Le changement d’usage du 1420 rue Legendre Est à Saint-Sulpice, un projet mixte de 217 logements à étage, suscite des inquiétudes chez certains résidents du secteur. Ils l’ont exprimé lors de l’assemblée publique du 3 juin.

Groupe HD immobilier, promoteur du projet, envisage d’y construire un bâtiment de huit étages. Le futur édifice remplacera le centre commercial érigé à cette adresse. Le bâtiment construit en 1978 abritait neuf commerces. Situé sur un terrain de 5788 m2, il présente certaines dégradations qui motivent sa démolition en plus du fait qu’il est impossible d’y ajouter des étages vu l’état actuel, selon le rapport d’inspection.
Cependant, le projet ne jouit pas d’une grande popularité auprès des résidents, malgré le fait qu’il soit conforme au règlement du Plan d’urbanisme et de mobilité (PUM).
Un idéal mis à mal par le PUM
Le nouveau PUM, adopté en juin 2025, définit les règles pour aménager le territoire de la ville de Montréal jusqu’en 2050. Au niveau du logement notamment, il encourage une mixité sociale et le développement de logements abordables.
Les personnes présentes au 555 rue Chabanel étaient désabusées par ce règlement qui impose un bâtiment de huit étages dans leur zone. Les logements dans le secteur ont une hauteur maximale de deux étages et demi. De plus, l’avis de démolition est passé en catimini, estiment-ils. Ils ont exprimé leur crainte de voir leurs biens immobiliers perdre de la valeur et aussi sur la densité qu’entraînera le nouvel immeuble. En outre, les inconvénients liés aux travaux prévus entre 2027 et 2029 perturberont leur quiétude en plus de l’impact sur leurs activités professionnelles, notamment. Le problème de la sécurité piétonne fut longuement abordé par ces derniers.
Les promoteurs assurent qu’avec la porte-cochère et le sentier piéton, la zone devrait être sécuritaire.
« La sécurité reste une priorité pour toute administration comme pour tout promoteur », a affirmé pour sa part la mairesse Maude Théroux-Séguin, présidente du comité, afin de rassurer la petite Nabila.
Plus de logements, moins de commerces
Le promoteur envisage de construire un bâtiment d’une volumétrie de quatre et huit étages comprenant deux niveaux de stationnements souterrains (162 unités auto et 191 unités vélo). Il est également prévu sept stationnements extérieurs pour les commerces.
Sur les 217 logements prévus, 10 % seront des logements abordables. Les logements abordables désignent ceux dont le prix de location ou d’achat est généralement en dessous de la moyenne du marché immobilier local. L’édifice inclura : 29 studios, 108 appartements d’une chambre, 61 de 2 chambres et 19 de 3 chambres.
Pour l’instant, il est prévu trois commerces sur une superficie de 816 m2. Le nombre de locaux commerciaux n’est pas coulé dans du béton. Il pourrait augmenter en fonction de l’intérêt des commerçants, nous ont confié les promoteurs.
Le plan architectural comprend aussi deux terrasses situées respectivement au quatrième et au huitième étage. Il y aurait également une cour intérieure ouverte sur la rue Legendre.
La décision du comité

À l’unanimité de ses membres, le comité de démolition autorise la démolition du bâtiment ainsi que la construction de l’édifice, mais sous certaines conditions.
En effet, le promoteur doit organiser une séance d’information destinée aux résidents et riverains afin de les informer de l’avancement du projet. En outre, il doit planifier davantage d’espaces commerciaux, notamment de part et d’autre du sentier piéton ainsi que des marges de recul plus grandes sur les rues Legendre et André-Grasset afin d’assurer une meilleure intégration. Les travaux sont aussi conditionnés à la révision du stationnement pour les commerces afin d’assurer une plus grande sécurité. Et prévoir un retrait plus important du volume de huit étages sur les avenues André-Grasset et Legendre.
Le comité suggère aussi au Groupe HD d’évaluer la possibilité de mutualisation du stationnement avec le propriétaire du lot suivant (Metro) et prioriser les logements familiaux au rez-de-chaussée.
Les résidents ont trente jours à compter de la décision pour faire appel.










