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Photo avant/après du peuplier deltoïde centenaire qui a été abattu dans le Sault-au-Récollet, également surnommé le “Goliath” d’Ahuntsic par notre chroniqueur horticole, Patrick De Bortoli. (Photo: Philippe Rachiele)

Un entrepreneur privé, spécialisé en coupe d’arbres, s’est pointé en début de semaine sur le boulevard Gouin, dans le Sault-au-Récollet, pour raser le cœur même du spectaculaire peuplier à feuilles deltoïdes localisé un peu à l’est de la rue de Martigny, tout près de l’entrée principale du Parc de l’Ile-de-la-Visitation. Journaldesvoisins.com vous en avait d’ailleurs parlé au cours de l’été dernier.

Ce n’était pas n’importe quel arbre; il était au moins centenaire, voire bicentenaire, ou quelque part entre les deux. L’un des plus vieux peupliers de l’île de Montréal, sinon le plus vieux, fort imposant avec plus de vingt mètres de hauteur et près de sept mètres de circonférence.

Une merveille de la nature, mais pour des raisons de sécurité, et malgré son statut «particulier», la Ville a exigé qu’il soit abattu.

Il faut dire qu’à l’été 2013, une de ses énormes branches avait cédé et par malheur, le résidant du terrain voisin a été assommé, gravement blessé, et il aurait pu y laisser sa vie. Sa mère aussi a été blessée. Trois véhicules ont également été lourdement endommagés.

Le peuplier a subi des ponctions sévères à la suite d’opérations d’élagage, l’année du triste évènement. Il avait également subi les attaques de la foudre et ce à deux reprises.

Arbre populaire

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(Photo : Alain Martineau)

L’arbre vedette du Sault attirait les regards des passants et des touristes. Il se trouve sur le terrain de Josée Allard qui en a long à dire sur ce peuplier à « 80% » sur son terrain.

«Il était malheureusement devenu dangereux, a confié la jeune femme. Mais ceux qui l’ont abattu m’ont dit que les quatre cinquièmes de l’arbre semblaient sains, sans pouvoir garantir toutefois que la sa base l’était». Mais la ville parlait d’un arbre atteint à 75%.

La journée de la coupe, Mme Allard aurait pu être occupée à autre chose qu’à regarder le travail bruyant des ouvriers. «Si j’avais tenu un kiosque devant chez-moi, j’aurais pu vendre de nombreuses tranches de bûches de cette force de la nature pour la postérité. Les gens voulaient encore le toucher, lui qui fait partie du pèlerinage des riverains depuis des années, a-t-elle confié. Encore après l’événement du «massacre à la tronçonneuse», les curieux étaient nombreux sur Gouin pour s’approcher du monument sur lequel sa proprio avait laissé un message empreint de poésie.

Une portion de l’arbre est restée debout devenant ce que Mme Allard appelle «une tranche de vie» ;  un segment coupé sera transformée  en table «coquette et bavarde», pour reprendre son expression. Pour elle, ce sera une table qui racontera toutes les saisons. Un enfant avait aussi accroché un dessin pour se souvenir de celui qu’on avait surnommé amicalement «le Bon gros géant».

Aujourd’hui, Mme Allard se console du fait que la base du célèbre peuplier reste solide et que surtout, il continuera d’attirer les regards et recevoir les nombreuses mains qui s’y déposent.

Pour lire l’article « Le Goliath d’Ahuntsic-Cartierville » de juillet 2016 concernant cet arbre, cliquez ici. (C’est le 9e article)

 

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