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Sur l'ancien site de la Crown Coark and Seal

10 000 rue Meilleur, le projet va de l’avant

Publié le 05/10/2017
par Joran Collet

L’ancienne usine de la Crown Cork and Seal du 10 000 rue Meilleur (coin Sauvé) qui sera remplacée par un développement résidentiel. (Photo : Philippe Rachiele)

Après plus de quatre ans d’attente, le projet immobilier du 10 000 rue Meilleur franchit une nouvelle étape vers sa réalisation. D’ici quelques années, 462 logements devraient voir le jour sur cet ancien site industriel. La CSDM, quant à elle, se prépare a l’arrivée des futurs élèves.

C’est lundi soir, lors de la réunion du conseil d’arrondissement, que les élus ont approuvé la troisième résolution permettant au promoteur Musto d’aller de l’avant avec son projet immobilier de la rue Meilleur.

Le projet, qui traîne depuis plusieurs années maintenant, a subi de nombreuses modifications depuis son annonce initiale et pourrait encore en subir d’autres selon le promoteur, contacté par journaldesvoisins.com.

Un meilleur projet

Le complexe  immobilier qui se fait attendre n’a toutefois pas toujours été bien reçu au sein de l’arrondissement. En 2014, lorsque le projet fut présenté une première fois au conseil d’arrondissement, Émilie Thuillier, conseillère du district Ahuntsic, était la seule à souligner son opposition aux plans présentés aux élus.

«Au début, je me suis opposée parce que ça ne faisait pas consensus dans la communauté», a précisé Mme Thuillier.

La consultation référendaire posait aussi problème puisqu’elle n’incluait pas tous les résidants du secteur, mais seulement une partie d’entre eux. Elle ne laissait donc pas place à une réelle consultation des «voisins» du projet. Le droit de parole des gens aux alentours du terrain est basé sur un découpage arbitraire qui ne permet pas, selon l’élue, une vraie consultation publique.

«Malheureusement, le gouvernement, au lieu de réformer la loi pour faire quelque chose de plus intéressant, est juste en train d’abolir les référendums», se désole la conseillère d’Ahuntsic.

Le plan initial était notamment critiqué pour sa densité et la hauteur des immeubles qui devaient être construits. Bien que plusieurs immeubles seront toujours de six étages, la densité du projet à quant à elle été revue à la baisse. Lors de la première consultation publique, le promoteur souhaitait implanter 680 logements. Ce nombre est maintenant descendu à 462 dont près de 200 devront être des logements sociaux ou abordables.

Près de trois ans plus tard, et bien que plusieurs points sont toujours loin de satisfaire tous ces critères, Mme Thuillier souligne les améliorations qui y ont été apportées.

«C’est sûr que ce n’est pas exactement ce que plusieurs personnes auraient souhaité[…], mais le le dossier à quand même grandement évolué. […]. On a réussi à avoir un lotissement plus intéressant que ce qui était proposé au tout début», souligne l’élue d’Ahuntsic.  «Il y a eu énormément de travail au niveau des rues, de la circulation, du fonctionnement interne, du nombre de logement pour les familles […] de logements sociaux», souligne-t-elle.

Où iront les enfants ?

La construction de ces nouveaux logements entraînera fort probablement l’arrivée de nombreuses familles dans le secteur. Du coup, la venue de ces familles apporte son lot de questions relativement à la gestion des futurs écoliers qui habiteront le complexe.

Dans son plan de développement, le promoteur du 10 000 rue Meilleur a déjà prévu un espace réservé pour une garderie, mais il restait à savoir quelle école pourrait accueillir les enfants d’âge scolaire qui habiteront dans ce nouveau complexe immobilier.

L’école la plus proche, celle de Saint-Benoît, située sur l’avenue Mont-Cassin, est déjà en surpopulation et ne peut donc accueillir de nouveaux élèves.

Mais, du côté de la Commission scolaire de Montréal, plusieurs mesures ont déjà été prises en prévision de ces nouvelles arrivées. En effet, depuis plusieurs années maintenant, la CSDM à mis en place un processus en vue d’agrandir l’école Saint-Benoît afin d’augmenter sa capacité d’accueil. Un travail qui a commencé cette année.

«Ces agrandissements visent à répondre à la croissance démographique et à la venue de nouveaux résidants dans les développements immobiliers», précise Alain Perron, responsable des relations de presse à la CSDM. «L’agrandissement de l’école Saint-Benoit [ a été]accepté en 2015 […] Il faut compter entre trois et cinq ans pour une construction ou un agrandissement», souligne M. Perron

La CSDM souhaite aussi construire de nouvelles écoles primaires et secondaires d’ici quelques années. Elle convoite notamment des terrains au sein de l’arrondissement qui pourraient constituer des installations de choix pour de futurs établissements scolaires. C’est notamment le cas du terrain situé au croisement du boulevard Henri-Bourassa et de la rue Meilleur, ou encore dans le secteur Louvain Est.

«Nous avons demandé au ministère de l’Éducation de prévoir une emphytéose (ndlr: « le droit qui permet à une personne, pendant un certain temps, d’utiliser pleinement un immeuble appartenant à autrui et d’en tirer tous les avantages, à la condition de ne pas en compromettre l’existence et à charge d’y faire des constructions, ouvrages ou plantations qui augmentent sa valeur d’une façon durable », selon le Code civil du Québec)  sur ces terrains pour la construction d’écoles primaires», affirme M. Perron.

De plus, les élèves de l’école Saint-Benoît sont actuellement relocalisés vers l’ancienne école privée située sur la rue Tholhurst durant les rénovations. Les classes de la 3e à la 6e suivent depuis peu leur classe au sein de cette école. Cette école deviendrait par la suite une annexe de l’école Saint-André-Apôtre.

Un délai de grâce

Les différents acteurs disposent toutefois d’un délai avant que le projet immobilier de la rue Meilleur ne soit terminé. En effet, l’adoption du projet de lundi dernier ne signifie pas que les pelles se mettent directement en action.

«Quand l’arrondissement adopte un projet, c’est pour 10 ans […] mais on ne sait pas quand [commencera la construction] parce que [lorsque] le projet est adopté, c’est le promoteur qui décide quand il commence», précise Mme Thuillier.

Il reste d’ailleurs plusieurs étapes administratives avant que tous les permis et ententes ne soient complétés. Il faudra donc attendre encore un peu avant que les constructions ne démarrent réellement sur l’ancien site industriel.

Contacté par Journaldesvoisins.com, le promoteur Musto n’a pas été en mesure de préciser quand les travaux commenceront et quand ils seront complétés.

«On est en évolution de projet», a déclaré vaguement le promoteur Musto à journaldesvoisins.com.