La candidate d’Ensemble Montréal en entrevue avec notre journaliste ÉLoi Fournier. (photo Simon Van Vliet – JDV)

Le JDV a rencontré les trois candidates à la mairie d’Ahuntsic-Cartierville dans le cadre d’une série d’entrevues éditoriales en vue des élections du 7 novembre. Aujourd’hui, nous vous présentons les réponses de la candidate d’Ensemble Montréal, Chantal Huot.

Cette transcription intégrale de l’entrevue réalisée le 8 octobre au parc de l’île de la Visitation a été éditée par souci de clarté et de concision. Les réponses intégrales à chacune des questions sont incluses dans une série de capsules vidéo dont la diffusion, déjà commencée, se poursuivra d’ici les élections.

Chantal Huot (Photo: Facebook)

Q : Pouvez-vous décrire brièvement votre parcours personnel et professionnel et votre lien avec Ahuntsic-Cartierville?

Je suis née dans la grande région de Québec. Ensuite, quand j’ai été en âge de fréquenter l’université, j’avais le goût d’apprendre l’anglais et j’aimais les grandes villes, alors j’ai été étudier à l’Université York, à Toronto, à la faculté bilingue de Glendon College. J’ai mis beaucoup d’efforts à apprendre l’anglais, et je suis restée là-bas pendant trois ans.

Après ça, je suis revenue, je suis une fille de la Génération X et le marché de l’emploi était difficile, alors j’ai fait un deuxième baccalauréat à l’Université Laval, en communication. Par la suite, j’ai toujours travaillé un peu entre la politique et les communications pures. J’ai travaillé beaucoup dans les cabinets politiques, j’ai été attachée de presse pour de nombreux ministres dans plusieurs ministères du gouvernement québécois et dans ma vie civile, j’ai travaillé comme responsable des communications dans les plus grands établissements de santé de Montréal : Sainte-Justine, le CHUM, l’Agence de la Santé de Montréal et le Centre jeunesse de la Montérégie. C’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé, le réseau de la santé.

​​Q : Habitez-vous dans l’arrondissement?

Oui! J’habite l’arrondissement depuis 2012. En fait, j’ai marié un gars qui était natif d’Ahuntsic, alors on est revenus vivre dans son quartier d’enfance en 2012.

Quand on est arrivés, mes enfants étaient en âge de fréquenter l’école secondaire. Ils ont tous les deux fréquenté des écoles bien connues. Mon aîné, Tristan, a fréquenté le programme Défi à l’école Sophie-Barat, et Charlotte est allée à l’école privée du Mont-Saint-Louis. Ils ont aussi joué beaucoup, mes enfants sont deux grands sportifs. Ils ont joué au soccer autant avec les Braves d’Ahuntsic qu’avec la Fédération sportive de Salaberry. On a eu une vie citoyenne assez occupée avec mes adolescents.

​​Q : À votre avis, quel est l’enjeu prioritaire dans l’arrondissement?

Il y en a beaucoup! Quand on fait du porte-à-porte et qu’on discute avec les citoyens, il y a beaucoup de choses qui retiennent notre attention. Je dirais que la première, c’est la circulation de transit. En fait, ce qu’on reproche à Projet Montréal, c’est que quand ils ont installé le réseau des pistes cyclables, ils n’ont pas mesuré l’impact que ça aurait sur les rues résidentielles à côté. Présentement, dans les rues résidentielles, ce sont beaucoup des pistes de course. On voudrait agir là-dessus parce que les gens se préoccupent de la vitesse dans beaucoup de rues résidentielles, et ça c’est vrai dans tous les districts, autant dans Saint-Sulpice que dans Bordeaux-Cartierville.

Je me fais parler aussi beaucoup de l’enjeu de la sécurité. Pas plus tard que cette semaine, on a eu un incendie criminel sur Lajeunesse, on a eu un incendie criminel dans Bordeaux-Cartierville en fin de semaine, on a eu des fusillades au Marché Central cet été… Ma propre fille sortait du cinéma quand c’est arrivé cet été, elle a été très surprise par le déploiement policier mais si elle était sortie cinq minutes plus tôt, elle aurait été témoin de cette fusillade-là. Les gens nous en parlent, ça les inquiète. Le parti va probablement sortir le grand pan de sa plateforme sur la sécurité prochainement.

Il y a aussi d’autres priorités. On aimerait ça devenir un arrondissement véritablement ami des aînés. Par exemple, quand je me promène avec mon père en marchette, il faut s’arrêter au milieu de la rue pour attendre l’autre passage piétonnier parce qu’on n’a pas le temps de traverser. Il faudrait beaucoup d’aménagements pour que ce soit un arrondissement véritablement ami des aînés.

Il y a plein d’autres problématiques, mais je vous dirais que ce sont les trois enjeux principaux.

Q : Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer en politique? 

La politique a longtemps fait partie de ma vie. J’ai commencé à militer en politique quand j’avais 16 ans, donc ça fait longtemps que je réfléchis à me présenter. Comme beaucoup de femmes, j’ai pensé pendant beaucoup d’années que je n’étais pas prête, notamment parce que je voulais laisser grandir mes enfants.

Maintenant, avec l’administration actuelle, qui a pris des décisions sans consulter – ce sont souvent des consultations d’apparence, ils imposent leurs décisions et surtout, ils dépensent sans compter – là, je me suis dit que c’était le temps que je saute dans la mêlée auprès de M. Denis Coderre, qui a une très grande expérience et je suis très fière de me présenter à ses côtés. Alors voilà, j’ai fait le saut!

Q : Comment voyez-vous le rôle de mairesse d’arrondissement?

Le rôle, c’est d’être un rassembleur, un catalyseur, pour que les gens qui ont le goût de faire des projets – autant les commerçants que les citoyens privés dans les fêtes de quartier – puissent le faire. Il faut qu’on travaille en équipe avec plusieurs partenaires, être à l’écoute de ce que les gens veulent. Je pense que l’administration actuelle n’écoute pas vraiment et moi, je veux être à l’écoute des citoyens.

Q : Où pensez-vous que vous pouvez avoir le plus d’impact : dans votre bureau, au conseil d’arrondissement ou à l’hôtel de ville?

Je pense qu’il faut agir aux trois endroits que vous venez de mentionner. On ne peut pas toujours être assis dans son bureau, il faut être dans les parcs pour rencontrer les gens. Les tâches sont différentes selon les endroits, je pense que c’est un rôle qui est complet dans les trois endroits.

Q : Pourquoi les gens devraient voter pour vous et votre parti plutôt que pour un.e autre candidat.e d’une autre formation politique?

On a de belles propositions dans plein de choses, notamment en environnement. On veut que la Ville devienne carboneutre d’ici 2045, on veut une ville où il n’y a pas de rue sans arbres, on veut favoriser l’agriculture urbaine, on veut favoriser la diminution des transports en auto solo, donc on va encourager l’utilisation des véhicules en partage. Je prêche déjà par l’exemple parce que j’ai abonné la famille à Communauto cet été en plus d’avoir un véhicule électrique. On a plein de belles propositions dans plein de secteurs, je pense qu’on est un parti crédible et plein d’expérience.

Q : Comment comptez-vous vous attaquer à l’enjeu de la pollution sonore liée au trafic aérien dans l’arrondissement?

Je ne suis pas certaine qu’on a un grand levier d’action. Ça relève de paliers de gouvernement supérieurs, mais je sais que Madame Thuillier avait promis un observatoire du bruit et elle n’a pas livré la marchandise. Je ne vous promets pas de créer un observatoire du bruit, mais je pense qu’il y aurait lieu d’avoir des lieux de discussion avec les citoyens. Ça existe parfois, des comités de bon voisinage, je pense qu’on pourrait mettre cela sur pied.

Q : Quelle importance accordez-vous à l’enjeu du logement et comment pensez-vous que l’arrondissement et la Ville devraient intervenir pour répondre aux besoins en habitation dans Ahuntsic-Cartierville?

Le parti a sorti ses engagements en matière d’habitation, on a promis de pouvoir créer 40 000 logements. En fait, ce qu’on veut faire, c’est identifier tous les terrains inoccupés de la Ville et susciter des projets de construction pour pouvoir doper le marché dans l’offre. Si on augmente l’offre, on va être capables de jouer sur le prix du marché et exercer une pression à la baisse. Ça va aussi comporter des logements sociaux dans tous nos projets.

Q : Comment percevez-vous les enjeux liés à la diversité culturelle, linguistique, sociale dans Ahuntsic-Cartierville?

C’est un enjeu très important, et pour la conseillère de Bordeaux-Cartierville, Effie Giannou, c’est quelque chose qui lui tient vraiment à cœur. On aimerait vraiment tisser des liens avec toutes les communautés, parce qu’il y en a plusieurs qui habitent le quartier, pour les inciter à mieux participer à toutes les activités que l’arrondissement offre et, aussi, inciter leur participation quand il y a des consultations parce que c’est important que tout le monde puisse exercer son rôle de citoyen et se fasse entendre.

Q : Quelle importance accordez-vous à la question des changements climatiques et quelles devraient être, selon vous, la réponse de l’arrondissement et de la Ville face aux bouleversements du climat?

Nos engagements en environnement sont assez intéressants : une ville carboneutre en 2045, pas de rue sans arbres, favoriser l’agriculture urbaine, favoriser l’utilisation des transports en véhicule libre et de partage… On a dit aussi que toute la flotte automobile qui appartenait à la Ville, on va plutôt inciter les employés à utiliser les véhicules en partage, donc avec le temps, on pourrait avoir une grande attrition de ce parc de véhicules-là pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je pense que c’est plein de mesures qui ont plein de bon sens!

Q : Qu’allez-vous faire pour aider les résidants aux prises avec des enjeux de propriété relatifs aux ruelles?

Vous faites référence aux articles que vous avez récemment publiés, dans la ruelle qui est tout près d’ici! En fait, je suis allée rencontrer les résidants et ce qu’on m’a dit, par ailleurs, dans les dernières nouvelles, c’est que les pourparlers ont repris avec le propriétaire et que ce serait peut-être en voie de se régler.

Moi, ce que je retiens de votre second article publié sur ce sujet-là, c’est que si un professeur émérite de la faculté de droit de l’Université de Montréal dit qu’un des seuls moyens d’intervention pour la Ville, c’est l’expropriation, moi je vous promets qu’on va regarder ça si ça ne se règle pas.

Q : Quel est votre plan pour contribuer à la mobilité dans Ahuntsic-Cartierville?

C’est sûr que le réseau de pistes cyclables est là pour rester, les gens l’apprécient, il y a de plus en plus de gens qui se promènent à vélo, surtout dans les saisons chaudes comme on a… Mais il faut aussi favoriser et encourager les autos en libre partage. J’en utilise depuis quelque temps plutôt que d’avoir fait l’achat d’un deuxième véhicule dans notre famille, et c’est très pratique. C’est dans ce sens que nous allons travailler.

Q : Quelle importance accordez-vous au verdissement dans l’arrondissement et proposez-vous des actions concrètes pour y contribuer? 

La plateforme dit qu’on n’aura plus de rue sans arbre. Comme je dis souvent, dans Ahuntsic ça se prête moins parce qu’on a beaucoup d’arbres autour, mais je pense que ça peut être travaillé avec nos sociétés de développement commercial pour avoir plus de fleurs et des aménagements de fleurs pendant l’été. Je pense qu’il y a plein de petits moyens comme ça, mais je ne pourrai pas faire ça toute seule, il va falloir que je fasse ça en équipe avec d’autres partenaires.

Q : Croyez-vous qu’il devrait y avoir un moratoire sur les travaux d’enrochement d’Hydro-Québec dans le cadre de la réfection des murs de soutènement du barrage Simon-Sicard?

Comme les berges s’érodent, je pense que ce sont des travaux qui sont nécessaires. J’ai toutefois compris qu’il y avait peut-être des craintes des résidents de voir leur accès à la voie riveraine être brisé. Je comprends qu’il y a des discussions qui sont en cours et je pense qu’Hydro-Québec fait une belle job de consultation à ce sujet-là, mais je pense que ce sont des travaux qui vont devoir avoir lieu.

Q : Comment assurerez-vous l’exemplarité de l’administration municipale en matière de réduction de la consommation d’énergies fossiles?

Le parti a promis que maintenant, on va inciter les employés de la Ville à utiliser les véhicules en libre partage plutôt que de prendre la flotte automobile. Ça veut dire qu’il y a un engagement à ce que cette flotte automobile-là ait une attrition avec le temps et, éventuellement, peut-être complètement disparaître. Je pense que c’est déjà un bel exemple. Le principe d’exemplarité est très important pour notre parti.

Q : Quelle est votre vision de développement pour l’écoquartier Louvain? 

Quand on regarde le bilan de l’administration Plante comparativement au bilan de M. Coderre de 2013 à 2017, on s’aperçoit que M. Coderre a créé plus de logements sociaux. [Note de vérification factuelle : selon une récente enquête du Devoir, sur les 1240 unités de logement social qui devaient voir le jour sous l’administration Coderre dans le cadre de la stratégie d’inclusion seulement 558 ont été construites à ce jour, tandis que 1082 ont été livrées sous l’administration Plante.] Dans le projet actuel, il y a des riverains qui s’inquiètent [du fait] qu’il manque de mixité dans le projet présenté. Je pense qu’il va falloir qu’on rediscute et qu’on reconsulte des gens qui n’ont pas été consultés, comme les gens d’affaires, les partenaires institutionnels, – comme le Centre jeunesse – le cégep qui est tout près… et on verra comment on peut ajouter de la mixité dans le projet actuel.

Q : Comment entrevoyez-vous la relance post-pandémique à l’échelle municipale?

Je pense qu’il va falloir qu’on continue à encourager les commerçants pour la question des terrasses, dont je me fais beaucoup parler. La Ville a déjà indiqué que les permis à tarif réduit ne seraient pas poursuivis dans l’avenir, et les gens veulent garder leurs terrasses. Je pense qu’il va falloir qu’on aille dans ce sens-là et qu’on envisage des solutions créatives pour continuer de soutenir nos commerçants.

Q : Est-ce que vous comptez renverser certaines des décisions prises par l’administration Thuillier au cours des quatre dernières années? 

On a vraiment le goût de prendre le pouvoir, mais l’objectif n’est pas de tout défaire ce qui a été fait. L’objectif, c’est de faire mieux et d’être capables d’améliorer les choses quand ça va être possible, mais l’objectif n’est pas de tout défaire.

Avec la collaboration d’Éloi Fournier.

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