. On reconnait aisément son puissant « virreo-viréa-viréo » répété à l’infini.

Le mâle défend un territoire autour du site de nidification dont il chasse ses congénères et aussi d’autres espèces de Viréo. Cela donne souvent des chasses-poursuite spectaculaires ponctuées de cris.

Alimentation et nidification

Son régime est surtout insectivore au printemps et en été. Larves, chenilles, mouches, et autres insectes qu’il cueille en marchant ou en sautillant d’une branche à l’autre, ou parfois en effectuant un vol en piqué pour attraper un insecte posé sur une feuille.

Vers la fin de l’été et au début de l’automne, il modifie son alimentation pour y inclure des petits fruits charnus.

La femelle construit le nid à la fourche d’une branche à environ trois mètres du sol. Celui-ci est une coupe constituée de feuilles et d’herbes, d’écorce de bouleau et autres fibres végétales. Elle y pond généralement quatre œufs qu’elle couve, seule, pendant une douzaine de jours. Le mâle vient régulièrement la nourrir bien qu’elle puisse parfois aller glaner une proie à proximité du nid.

Les deux parents s’occupent de l’alimentation des oisillons au nid et durant les deux ou trois semaines après que ceux-ci l’aient quitté. Durant cette dernière période, la famille se déplace et la défense du territoire cesse, mais pas le chant du mâle bien qu’alors il devienne moins fréquent.

Territoire et migration

Le Viréo aux yeux rouges occupe un large territoire de nidification en Amérique du Nord.  La limite nord est définie par une ligne qui part de la Côte Nord, passe sous la Baie James et suit la limite des feuillus de bonne taille jusqu’au Yukon. Au sud, la limite est le Golfe du Mexique, en excluant la pointe sud de la Floride, et va jusqu’à la partie est du Texas. D’est en ouest, ce territoire part de la Côte Atlantique, et va jusqu’au contrefort des Rocheuses en excluant les zones non boisées des Plaines.

Dans notre arrondissement, ils sont très présents dans nos parcs-nature comme celui de l’Île-de-la-Visitation, où les photos qui accompagnent ce texte ont été prises.

Les Viréo aux yeux rouges nous arrivent en mai lorsque les insectes dont ils se nourrissent commencent à se faire plus abondants. Les mâles sont les premiers, et se mettent aussitôt à chanter pour réclamer un territoire. Quelques jours plus tard, les femelles suivent et ne tardent pas à construire le nid.

Ils repartent au début de septembre bien que, comme pour certains individus d’autres espèces, quelques-uns étirent leur séjour jusqu’en octobre si la température le permet. Leur périple migratoire les mène jusqu’en Amérique du Sud où ils s’installent pour notre période d’hiver.

Cette espèce serait en augmentation dans le territoire étudié pour le Deuxième atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional paru récemment.[1]

[Pour l’anecdote, la rédactrice en chef a été informée par le chroniqueur qu’il a pu observer de très près le Viré aux yeux rouges, il y a quelques jours, après la signature de sa chronique, dans un érable dont une branche était plutôt dégarnie, non loin de chez lui, dans Ahuntsic. Tout un adon!]

[1] Michel Robert, Marie-Hélène Hachey, Denis Lepage, et Andrew R. Couturier – Deuxième Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec Méridional, Regroupement QuébecOiseaux, Environnement et Changements climatiques Canada, Études d’Oiseaux Canada – 1er trimestre 2019 – XXV + 694 pages.