Muhoza : de la découverte au rayonnement

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Une mine d’or d’opportunités s’ouvre pour le rappeur ahuntsicois Muhoza depuis sa victoire à la 29e édition des Francouvertes. Porté par de nouveaux projets et de grandes ambitions, il exprime sa gratitude envers son quartier natal, qui a façonné la personne et l’artiste qu’il est devenu.

Dès son jeune âge, Déric Muhoza Eloundou, alias Muhoza, a toujours été passionné par la musique. À l’école primaire, il s’amusait à faire du beatboxing, soit l’art de produire des sons d’instruments à l’aide de sa bouche.

Son intérêt s’estompe toutefois lors de son arrivée au secondaire. Ce n’est qu’en 2020, à sa dernière année, qu’il commence à écrire et enregistrer ses chansons.

Muhoza a rencontré le reste de sa troupe de musiciens au cégep de Saint-Laurent. En entrevue avec le Journal des voisins, il se remémore les premiers temps où il s’amusait avec ceux qui sont devenus ses amis, et qui réussissent maintenant à faire vibrer ses chansons sur scène.

À l’âge de 18 ans, Muhoza produit son premier microalbum (EP), Bijou. Ses compositions, mélangeant le rap et des sonorités jazz, ont su faire craquer le public et les juges des Francouvertes de 2025. Cet EP lui vaudra le grand prix de ce festival de musique émergente.

Muhoza dévoile que c’est sur un coup de tête qu’il a choisi de débourser les frais de 85 $ pour s’inscrire à ce concours. Il raconte qu’il ne s’imaginait jamais pouvoir gagner. Pour lui, la vraie réussite se trouvait déjà dans le fait de faire partie des 21 artistes sélectionnés sur près de 270 candidatures reçues.

Aujourd’hui, Muhoza est fier de dire que cette expérience a réellement changé sa vie. Après la sortie de Bijou, le rap n’était plus qu’un simple passe-temps. Sa participation au concours lui a permis de réellement s’assumer en tant qu’artiste.

Ahuntsic sur le cœur

Né d’un père camerounais et d’une mère rwandaise, Muhoza habite Ahuntsic depuis sa naissance. Dans ce quartier se trouve la communauté qui l’a vu grandir et celle qui l’a encouragé dès le début.

Parmi ses fidèles supporteurs, on compte ses anciens camarades de classe de l’école secondaire Sophie-Barat. Souvent présents lors des spectacles de Muhoza, on peut les entendre y crier « A-Zoo », un mot symbolique présent dans les chansons de l’artiste.

Bien qu’il estime possible de bâtir une telle communauté ailleurs à Montréal, il confie être assuré que peu importe où il irait ou ce qu’il ferait, il y aurait toujours de l’amour pour lui ici.

« Je ne pense pas que j’ai envie de partir d’ici non plus. J’ai envie de vivre ici toute ma vie, si possible, et de faire fleurir Ahuntsic aussi, comme il m’a fait fleurir », avoue-t-il.

Muhoza réussit à mettre le quartier en valeur à travers les paroles de ses chansons. Il raconte des histoires vécues autant dans sa jeunesse qu’aujourd’hui, tous des événements marquants qui se sont produits à Ahuntsic.

La finale des Francouvertes au printemps 2025 était la 10e performance à vie de l’artiste. Photo : Pavel Navarro

Transformer son art en profession

Le principal défi des artistes est la rémunération. Même si Muhoza considère que le rap au Québec est en « santé », il est difficile pour lui et la majorité des rappeurs émergents de vivre entièrement de leur passion.

Après avoir gagné les Francouvertes, Muhoza s’est donné comme objectif de se concentrer entièrement sur sa carrière et la création de ses prochaines compositions. Tout cela dans le but d’en faire son principal gagne-pain.

Depuis Bijou, apparu en 2022, Muhoza admet avoir grandi et évolué, tout comme son style musical. Il explique qu’on retrouvera dans ses prochaines chansons davantage de notes de soul, un genre qu’il consomme de plus en plus.

La manière de créer ses morceaux n’est plus la même qu’à ses 18 ans. Pour Bijou, il écrivait spontanément des phrases marquantes et bâtissait un thème autour de celles-ci. Maintenant, il élabore d’abord un thème et rédige ensuite ses paroles. Un vrai défi pour le jeune artiste, qui est parfois confronté au syndrome de la page blanche. Sa solution ? Continuer d’écrire.

« Je n’ai pas peur de la page blanche. Il faut que je laisse parler mon écriture, que je l’écoute », témoigne-t-il.

Près d’un an après sa victoire aux Francouvertes, la carrière musicale de Muhoza n’est qu’à son début. De nouveaux projets du rappeur ahuntsicois verront le jour plus tard cette année.

Ce texte a été publié dans la version papier du JDV de février 2026.

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