Amitiés et mises en plis

Les amies du vendredi, Jacqueline, Marielle et Aline (Lise Gareau était absente lors de l'entrevue). Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

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Marielle Gauvin coiffe depuis le début des années 70, mais le plus beau dans son histoire, et ce qui la définit le mieux, ce sont les amitiés créées au fil des ans et son engagement envers ses clientes.

Les débuts

Après avoir travaillé au salon de coiffure de l’hôtel Reine-Élizabeth, Marielle a eu envie de s’installer dans son quartier, Ahuntsic-Cartierville. Elle a alors appris que le propriétaire du salon de la rue Sauvé cherchait quelqu’un pour reprendre sa clientèle, car, devenu aveugle, il ne pouvait continuer à travailler. Pour Marielle, l’occasion était rêvée. C’était en 1971.

Après le décès du proprio, en 1972, sa femme a proposé à Marielle d’acheter le salon. Deux jours après cette offre, soit le 21 mars 1973, l’affaire était conclue. À seulement 20 ans, sans un sou en poche, Marielle a bénéficié d’un arrangement avantageux et généreux qui lui a permis de reprendre le flambeau.

Les amies du vendredi, Jacqueline, Marielle et Aline (Lise Gareau était absente lors de l’entrevue). Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Les amitiés

Les dîners du vendredi entre Marielle et certaines de ses clientes ont commencé pendant la pandémie : un moyen sécuritaire de voir des gens et d’éviter la solitude. La tradition s’est poursuivie, et elles sont aujourd’hui trois à venir toutes les semaines manger avec leur coiffeuse et amie. Le jour de notre entretien, seulement deux d’entre elles étaient toutefois présentes : Jacqueline Desaulniers Noël et Aline Laurin-Sabourin.

Madame Aline aura 101 ans en août prochain, et elle continue de venir tous les vendredis se faire coiffer et manger avec ses amies. Il n’y a pas si longtemps encore, elle marchait de chez elle jusqu’au salon pour se tenir en forme. Elle raconte au JDV que ça fait 50 ans que Marielle la coiffe : « Ça crée des liens d’amitié solides. J’ai même eu droit à une fête au salon avec mes amies lors de mon 100e anniversaire. »

Elle ajoute qu’elle vient chez Marielle non seulement parce que c’est près de chez elle, mais parce qu’elle est une bonne coiffeuse, sans oublier le contact humain : « Nous sommes devenues des amies ».

Jacqueline raconte pour sa part avoir découvert, il y a de cela trois ou quatre ans, qu’Aline et elle se trouvaient sur le même bateau de croisière en Europe en 1958, et qu’elles ne s’étaient jamais croisées. « C’est en jasant ici qu’on a retracé les faits ; c’est fou comme le monde est petit », s’exclame-t-elle.

Les sandwichs aux œufs

Le menu des repas varie d’un vendredi à l’autre. Ce midi, ce sont des sandwichs aux œufs qui, selon madame Aline, sont délicieux. Les trois amies s’entendent pour dire que l’important, c’est d’être ensemble, pas ce qu’on mange.

Marielle affirme que ses clientes font partie de la maison ; elle prend soin d’elles comme si elles étaient ses enfants. « Mon métier est propice aux échanges ; on connaît l’histoire des gens qu’on coiffe, leurs joies, leurs peines. C’est comme une grande famille », conclut-elle. Elle n’est pas prête à prendre sa retraite ; elle désire rester active dans la société et se sentir utile. Elle aime son métier, et ça se voit.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois de juin 2026.

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