Les organismes de la table de quartier Solidarité Ahuntsic sollicitent les lieux de culte afin de décloisonner les services rendus aux personnes vulnérables, notamment les demandeurs d’asile et les nouveaux arrivants dans l’arrondissement.

À l’initiative du Comité d’accueil pour les demandeurs d’asile (CALDA) et de l’École de la citoyenneté, les organismes communautaires d’Ahuntsic-Cartierville projettent une soirée de réseautage. Prévue le 5 novembre, elle a pour objectif d’instaurer la collaboration avec les communautés religieuses.
Constat
Selon l’Institut de la statistique du Québec, le nombre total de résidents non permanents dans la province était de 514 000 personnes, au 1er janvier 2026, soit un peu moins de 6 % de la population. Elle compterait 37 % des demandeurs d’asile présents au Canada, soit 190 000, souligne Radio-Canada. Selon Statistique Canada, 8670 demandes d’asile ont été présentées au Québec entre janvier et juillet 2026.
Disséminée sur le territoire provincial avec une forte concentration sur l’île de Montréal, cette couche de la population vit souvent en situation de vulnérabilité ou de précarité.
À l’échelle de l’arrondissement, 300 familles en telle situation ont eu recours à l’aide du CALDA en 2 ans. L’organisme siège à une table de concertation qui comprend 31 membres offrant différents services aux nouveaux arrivants, dont les demandeurs d’asile : l’accès au logement, à la santé et à l’aide alimentaire. Pour les organismes à l’initiative de cette soirée de réseautage, cette donnée ne refléterait pas la réalité du terrain. Ils estiment que les nouveaux arrivants ne sont pas toujours au fait de leurs services. De ce fait, certains s’adressent plus facilement à leur milieu religieux ou lieu de culte, avance Meena Thakur, chargée de mobilisation et de plaidoyer au sein du CALDA.
Par ailleurs, les communautés religieuses peuvent avoir de la difficulté à offrir certains services, dont ceux destinés aux aînés, souligne Gwenaëlle Léone, agente de projet à l’École de la citoyenneté. Toutefois, en dépit de l’expertise des OBNL, nos interlocutrices n’occultent pas la possibilité que « les lieux de culte puissent donner des services proches de leurs populations que les organismes communautaires n’ont pas ». D’où l’importance de cette collaboration qu’ils souhaitent établir.
Intervenir de manière efficiente

Ce désir de coopération des OBNL avec les lieux de culte vise à créer une synergie entre les deux entités. Les organisateurs espèrent ainsi mieux répondre aux besoins des nouveaux arrivants et des demandeurs d’asile dans l’arrondissement. À travers la soirée de réseautage du 5 novembre, les OBNL espèrent poser les bases d’une « collaboration durable avec les lieux de culte » en identifiant les enjeux communs pour l’intégration de la population cible.
Micheline Roy, coordinatrice de la Halte de La Visitation, salue cette initiative qui permettra de « faciliter les référencements afin d’atteindre toutes les personnes vulnérables ». Ce lieu communautaire et d’accueil vise à briser l’isolement en favorisant l’entraide et l’écoute.

L’événement se tiendra à la salle polyvalente de Solidarité Ahuntsic, le 5 novembre de 16 h à 19 h 30. Entre autres activités, il y aura une conférence intitulée : « Pourquoi et comment articuler le travail des groupes religieux et des organismes communautaires ? » Elle sera animée par Frédéric Dejean, professeur agrégé au département de sciences des religions à l’UQAM.
Cette soirée se veut inclusive. « Tous les communautés religieuses et lieux de culte de l’arrondissement, sans exception, sont invités à cette soirée », insiste Meena Thakur.









