Pour certains, c’est un petit sentiment de culpabilité lorsqu’ils montent dans leur voiture chaque matin pour aller travailler au lieu de prendre le transport en commun. Pour d’autres, c’est un sentiment d’impuissance lorsqu’ils apprennent que le Canada a fait l’achat du pipeline Trans Mountain pour plus de 4 milliards de dollars alors que les scientifiques affirment qu’il nous faut sortir de l’ère du pétrole. Et il y en a pour qui cette angoisse est si importante qu’elle affecte leur choix d’avoir ou non un enfant. Ce malaise a maintenant un nom : l’écoanxiété.

Ce mal nouveau, nous* le ressentons nous aussi et nous avons voulu nous interroger sur ses causes, ses conséquences ainsi que sur les moyens de le combattre.

En quête de sens

Et si notre quête de bien-être dépendait aussi d’une quête de sens? Quel que soit le degré d’anxiété que nous ressentons face aux incohérences entre nos valeurs et nos actions, le non-sens de nos comportements et ceux de nos dirigeants a un impact sur notre moral.

Selon la psychologue Estelle Morin, le sens est une notion vitale pour l’être humain et la recherche de sens serait une quête de cohérence qui permet à l’individu d’éprouver un sentiment d’harmonie quand il est engagé pour des valeurs qui dépassent son intérêt personnel.

S’engager pour assurer la pérennité de notre climat nous semble une des luttes vitales de notre temps. Elle dépasse toutes les allégeances politiques, sociales ou économiques. N’y a-t-il pas là une piste pour apaiser notre écoanxiété?

Cohérence pour le moral

Agir avec cohérence, c’est bon pour le moral. S’engager avec d’autres pour l’environnement est un excellent antidote à l’accablement qui menace de nous écraser. C’est du moins notre expérience.

Sortir de l’impuissance apporte un certain apaisement. On peut faire pression sur les élus afin qu’ils prennent les décisions courageuses que nous souhaitons ou sensibiliser nos semblables au fait qu’ils détiennent eux aussi le pouvoir de changer les choses.

En s’intéressant à des enjeux locaux, comme le verdissement de nos quartiers et le développement de pistes cyclables, on change notre regard sur les rues qu’on arpentait jusqu’alors le dos courbé : elles apparaissent soudainement comme des lieux qui ne demandent qu’à être envahis.

Il en est de même de notre engagement pour les enjeux nationaux. Des citoyens de partout au Québec se sont regroupés et ont joué un rôle déterminant pour tuer dans l’œuf le projet de l’oléoduc d’Énergie Est. Le sentiment de faire partie d’une lutte commune agit comme un remontant pour le moral, comme un baume à l’écoanxiété.

Défi, lucidité, issue

Bref, participer, même humblement, à ce qu’on croit devoir faire pour préserver la beauté et la viabilité de la planète que nous habitons est une façon concrète de retrouver un peu de sens dans nos vies.

Bien sûr, cet engagement n’est pas sans épreuve, car, plus on s’informe, plus on mesure l’ampleur du défi à relever et plus on devient lucide sur l’issue incertaine de cette bataille.

Mais, quel qu’en soit le résultat, ne pas demeurer les bras croisés est un important facteur de notre bien-être.

Le vent de mobilisation citoyenne qui souffle actuellement à travers le monde est une source d’encouragement. Léguer à nos enfants une planète viable, n’est-ce pas un projet de société des plus sensés et vers lequel devrions-nous nous diriger?

D’ici là, en participant à un comité de quartier, nous faisons l’expérience qu’en partageant avec d’autres nos inquiétudes et nos valeurs et en unissant nos forces dans des actions concrètes, nous trouvons là un soutien fondamental à notre santé mentale.

 

*Cette chronique a d’abord été publiée dans le mag papier, édition printemps 2019, sous la plume de Lucie Biron et Laurence Rivard.

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