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La Bolduc: une ex-résidante d’Ahuntsic-Cartierville au grand écran

Publié le 06/04/2018
par Christiane Dupont

(Source: Site Web de Films Séville). Le crédit-photo de la une va également aux Films Séville.

C’est le 6 avril que le film de François Bouvier portant sur la célèbre «Mme Bolduc», cette pionnière de la chanson québécoise, sort en salles pour le grand public. La publicité ne manque pas dans les médias. Ce que l’on sait moins, en revanche, et qui fera sans doute plaisir à nos lecteurs et lectrices, c’est que la comédienne aux multiples talents, Debbie Lynch-White, est native d’Ahuntsic-Cartierville et y a résidé longtemps en début de carrière.

Celle qui a personnifié Nancy « Nazie » Prévost, d’Unité 9 pendant un bon moment incarne maintenant Mary Travers au grand écran, cette Gaspésienne qui deviendra célèbre par ses chansons du quotidien, turlutées un peu partout au Québec au début des années trente, en pleine crise économique.

Nancy, Mary, Debbie…

Debbie Lynch-White (Photo: archives jdv)

Derrière la « Nancy » d’Unité 9 que l’on connaît par le truchement de la télé, il y a la vraie, Debbie, cette jeune femme attachante, native d’Ahuntsic et qui y a résidé longtemps par le suite, en début de carrière. Journaldesvoisins.com l’a rencontrée au restaurant Les Cavistes, il y a quelques années et en a fait une »Belle rencontre» dans son édition du mag papier.

C’est une grande blonde aux yeux plus que bleus qui nous avait donné rendez-vous dans ce resto de FLO. Dans la lumière qui entrait par la fenêtre, elle nous est apparue : le regard franc, les cheveux blonds et le sourire avenant.

Descendante des Frauleïn allemandes par sa grand-mère maternelle, elle en a le gabarit, et les pommettes bien rouges d’une personne en santé. Du grand-père maternel originaire de la fière Albion, elle aura gardé une certaine réserve bien anglaise.

Debbie Lynch-White est francophone et native d’Ahuntsic. Ayant fréquenté les écoles Louis Colin et Sophie-Barat, elle a par la suite fait des études collégiales en Arts et Lettres, profil Théâtre, au collège Marie-Victorin, puis à l’Université de Montréal le temps de trois sessions, et a étudié l’histoire de l’art.

« Mon plan A, disait-elle à journaldesvoisins.com, c’était de faire du théâtre, et mon plan B, d’enseigner l’histoire de l’art. »

Parallèlement à ces études universitaires, elle a fait une demande d’admission à l’École de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe et y est acceptée.

Aider rend plus fort

Debbie a donc déménagé ses pénates en Montérégie, et pendant trois ans, elle y a étudié le théâtre.

Parallèlement, elle avait appris à 14 ans que son père souffrait de sclérose en plaques alors qu’il n’avait que 42 ans. Il s’est battu, elle à ses côtés, pendant 10 ans. Il est décédé il y a huit ans maintenant, à l’âge de 52 ans.

« La dernière session au cégep fut la plus difficile, dit Debbie, car mon père combattait la maladie, et il était très affaibli. Mon grand-père me remplaçait auprès de lui quand j’étais là-bas. Ce ne furent pas des moments faciles. Mais j’en suis sortie plus forte », ajoute-t-elle.

Sollicitée par la Société canadienne de la sclérose en plaques, il y a quelques années, elle est toujours la porte-parole de la Marche de l’espoir qui aura lieu cette année, le dimanche 27 mai prochain.

« C’est un heureux hasard! dira-telle. J’avais rencontré une jeune femme il y a plusieurs années, à l’occasion d’une activité sportive et je lui avais mentionné que mon père était décédé de cette maladie. Elle m’a contactée en 2014 et m’a demandé si j’acceptais de remplir ce rôle. J’ai dit oui avec un immense plaisir », dit-elle en souriant.

De la télé au théâtre

Plusieurs en seront peut-être surpris, mais Debbie Lynch White défend d’autres rôles que celui de Nancy Prévost ou de Mme Bolduc. Elle joue également au théâtre. Selon la critique, elle y excelle. Elle a joué, notamment, dans la pièce « Chlore ». Elle y tenait le rôle d’une jeune femme devenue tétraplégique après avoir été forcée d’ingurgiter du chlore à l’âge de 9 ans.

« C’est un événement qui s’est réellement passé à Mascouche, en 2000 », dit Debbie. C’est un rôle qui n’est pas facile à jouer. Il représentait un défi, ajoute-t-elle.

Selon la critique de théâtre  Marie-Paul Ayotte, (lesmeconnus.net), Debbie Lynch White se révèle « tout à fait éblouissante, émouvante dans le rôle de Sarah ». Elle a également joué dans la pièce « Sunderland », où elle était méconnaissable, personnifiant une travailleuse sociale, avec cheveux noirs et coupe au carré.

Du jeu à la gestion

Debbie Lynch-White ne se contente pas de jouer à la télé ou au théâtre. La comédienne est également associée au sein de la compagnie du Théâtre du Grand Cheval, avec Florence Longpré, Samuel Côté et Marjorie Lefebvre. La comédienne aux multiples talents, d’un naturel criant, et fort attachante en entrevue, risque de continuer de faire des vagues dans les différents rôles qu’elle tiendra. On ne peut rester indifférente à ces prestations.

Quant à elle, elle est loin d’être indifférente à Ahuntsic-Cartierville. Ses amis, ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, ses points de référence sont ahuntsicois.

« À mon retour de Saint-Hyacinthe, j’ai habité un an dans Hochelaga- Maisonneuve, dit-elle, mais je n’ai pas vraiment aimé le quartier et je suis revenue ici! », a-t-elle conclu, à l’époque, en souriant.

Pour en savoir plus sur Mary Travers, dite «La Bolduc», c’est par ici.

Pour voir la bande-annonce du film qui sort en salle le 6 avril, c’est par ici.

Cet article a été publié dans le mag papier en avril 2014 et mis à jour en avril 2018.