Sauver nos postes de quartier

Pour de nombreux Montréalaises et Montréalais, les déclarations du directeur du Service de police de la ville de Montréal sur de possibles fermetures de postes de police de quartier sont inquiétantes. Je suis étonné que l’on évoque une telle avenue en ces temps particulièrement difficiles où le sentiment de sécurité des résidents de la métropole est, le moins qu’on puisse dire, ébranlé.

L’augmentation fulgurante de la violence par les armes à feu à Montréal force à questionner sur le cadre et la pertinence d’un tel débat.  Je trouve le moment particulièrement mal choisi pour avoir ces réflexions. N’est-il pas plutôt le temps de renforcer le rôle de la police communautaire? Dans le rapport final du Comité consultatif sur la réalité policière au Québec déposé par la ministre de la Sécurité publique, il y a à peine quelques mois, une des recommandations phares est plutôt ce qui suit : «quelles que soient les décisions prises par les municipalités, le comité considère qu’un certain nombre d’éléments devront être pris en considération afin de tenir compte du nécessaire maintien des acquis en matière de police communautaire et de proximité ainsi que des principes de la police de concertation…»[i].

 

Nos postes de quartier sont un modèle parfaitement intégré au milieu de vie communautaire. Ils jouent un rôle rassurant pour la population, en particulier pour nos aînés et les plus vulnérables. Ils sont actifs dans la concertation communautaire sur les enjeux de sécurité publique dans nos quartiers. Les citoyens sont d’ailleurs largement en faveur du maintien de ces postes de police de proximité; mes collègues députés peuvent en témoigner.

À l’instar de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, je ne suis pas contre un débat sur la modernisation des services policiers mais ce débat ne peut pas être engagé en fonction seulement des économies d’échelle. La « modernisation » ne peut et ne doit surtout pas être un prétexte qui se traduira par une simple réduction ou élimination de postes de police de quartier. Le chantier de la modernisation des services policiers devra inclure avant tout la participation citoyenne afin d’assurer une véritable prise en compte des besoins des citoyens de la Métropole en ce qui a trait à leur service de police.

En matière de sécurité publique, nous devons aller au-delà des simples considérations financières. Il faut entre autres, tenir compte de l’apport important des organismes communautaires, des travailleurs sur le terrain et de l’apport bénéfique de la mixité des expertises au sein des unités policières. Et comme toujours, les meilleures décisions doivent être prises en pensant d’abord aux gens, à leurs enfants et à leur sécurité, et ce, sans compromis.

Pour redonner confiance aux Montréalais.es envers leurs policiers, on doit mettre tous nos efforts pour les rapprocher et non l’inverse. La disparition de postes de quartier irait complètement dans la direction opposée. Elle n’est pas souhaitable et on ne peut surtout pas faire l’économie d’un débat public à ce sujet.

Frantz Benjamin

Député de Viau et porte-parole de l’opposition officielle pour la Métropole

 

[i] Comité consultatif sur la réalité policière, page 51

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