Manifestation des parents de Sophie-Barat contre la délocalisation à St. Dorothy (Photo : JDV – Philippe Rachiele)

Ce matin 27 août, vers 9 h 30, ils étaient environ 70 parents et élèves réunis devant l’école St. Dorothy dans le quartier Saint-Michel à manifester contre la délocalisation, dans un quartier qui n’est pas le leur, des élèves de secondaire I et II de l’école Sophie-Barat. {Voir notre mise à jour à la fin)

« Sophie-Barat dans mon quartier! », « M. Roberge, on a besoin de votre aide! », « M. Roberge où êtes-vous? », « Mon école ça se passe près de chez nous! », « Mon école se passe dans Ahuntsic! », autant de slogans scandés par les participants.

Mathieu Bédard est le porte-paroles du mouvement de parents Sophie-Barat, dans mon quartier. Il explique au journaldesvoisins.com que la manifestation d’aujourd’hui a pour but de contester la délocalisation « injuste » des jeunes de cette école.

Cette délocalisation à cinq km de l’école Sophie-Barat a été annoncée le 13 août, à deux semaines de la rentrée scolaire, sans aucune consultation. M. Bédard affirme que le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) savait pourtant qu’elle était nécessaire depuis le 13 juillet.

Mathieu Bédard à la manifestation des parents de Sophie-Barat contre la délocalisation à St-Dorothy (Photo : JDV – Philippe Rachiele)

« On nous laisse à nous-mêmes, on se sent abandonnés », se désole le porte-parole.

Trop loin, sans transport organisé

Il se plaint notamment que le CSSDM n’a même pas pu trouver une solution pour le transport organisé.

Ce problème est pour plusieurs parents interviewés sur place « inacceptable » et « intolérable ».

La distance de la nouvelle école entraîne des durées de transport qui peuvent aller jusqu’à 1h15 pour certains élèves.

Une mère, pancarte à la main, est visiblement outrée par cette situation. Elle et sa famille avaient déménagé volontairement à cinq minutes à pied de Sophie-Barat pour faciliter le transport.

« On apprend que notre enfant est délocalisé de son environnement dans un quartier qu’il ne connait pas, qu’il n’a jamais visité. Il doit prendre deux bus pour aller à l’école. Ça ajoute un problème de sécurité additionnel », explique une autre mère inquiète.

Cette mère ne se dit pas confiante de laisser son enfant prendre deux lignes d’autobus tout seul.

Et ce ne sont pas que les parents qui sont inquiets, les jeunes le sont aussi. Un jeune garçon entrant en secondaire II se dit déjà anxieux par rapport à la rentrée en raison de la COVID-19. L’idée de devoir faire une heure d’autobus « coincé entre plein d’autres personnes », alors que l’école Sophie-Barat n’aurait été qu’à quelques minutes de marche, ne fait qu’empirer son stress à la perspective du retour à l’école.

Un retour en arrière

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Le porte-paroles Mathieu Bédard explique également que cette délocalisation vers l’école primaire St. Dorothy « force des jeunes qui sont supposés vivre comme un beau moment l’entrée au secondaire à entrer… dans une école primaire. Comme s’ils retournaient ou régressaient, plutôt que d’entrer dans un nouvel univers excitant ».

« C’est bizarre de retourner à l’école primaire au lieu d’être à une école secondaire. Ici, ça a l’air d’être une école de bébé. Je ne veux pas avoir l’air d’un bébé moi, je veux avoir l’air d’une élève de secondaire mature », se désole une élève entrant en secondaire II à St. Dorothy après avoir fait son secondaire I dans une vraie école secondaire à Sophie-Barat. « C’est plate! Ce n’est pas ce que j’avais imaginé pour mon secondaire. Je suis vraiment triste de quitter Sophie-Barat, je m’étais adaptée à l’école. J’ai juste hâte que l’année finisse pour partir d’ici », ajoute-t-elle, dans un mélange de tristesse et de frustration.

Interpeller les décideurs politiques

La manifestation d’aujourd’hui avait pour but d’interpeller le ministre de l’éducation Jean-François Roberge pour qu’il intervienne en faveur des parents et élèves de Sophie-Barat.

« On veut que le ministre Roberge à Québec mette ses culottes et viennent nous aider! Pour trouver une solution rapide à court terme à tout le moins pour la question du transport, le temps de trouver un lieu pour l’école dans Ahuntsic. Il doit faire respecter le pacte d’éducation qui est d’offrir aux enfants une école de quartier dans leur quartier », exprime Mathieu Bédard.

De manière plus large encore, le porte-parole du mouvement de parents espère attirer l’attention des parents partout au Québec et des décideurs politiques « pour qu’ils s’aperçoivent que ça fait des décennies qu’on laisse tomber nos écoles en ruines et que là on est rendu à un point de bascule ».

« On doit agir maintenant! On doit faciliter la rénovation rapide des écoles. On doit augmenter le nombre de places », clame-t-il.

Créer un chez-soi à St. Dorothy

Une enseignante rencontrée sur place admet que cette décision ne fait l’affaire de personne, « ni des élèves, ni des enseignants, ni des directeurs, ni des parents ». Elle ne se laisse néanmoins pas abattre par la situation et est confiante pour la suite.

« On comprend qu’il faut qu’on se vire sur un 10 cenne. On va le faire! On va s’arranger pour que les élèves aient une belle rentrée malgré tout et qu’ils se sentent bien dans cette école », affirme-t-elle. « Je suis persuadée qu’on va réussir à construire une ambiance merveilleuse dans laquelle les élèves vont se sentir bien. Ça va prendre un certain moment, ce sera moins facile que si on était resté dans la même école, mais c’est faisable. On est une super équipe, on est vraiment dynamique, on se serre les coudes tout le temps! », ajoute-t-elle, souriante.

L’enseignante croit qu’après cette délocalisation, il n’est pas souhaitable que les élèves aient à se déplacer une fois de plus dans un autre endroit dans Ahuntsic, comme le désire la majorité des manifestants. Elle croit pouvoir créer un nouveau « chez-soi » pour les jeunes à St. Dorothy.

{Mise à jour: 2020-08-30 – La direction de l’école Sophie-Barat a annoncé que les cours sont annulés les lundi 31 août et mardi 1er septembre pour TOUS les élèves dans les trois pavillons. Les cours reprendront le mercredi 2 septembre, cela «afin de permettre à l’équipe de terminer l’organisation de l’école. Cette décision s’applique à tous les élèves dans les 3 pavillons».

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