Conte de Noël

Illustration: Martin P.-M.

Ce conte a été écrit à plusieurs mains par des membres de l’équipe du Journaldesvoisins.com: Leïla Fayet, Éloi Fournier, François Robert-Durand, Simon Van Vliet, et Christiane Dupont.  (La rédaction)

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Un an plus tard, période des Fêtes…

Élisabeth écoutait silencieusement Melchior alors qu’il ressassait encore de vieux souvenirs. Aigri par la perte de son emploi, survenu un an plus tôt, le vieux concierge était assis dans son fauteuil et lisait – pour une rare fois – le journal, lorsqu’il s’exclama :

— As-tu vu ça, chère? Dans le journal, ils disent que la bâtisse où je travaillais « va être démolie dans les prochains mois par un promoteur immobilier »… Benezer a fini par vendre!, dit-il à sa femme. Pas mal certain que le nouveau va vouloir bâtir des condos. Si c’est-y pas dommage! Un si bel immeuble!, déplora Melchior. La journaliste a parlé aux élus municipaux, mais ils disent qu’ils peuvent rien faire.

Ce que Melchior ne savait pas, c’est que sa femme avait lu l’article la veille. Cette dernière avait d’ailleurs déjà écrit au conseiller municipal et au Journaldesvoisins.com afin de faire valoir son mécontentement…

« Saviez-vous que ce bâtiment construit dans les années 1920 abritait autrefois quatre familles? Qu’il profitait à beaucoup de gens jusqu’à tout récemment grâce à l’OBNL La Bergerie pour tous? […] Parce que du monde tient à vivre dans le luxe, on est en train de détruire de belles histoires humaines, et je trouve ça très dommage. »

Élisabeth avait choisi de ne pas parler de sa lettre à son mari afin d’éviter de raviver de douloureux souvenirs. Elle lui répondit donc, très simplement :

— Oui, j’ai vu ça dans le journal… C’est dommage. Au moins, tu as eu de la chance de pouvoir travailler dans la bâtisse aussi longtemps!

Et pour le vieux couple, c’en est resté là.

Par contre, dans les jours qui suivirent la publication de la nouvelle, des groupes de résidants d’Ahuntsic-Cartierville commencèrent à faire savoir leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

— À quoi servent nos taxes si on laisse tomber notre patrimoine? écrivait un Ahuntsicois.

— C’est ahurissant de voir l’inaction des autorités dans ce dossier, en exprimait une autre.

Mais, de fil en aiguille, à l’abri des regards, un comité citoyen commençait à se former. Ce comité serait composé de gens prêts à se battre coûte que coûte pour un vieux bâtiment défraîchi, mais patrimonial et encore bon… mais arriveraient-ils à le sauver?

Les miracles de Noël, ça existe, non?

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