(Source: Wikipédia)

Il y a à peine un mois, qui aurait pu prévoir que le Québec serait touché aussi durement par la pandémie de coronavirus? Probablement personne, à part quelques épidémiologistes. Cette situation inhabituelle entraîne des réactions variées. Certains font des provisions de papier de toilette et de nourriture pour être prêts à tout, et ainsi se sentir plus rassurés. D’autres se lancent à corps perdu dans l’exercice physique, ou se découvrent des talents culinaires.

Il y a également ceux qui cherchent à tout prix à jeter le blâme pour éviter toute responsabilité.

Donald Trump mentionne constamment le « virus chinois » et le « virus de Wuhan », et de nombreuses publications sur les réseaux sociaux lui font échos. Comme si cela allait améliorer les choses…

Pour tenter de parer aux accusations de racisme, certains se justifient en mentionnant que la pandémie survenue il y a un siècle est dite de « grippe espagnole ». Une explication qui ne tient pas la route.

Venue des États-Unis…

En effet, la pire pandémie du XXe siècle (environ cinquante à cent millions de morts) n’a pas débuté en Espagne.

Elle semble être apparue en 1917 dans les camps de formation militaire du Kansas, où cinquante mille à soixante-dix mille soldats étaient entassés, puis avoir été propagée par ceux-ci lors de leur arrivée en France en avril 1918.

Épidémie mondiale

Nul pays n’est épargné, et les pauvres soldats revenus vivants de la Première Guerre mondiale sont fortement touchés, car contrairement à la grippe saisonnière, les taux de mortalité sont plus élevés chez les jeunes que chez les personnes âgées.

La grippe atteint l’Amérique du Nord en août 1918, et le Québec vers la fin septembre. Bientôt, tout le Canada est victime du virus.

Décès de 14 000 Québécois

Les malades souffrent des symptômes habituels de la fièvre, comme les courbatures et la congestion nasale, mais également de crachats sanglants, de détresse respiratoire et de complications cardiaques ou digestives.

Cinquante mille Canadiens meurent, dont quatorze mille Québécois.

L’explication

Comme les médias des pays en guerre étaient censurés, les journaux d’Espagne, un pays neutre, sont les premiers à publier les informations relatives à cette pandémie. Par un raccourci intellectuel, on est donc arrivé au nom de grippe « espagnole ». Il est plus juste d’utiliser le terme « pandémie grippale de 1918 ».

En 2005, des généticiens ont démontré que la pandémie de 1918 avait été causée par un virus H1N1, ancêtre de celui s’étant propagé en 2009.

Pour en savoir plus au sujet de la pandémie de 1918, je vous encourage fortement à lire l’excellent article « Grippe espagnole : la grande tueuse », sous la plume de la journaliste scientifique Marine Corniou, article publié en 2015 par le magazine Québec Science.

D’ailleurs, j’ai été stupéfié d’y trouver l’avertissement suivant du microbiologiste français Patrick Berche :

« […] il est hautement probable que d’autres pandémies apparaîtront, de grippe ou de coronavirus, par exemple. Elles seront peut-être moins mortelles, grâce aux techniques de réanimation et aux antibiotiques, mais elles pourraient tout de même faire beaucoup de dégâts. »

 

 

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