Raja Abboud, fondateur et propriétaire de la boutique Aquarium Récifal Raging Reef. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Alors que l’hiver s’installe tranquillement autour de nous, une boutique semble impassible aux changements de saisons : l’Aquarium Récifal Raging Reef, établie depuis 2008 sur l’avenue Papineau entre les rues Sauriol Est et Fleury. Nous avons été à la rencontre de son fondateur et propriétaire, Raja Abboud. 

On entre dans sa boutique comme dans un aquarium. Les bruits de l’avenue Papineau sont étouffés, la lumière ultraviolette qui éclaire les différents bassins fait ressortir les couleurs vives des coraux, l’odeur du sel nous pique le nez. C’est le matin et le propriétaire fait le tour des aquariums pour débarrasser les vitres du sel accumulé pendant la nuit. « C’est tellement salé ici qu’on ne peut plus porter de jeans, ça les abîme trop », confie-t-il avec le sourire. 

L’intérieur de la boutique Aquarium récifal Raging Reef. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Le monde sous-marin 

La découverte du monde sous-marin est un passe-temps plutôt atypique pour quelqu’un ayant grandi à Laval, loin des mers du sud. En fait, c’est durant ses voyages en famille, toujours au bord de la mer, qu’il se découvre une passion. 

Équipé d’un masque et d’un tuba, il a accès à un nouveau monde. Il se souvient de la première fois où il observe la symbiose entre un poisson-clown et une anémone. C’est la piqûre. De retour de voyage, il s’achète un aquarium d’eau salée et y fait pousser un corail, puis deux… puis trois… 

Alors que sa passion prend de plus en plus de place, dans sa vie et dans le sous-sol de ses parents, l’idée d’en faire un commerce mûrit. Il devient très vite une référence en la matière et se fait connaître grâce à des forums spécialisés sur Internet. 

Mais Raja Abboud est surtout un entrepreneur. D’ailleurs, le nom de sa boutique n’est autre qu’un amalgame entre Raja et rage : « Raging Reef, c’est moi. Mes amis disent toujours que lorsque j’entreprends quelque chose c’est avec rage. » 

Pas étonnant donc que sa boutique soit une véritable référence au Canada. « Ce que les gens trouvent en venant ici, ce sont des espèces rares. Mais c’est surtout une rencontre avec des gens qui partagent leur passion, on les accompagne dans toutes les étapes de création de leur aquarium d’eau salée », explique-t-il.

Si certains ont la main verte, Raja Abboud, lui, a la main pourpre. L’aquariophilie, ou l’art de s’occuper d’un aquarium, est un mélange entre du jardinage et de la cuisine. Pour Raja, c’est comme suivre une recette : « On veut recréer un écosystème complexe qui tient dans une boîte. » Pour ça, on a besoin des bons ingrédients et en quantité appropriée : la température, la salinité de l’eau, la lumière, les espèces.

Plusieurs raisons attirent les gens vers l’aquariophilie. L’aspect esthétique est très important, l’éventail de couleurs et de textures des coraux est remarquable. Certaines personnes y voient de véritables œuvres d’art : « Ils souhaitent reproduire un tableau vivant et composent leur aquarium comme des artistes », affirme Raja. Pour d’autres, c’est l’envie de recréer un bout d’océan chez soi; il y a quelque chose d’assez fort dans l’idée d’être à la fois concepteur et créateur d’un univers et d’en maîtriser chaque aspect.

Une roche, un animal ou une algue? 

Le corail est un être vivant qu’on a du mal à décrire. Il ne s’agit pas vraiment d’une espèce, mais d’une symbiose. C’est l’union entre un animal, le polype, et une algue, la zooxanthelle. La partie rocailleuse est composée du calcaire qu’il sécrète.

Une des nombreuses espèces de coraux offertes dans la boutique. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

En déambulant dans les allées du magasin, on découvre les différents types de coraux qui existent. Dans le bassin central, il y a les coraux mous. Ceux-là ont toutes sortes de tentacules qui dansent au gré du courant. Plus faciles à entretenir, ils sont idéaux pour des débutants. Proche de l’entrée, les coraux durs demandent un environnement précis et un entretien bien plus exigeant.

Si le propriétaire devait choisir une seule espèce? Ce serait le « corail donut », qui tire son nom de sa forme arrondie, comme un beigne. « C’est mon préféré parce qu’en l’espace d’un instant il passe de beauté à super-prédateur. » Nous nous dirigeons vers le bassin central où il saupoudre l’eau de petites granules de nourriture : en quelques secondes, les tentacules surgissent des bords du corail pour piéger les aliments et la bouche au centre s’ouvre, béante. Les granules n’ont plus aucune chance, elles sont aspirées par le tourbillon vorace. 

La boutique Aquarium Récifal Raging Reef est ouverte à tous : promeneurs, curieux ou aquariophiles en quête de nouveaux défis.

Ce texte de notre chroniqueuse Maureen Jouglain a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2022, à la page 26.

 

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William Battini
William Battini
1 Année

Super article. Je cherchais justement a remplir mon aquarium et j’irai faire un tour dans cette boutique!

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