Les élections provinciales approchent. Le 5 octobre, c’est demain ! C’est le temps de revisiter nos souhaits personnels, nos désirs de bien-vivre ensemble, et de préparer les questions que nous voudrons poser aux candidats de tous les partis afin de faire un choix éclairé.
Bien sûr, le Journal des voisins vous tiendra informé des positions de chaque candidat et organisera un Rendez-vous citoyen spécial pour les entendre. Mais rien ne vaut d’être bien préparé.

Des lectures édifiantes
Une des façons de le faire, c’est de lire des textes fondateurs qui marquent le temps et les esprits, et qui témoignent de l’émancipation des 16 générations qui ont immigré sur cette terre depuis l’arrivée des premiers blancs.
Pour ma part, je viens de relire le Petit manuel d’histoire du Québec, que Léandre Bergeron nous a offert en 1970, véritable déclencheur social en son temps, qui s’est vendu à 125 000 exemplaires en un tournemain ; ainsi que Les insolences du frère Untel, de Jean-Paul Desbiens, qui a eu le même impact en 1960.
J’ai également téléchargé le Livre bleu[1] que le Parti québécois a mis à notre disposition pour ouvrir la discussion sur tous les aspects d’un Québec indépendant. C’est en ligne et c’est gratuit. [voir note]
Un seul chapitre reste (enfin) à coécrire avec les Premières Nations et les Inuits dans les prochains mois. Ceux avec lesquels tout a commencé, quand des blancs européens ont « découvert » de nombreux territoires habités, dont le Québec actuel, et qu’ils les ont accueillis. Il devrait être publié avant le déclenchement des élections. J’ai hâte de voir ce qu’ils ont à nous dire.
Je vous encourage fortement à parcourir ces ouvrages, peu importe que vous soyez un Québécois de vieille souche ou un immigrant récent. Peu importe vos choix politiques. C’est tous ensemble que nous formons un pays.
Au fil du temps, un petit peuple de gens libres
Les Français d’Amérique arrivent lentement sur le territoire. À partir de 1534, Cartier cherche à trois reprises un passage vers l’Inde et a pour mission de repérer toute richesse utile à la France. En 1560, Pierre Chauvin y revient pour faire la traite des fourrures, laisse 16 hommes à Tadoussac, dont 5 survivront à l’hiver grâce aux soins des Iroquois.
Québec est fondé en 1608. La sédentarisation commence avec très peu de gens. En 1641, les blancs de la Nouvelle-France sont 300, alors que ceux de la Nouvelle-Angleterre (berceau historique des États-Unis) sont déjà 50 000.
En 1663, la colonie est réorganisée par le roi, qui donne une charte à la Compagnie des Indes occidentales lui confiant l’exploitation de toutes les colonies françaises. Il envoie un régiment de 1300 hommes, puis se défait d’orphelines et de prostituées (les Filles du roi), de déshérités et de désavoués. Tous ensemble, ils formeront la souche de notre descendance, et de notre soif de liberté et d’émancipation. Ils se donneront le nom de Canayens.
Au moment de la fin du Régime français, en 1751, les blancs de Nouvelle-France étaient 85 000, occupant un large croissant depuis les Grands Lacs jusqu’au Mississippi, contre 1 458 634 en Nouvelle-Angleterre.
Les « Indiens », comme on les appelait alors, arrivés il y a 20 000 ans, sont plus de 2 000 000 à la même époque en Amérique du Nord.
Tous ces gens ont en commun de trouver ici de l’espace, mental et physique, et rêvent, chacun à leur façon, d’émancipation et de liberté.
Un nouveau souffle
On compte habituellement une génération aux 25 ans ; cela donne environ 16 générations de Canayens (devenus Canadiens français, puis des Québécois) qui regroupent actuellement environ 9,3 millions d’habitants, incluant 10 Premières Nations et les Inuits, lesquels comptent pour un peu plus de 1 % de la population du Québec.
Dans la dernière édition de leur livre Code Québec, Jean-Marc Léger et Jacques Nantel concluent leur analyse en soulignant que « la survivance est le fil conducteur de la nation québécoise depuis près de 500 ans ». Cela inclut « les migrants de partout dans le monde qui ont survécu à leur déracinement et qui se sont adaptés au territoire québécois ».
On peut dire sans se tromper qu’un grand nombre d’entre nous cherche toujours ici la paix, l’espace, la liberté de pensée et d’expression, l’amour de notre grande nature, la protection de notre environnement et la joie de vivre !
Citoyens de souche d’Ahuntsic-Cartierville ou qui avez émigré pour commencer ici une nouvelle vie, participez à cette réflexion et à cette discussion… Notre qualité de vie dépend de la qualité de nos échanges.
[1] https://pq.org/livrebleu/
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’août 2026.











