(Photo : Sabine Peters- https://www.kredite.org/)
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Pas de panique même si l’on parle de hausse moyenne de 13,8% des valeurs des propriétés du secteur résidentiel de la Ville de Montréal (11,5% dans Ahuntsic-Cartierville), selon le tout nouveau rôle foncier triennal dévoilé le 11 septembre dernier; la facture que vous recevrez dans votre boîte aux lettres au début de 2020 sera en hausse d’environ deux pour cent comparativement à celle de janvier dernier.

Les chiffres font parfois peur et avec raison.

Depuis quelques années, on répète mois après mois que les ventes dans l’immobilier vont plus que bien à Montréal (surtout pour un immeuble localisé près d’une station de métro ou d’une gare, ou si l’on est prêt ou dans le centre-ville).

En plus, à cause notamment du phénomène de rareté, nous assistons à des prix toujours plus élevés (et parfois spectaculaires) d’une année à l’autre.

Le nouveau rôle foncier (2020-2021-2022) reflète la réalité du marché immobilier, au 1er juillet 2018, jour de référence pour les évaluateurs du Service d’évaluation de  Montréal qui ont épluché plus 30 000 transactions dans l’île.

La valeur moyenne des résidences unifamiliales pour l’agglomération a atteint 600900$, 519 200$ pour Montréal seule. Mais l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville est plus dans la moyenne de l’île. Pas surprenant de voir des résidences unifamiliales d’Ahuntsic se vendent à gros prix car ici, la moyenne ici est de 588 100$.

Marché en ébullition

Étant donné ces bonnes nouvelles dues à une économie solide et à une demande importante pour les habitations dans les quartiers centraux (de plus en plus venant de l’étranger), cela se traduit par une hausse proportionnelle dans les inscriptions au nouveau rôle foncier triennal sur lequel se base la Ville aux fins de l’imposition foncière.

Mais attention! Même si la hausse moyenne des propriétés  a été de 12,7% à Montréal pour l’ensemble des secteurs (résidentiel, non résidentiel et terrains), cela ne signifie pas une hausse tout aussi importante des comptes de taxes, qui devraient en moyenne tourner autour de 2% quand vous recevrez la «douloureuse» en janvier prochain.

Montréal ajustera son taux de taxation de façon à maintenir une assiette fiscale similaire à celle des années précédentes,  ont promis les responsables politiques de la Ville.

Globalement, la hausse moyenne des valeurs liée à l’évolution du marché est de l’ordre de 13,7 % par rapport à celles inscrites aux rôles précédents (2017-2018-2019).

Dans l’île de Montréal, les évaluations ont porté sur près de 500 000 unités de toutes sortes (488 683 unités).

Ainsi, la valeur approximative de tous les bâtiments dans la grande île était de 384,5 milliards $, quand même près de 58 milliards de plus qu’au rôle précédent.

Montréal versus Ahuntsic-Cartierville

A Montréal, la variation des valeurs des maisons seules a été de 12,7% mais elle fut un peu plus haute, 13,1%, dans Ahuntsic et Cartierville (AC).

Pour les immeubles résidentiels de cinq logements ou moins, l’augmentation moyenne a été de 13,8 % pour Montréal et 13,7% pour notre arrondissement.

Mais la croissance a été de 21,5% dans les édifices de six logements et plus dans la grande ville contre 14,2% dans AC.

Concernant les condos, la variation est beaucoup moindre, 8,5% pour la métropole contre seulement 4,7 dans le nord de la ville où les constructions de ce genre d’unités pullulent depuis deux ans.

Pour les gens friands de statistiques,  Ahuntsic‐Cartierville compte 137 259 habitants représentant  7,81 pour cent de la population de l’ensemble de la Ville qui compte 19 arrondissements.

Quelque 29 571 immeubles ont été répertoriés ici.

Ce sont les arrondissements de Montréal‐Nord et de Rivière‐des‐Prairies–Pointe‐aux‐Trembles qui affichent les plus faibles hausses de variation, soit 6,9 % et 6,5 % respectivement. Les arrondissements de Verdun et du Sud‐Ouest connaissent quant à eux les plus fortes hausses soit respectivement 19,8 % et 17,1 %.

La valeur des immeubles non résidentiels a quant à elle augmenté en moyenne de 10,8% dans la Ville.

Notons que plusieurs municipalités du West Island enregistrent des hausses moyennes de variation dépassant le 20% dans le secteur résidentiel.

Les rôles d’évaluation foncière 2020-2021-2022 sont disponibles pour consultation en ligne sur montreal.ca.

Le système permet de connaitre rapidement l’évaluation de tous les immeubles et le nom du ou des propriétaires.

Réactions nombreuses

En réaction, Montréal s’est félicitée de la performance de la métropole mais en apportant un bémol.

« La hausse du marché immobilier apporte toutefois son lot de préoccupations pour les plus vulnérables, a tenu à dire la mairesse Valérie Plante. C’est pourquoi notre administration redouble d’efforts dans sa stratégie de 12 000 logements sociaux et abordables et dans l’ensemble de ses actions pour conserver la mixité sociale et économique de Montréal », a-t-elle soutenu.

Pour sa part, le responsable des finances, Benoît Dorais, n’a pas cessé de dire en point de presse qu’il ne fallait pas «paniquer» et que le compte de taxes suivrait à peu près le taux d’inflation de la Ville (donnée fournie par le Conference Board du Canada).

« Notre intention, a précisé le ‘’ministre’’’ des Finances de  la Ville-centre, est de ne pas hausser la taxe foncière, qui est sous la responsabilité du conseil municipal, de plus de 2 % pour le secteur résidentiel et de 1,5 % pour le non résidentiel lors du dépôt du prochain budget de la Ville.» (ndlr: soit dans un peu moins de trois mois).

Mais, précisons que ce 2% ne tient pas compte des variations dans chaque arrondissement qui a sa taxe locale à ajouter aux comptes de taxes.

«Ça fait mal!», dit Montréal pour tous

Pour le groupe d’intérêt Montréal pour tous, ces chiffres dévoilés ce 11 septembre vont faire «très mal» aux locataires, propriétaires et commerçants de ces immeubles.

Montréal pour tous demande des mesures «énergiques» d’atténuation pour contrer ce qu’il appelle «ce marché en folie». On estime que l’élastique de la taxation foncière actuelle ne peut plus être étiré.

Le groupe souhaite obtenir de Québec le 1% de TVQ réclamé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), un financement de mesures urgentes tirées du surplus financier du gouvernement du Québec de l’ordre de 7,5 milliards $.

De plus, selon Pierre Pagé, son porte-parole, deux autres mesures pourraient être celles implantées dont la  création d’un programme de prêt à taux réduit pour les propriétaires en difficultés (ou aînés) leur permettant de reporter leurs paiements d’impôts fonciers, comme l’a suggéré Ensemble Montréal, le groupe d’Opposition à l’hôtel de ville.

Pour aller chercher de l’argent frais disponible, Pierre Pagé  rappelle que des géants de l’Internet (Google, Amazon, Facebook, Apple, etc.) ne paient pas leur juste part de taxation.

Il ajoute aussi le fait que « trop de lieux de culte et d’églises ont des rabais injustifiés», un dossier potentiellement «explosif» dont se tiennent éloignés les politiciens même à l’heure de la laïcité.

 

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