
« Je pense que l’art, ça peut être amusant, ça peut être drôle », témoigne Amélie Legault. L’artiste ahuntsicoise est reconnue pour ses œuvres mettant en scène des animaux présentant des caractéristiques humaines.
Des poules en pantoufles, un raton laveur au téléphone, des écureuils en ski de fond : voici à quoi ressemble l’univers d’Amélie Legault. « Ça paraît bizarre parce que ce sont des animaux, mais les gens se reconnaissent et s’identifient [à mes œuvres] », raconte l’artiste. Si son public se reconnaît dans ses images, elle considère avoir accompli son but.
Animaux et objets « rétro »
« Je suis une personne assez discrète. J’aime faire rire par mes dessins, confie Mme Legault. Des poules en pantoufles, ça fait rire les gens ». Peindre et dessiner les animaux permet aussi à l’artiste de trouver une certaine sérénité. « Il y a un côté contemplatif à peindre des plumes, de la fourrure. Je peux rentrer dans ma bulle », dit-elle. En travaillant à ses créations, elle apprend à connaître les créatures qui l’inspirent.
Les animaux sont toujours les sujets principaux de ses créations, mais elle incorpore souvent des objets « rétro » à ses œuvres. Les formes « intéressantes » et les couleurs vives de ces éléments inspirent l’artiste à créer de nouvelles collections. « Les anciens téléphones étaient de beaux objets, mais qu’on n’a plus dans nos maisons », souligne-t-elle en faisant référence à sa collection d’animaux au téléphone.
Faire rire les petits
Passionnée de littérature, Amélie Legault est également autrice et illustratrice d’albums jeunesse. Tout comme ses créations artistiques, ses livres mettent en scène des animaux anthropomorphes. « J’ai un humour assez absurde, et ça fonctionne bien avec les enfants », explique l’artiste. Son objectif principal est d’apprendre de nouvelles choses à son public tout en le faisant rire.
Elle s’inspire de ses créations personnelles pour créer ses personnages. Elle cite en exemple son livre sur les poissons du Québec,Simon le saumon : « À l’origine, c’était une collection de cartes de Noël avec des poissons ». Enchantée par ces animaux qu’elle trouve amusants, l’autrice-illustratrice leur a consacré un album.
Amélie Legault offre aussi des animations scolaires. « Je n’ai pas souvent l’occasion de rencontrer mon public. C’est en classe que je vais voir la réaction à ma lecture », exprime-t-elle. D’après l’artiste, les rencontres avec son jeune public l’inspirent et lui donnent des idées pour ses futures créations.
Les animations scolaires offrent également aux enfants une « expérience culturelle concrète ». Elle ajoute qu’il est important que les élèves puissent profiter d’une diversité d’activités culturelles à l’école. « Pour que les jeunes s’intéressent à la culture en grandissant, il faut les y sensibiliser », tranche-t-elle.


Une vie pleine d’art
L’art a toujours fait partie intégrante de la vie d’Amélie Legault. Elle a passé son enfance à peindre avec sa mère et à dessiner avec son grand-père. « Quand mes parents me disaient d’aller jouer dehors, j’allais dessiner dehors », se souvient-elle, le sourire aux lèvres.
Elle réalise des études collégiales en arts visuels et étudie l’histoire de l’art à l’université. Elle entame ensuite une carrière de libraire pendant 12 ans, mais n’arrête jamais de créer. En 2012, elle commence à vendre ses œuvres. Un an plus tard, elle décide de se consacrer à temps plein à son art.
« Je ne réussissais pas à faire exposer mes toiles, j’ai donc commencé à faire des cartes de souhaits, et cela a fonctionné », témoigne-t-elle. Aujourd’hui, ses œuvres sont imprimées, entre autres, sur des cartes, des affiches, des tasses et des macarons qui sont vendus dans des boutiques québécoises. Ses produits sont majoritairement assemblés dans son sous-sol par son associé et conjoint, François Albert.
« Je travaille très fort, mais je me trouve vraiment privilégiée de pouvoir vivre de mon art », conclut l’artiste ahuntsicoise
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’août 2026.









