Bollards et dos d’âne de la rue Jeanne-Mance, entre les boulevards Gouin et Henri-Bourassa. (Photo: Philippe Rachiele, JDV)

Rendre les rues d’Ahuntsic-Cartierville plus sûres semble être un chantier interminable. Il est dit aussi que des travaux seront encore à faire dans les années à venir, à moins de changements en profondeur.

Les deux derniers conseils d’arrondissement ont donné l’impression que l’arrondissement courait après son ombre. Pour la sécurisation des rues d’Ahuntsic-Cartierville, les élus ont voté quatre résolutions et accordé pour plus de 3 M$ en travaux.

Il s’agit de construction de trottoirs, de pose de dos d’âne, de sécurisation des abords de quatre écoles primaires et la réalisation d’îlots de protection, appelés aussi mailles de bétons, à certaines intersections des pistes cyclables sur Sauriol et Prieur.

Toutefois, pour la mairesse Emilie Thuillier, l’impression de rattrapage n’est pas tout à fait la bonne.

« Pour l’école Alice-Parizeau, il n’y avait rien, pour Louis-Colin il y avait des choses, mais ce n’était pas suffisant », énumère l’élue.

Il faut y ajouter les écoles Sourp Hagop et Saint-André-Apôtre concernées par les chantiers de cette année.

Si des travaux sont nécessaires chaque année, c’est aussi parce que le nombre d’établissements scolaires est important.

« Les gens pourraient nous dire pourquoi vous n’avez pas fait telle ou telle école. Nous en avons 39 sur notre territoire et nous en faisons quelques-unes par année », souligne Emilie Thuillier.

Concernant les dos d’âne, ce n’est que depuis l’année passée que l’arrondissement s’est donné pour objectifs d’en réaliser une centaine par an.

« Il y avait un blocage administratif. Nous n’avons pas peur de le dire. Sinon, on en aurait eu depuis des années », confie-t-elle.

La décision d’implanter des dos d’âne a été prise en 2018. Ce n’est que deux ans plus tard que les blocages ont été levés. Cela valait aussi pour les panneaux d’arrêt.

Elle admet que dans ce cas l’impression de rattrapage peut être vraie en matière de sécurisation.

« Il y a 400 km de rues à Ahuntsic-Cartierville et nous posons deux ou trois dos d’âne par tronçons de rue », illustre-t-elle.

Les pistes cyclables pour leur part sont plutôt sujettes à un processus particulier et connaissent des travaux par étape.

« C’est la première fois que l’arrondissement fait des pistes cyclables », note Mme Thuillier.

Ces aménagements sont des compétences de l’agglomération. Les arrondissements peuvent offrir de réaliser eux-mêmes ces pistes quand les cadres centraux sont, disons, débordés.

« Il y a plusieurs manières de faire des pistes cyclables, mais il n’y a pas un seul guide qui nous dirait quelle serait la meilleure », prévient-elle.

Faire et refaire

Sinon, si des mesures d’apaisement de la circulation sont mises en œuvre quelque part, cela ne signifie pas qu’elles sont valables tout le temps.

« Il y a dix ans, nous avons posé des balises sur certaines rues pour ralentir la vitesse des voitures. Les gens ont changé de comportement et il faut faire des dos d’âne aujourd’hui », observe-t-elle.

Cela occasionne des travaux de sécurisation supplémentaires même aux endroits où on croyait le problème réglé.

Pour autant, cette urgence à ouvrir des chantiers chaque année ne serait pas une fatalité. Les choses pourraient changer dans les années à venir.

« Cela ne dépend pas que des mesures, cela dépend aussi des modes de déplacement. Si, dans les prochaines années, on se rend compte de l’urgence climatique et que l’on se déplace moins en voiture et si on fait le virage vers le transport actif et en commun, cela va apaiser les rues aussi et ce n’est pas uniquement le dos d’âne qui fera la différence », convient-elle.

Ce serait donc le comportement des gens qui réduirait les risques. Quand on sait que ce qui est dangereux autour des écoles, ce sont les parents qui transportent leurs enfants en voiture, on comprend que cette solution est difficile à mettre en œuvre.



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